L'aube des jours

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Francois Duchateau, analyste comptable à la SCDA, se promène dans la vie comme un détenu dans une cour de prison: il tourne en rond. Chaque jour, il arpente les vastes espaces de ses amertumes dans un long couloir, solitaire, frustré et parfois violent. Geneviève, la patronne du service financier, supporte difficilement sa liaison avec André, son subordonné et amant dévoué. Autour de ces deux héros torturés, l'auteur met en scène des personnages qui se croisent au hasard de ce jour peu ordinaire, un jour ou les phantasmes et la réalité se confondent et ou le destin brise des rêves pour faire vivre d'autres espoirs. Un jour qui, à son terme, renaitra pour certains sur une aube nouvelle, et pour d'autres, sur l'aube des jours.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 88
EAN13 : 9782304006506
Nombre de pages : 283
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Titre
L'aube des jours
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OUVRAGES PUBLIÉSAUX ÉDITIONSLEMANUSCRIT
Le cœur vagabond, tome 1, roman, 2006 Le cœur vagabond, tome 2, roman, 2006
Titre Jean de Clérac
L'aube des jours
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00650-6 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304006506 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00651-3 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304006513 (livre numérique)
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CHAPITREI
Une lourde porte claqua. Un fluide glacial lui coula instantanément dans les veines… Et puis, cette étrange sensation de tassement, comme si son corps entier avait été mis sous vide. La main de Marie, serrée en étau sur son épaule, le secouait sans ménagement. Quelque chose dans son esprit se brisa : l’image d’un petit pavillon — un petit mas dans le sud — une fermette de trois pièces inondées de soleil, aux murs blancs de chaux et d’innocence. C’est l’heure, grommela la voix endormie à ses côtés. Il ouvrit un œil. Les aiguilles du réveil indiquaient six heures et quart. Il n’avait pas besoin de cette main sur son épaule. Après trente-deux ans de travail, son corps s’était habitué à l’éveil. Mais Marie aussi s’était habituée à le secouer tous les matins, un matin comme tous les autres. François Duchateau se hissa lentement vers le haut du lit, le dos cassé contre le mur. Les paupières encore lourdes, il se cala sur son oreiller, inconfortablement. Ses
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yeux s’habituèrent à la pénombre et il les referma pour ne pas laisser le décor qu’il haïssait l’envahir d’un seul coup. Il se plaqua les cheveux en désordre d’une main, puis de l’autre, entre deux bâillements paresseux. Le contact de ses mains sur sa peau lui faisait du bien ; il éprouvait une sensation de sécurité en rentrant dans le jour avec des gestes familiers et connus, contrôlés, avec ses mains… Sur ses cheveux. Après quelques battements de paupières, témoins de l’éveil consommé, François se décida enfin à balayer la chambre du regard. Il commençait toujours par la gauche : la grosse penderie en bois de placage verni, la tapisserie à fleurs roses et bleues, marbrée de rameaux stylisés et la petite chaise au dos cannelé sur laquelle Marie jetait son peignoir avant de se coucher. Ses yeux revinrent sur l’armoire, celle achetée à la naissance de Marc, vingt ans plus tôt. Les dorures des poignées avaient disparu, un peu à l’image de sa vie : usée. Le peignoir jaune, sur la chaise, l’agaça. Il appartenait à la forme ronde allongée près de lui… Marie. Marie, son épouse. Marie et son peignoir sur la chaise. Marie et sa main, tous les matins, pour le réveiller même s’il n’en avait pas besoin. François s’étira, déchirant le voile de pensées grises qui déjà l’enveloppait. Six heures vingt. Avec un feulement à peine contenu de bien-
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