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L'Archipel de la mémoire

De
128 pages
Qui est le narrateur ? Où se trouve-t-il ?
On ne le saura pas mais on l’accompagnera dans un parcours incertain et douloureux.
Il tente de comprendre les bruits qui viennent jusqu’à lui, il se souvient d’instants désormais séparés et peu à peu se dessine la géographie intérieure d’un monde recomposé.
Ce monde mouvant se perdra sans s’achever dans la lutte de la conscience et du temps.
La langue subtile et lumineuse du récit de Paul Andreu trace les contours apaisés de l’archipel de la mémoire avant qu’il ne sombre dans le débordement de l’eau.
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Paul Andreu
L’Archipel de la mémoire
Qui est le narrateur ? Où se trouve-t-il ? On ne le saura pas mais on l’accompagnera dans un parcours incertain et douloureux. Il tente de comprendre les bruits qui viennent jusqu’à lui, il se souvient d’instants désormais séparés et peu à peu se dessine la géographie intérieure d’un monde recomposé. Ce monde mouvant se perdra sans s’achever dans la lutte de la conscience et du temps. La langue subtile et lumineuse du récit de Paul Andreu trace les contours apaisés de l’archipel de la mémoire avant qu’il ne sombre dans le débordement de l’eau.
Paul Andreu est architecte. Il réalise actuellement le GrandThéâtre National de Chine à Pékin. L’Archipel de la mémoireest son premier roman.
EANnumérique:978-2-7561-04656-29
EAN livre papier : 9782915280678
www.leoscheer.com
L’ARCHIPEL DE LA MÉMOIRE
www.centrenationaldulivre.fr
©Éditions Léo Scheer, 2005
PAUL ANDREU
L’ARCHIPEL DE LA MÉMOIRE
récit
Éditions Léo Scheer
Il s’est passé une chose extraordinaire : les arbres morts se sont couverts de bourgeons puis de feuilles. Et dans les jours qui ont suivi, au contact de ces feuilles qui devenaient plus grandes et plus vertes, l’air s’est progressivement adouci. Aujour-d’hui, dans la chaleur qui assèche le sol et qui fait transpirer les corps, il devient impossible de se souvenir de ce qu’étaient les arbres avant : leurs branches ont disparu dans une masse verte qui ne cesse de s’agiter dans le vent, leur tronc est pris dans une ombre permanente. Le froid a dis-paru avec les branches : les nuits elles-mêmes, à cause sans doute du bruit ininterrompu des feuilles ou plutôt de leur mouvement dans l’air, sont chaudes. Si chaudes que je les passe immo-bile et nu, sans dormir. Il m’arrive de regretter le froid, le poids des draps et le sommeil, le matin surtout, quand la fatigue m’envahit, quand la
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lumière blesse mes yeux, quand malgré moi mon corps trop pâle se détache de l’ombre. Mais tout de suite alors, je suis rassuré par le bruit des oiseaux que l’évidence de ma nudité semble déterminer à chanter. Ils sont venus eux aussi avec les feuilles, un peu après peut-être, je ne me souviens plus. Au début ce n’était guère plus que des feuilles détachées, ils volaient, sans bruit. Ensuite seulement ils ont commencé à chanter, seuls d’abord, et puis à deux, du moins c’est ce qu’il m’a semblé, mais il est possible aussi, à la réflexion, que leur voix ait évolué avec la chaleur et la taille des feuilles, et, toujours plus impa-tiente, qu’elle se soit déchirée en deux parties désormais inconciliables ; on les entend, l’une après l’autre le plus souvent, parfois ensemble. Mais sans doute faut-il pour qu’ils chantent ainsi à deux qu’ils voient les feuilles, car je ne les entends jamais qu’un moment après le lever du jour, quand le soleil est assez fort pour que les couleurs apparaissent. Je l’ai dit, ce chant déchiré me rassure : j’ai moins d’appréhension à regarder mon corps, à le voir se détacher en membres qui
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