L'Echiquier des dieux

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Au plus haut des cieux, un mortel affronte un insaisissable adversaire dont l'enjeu est la liberté des hommes. Mais qui est ce mortel aux pouvoirs d'un dieu ? Lui-même l'ignore, ainsi que les raisons de sa présence dans un duel qu'il sait perdu. Sur Terre, ignorant être manipulé, un jeune magicien cherche des réponses à ces questions. Au même moment, une jeune femme fuyant son village natal est libérée du joug des dieux par un groupe occulte et énigmatique. Mais qui est vraiment l'ennemi ? L'enjeu du duel des dieux est-il uniquement la liberté des hommes ?
Publié le : lundi 12 mai 2003
Lecture(s) : 88
EAN13 : 9782748133400
Nombre de pages : 224
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L'échiquier des dieux
Jérémy Bertomeu
L'échiquier des dieux
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ROMAN
Le Manuscr it w w w . m anuscr it . com
© manuscrit.com, 2003 ISBN 2748133412 (pour le fichier numérique) ISBN 2748133404 (pour le livre imprimé)
manuscrit.com 5bis, rue de l’Asile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
Jérémy Bertomeu
PREFACE : QUELQUE PART DANS LE GOUFFRE DE LA NUIT Où suisje? Tout est noir, tout est ténèbres, mon esprit est ténèbres Je comprends, je suis mort, je suis esprit, j’erre dans les limbes de l’oubli, dans l’entremonde qui est seuil vers l’autremonde. Je suis perdu. Mais, qui suisje? Que faisje ici? Qui m’y a amené? Mes souvenirs sont flous, ils ont été soufflé par ce vent froid qui m’entoure, et par ces créatures encapuchonnées qui rôdent à mes côtés. Ils viennent, m’emmènent, me portent, me traînent. Le corridor n’en finit pas, mais aucune lumière au bout. Les cerbères de la mort n’ont rien des anges que l’on me contait en bas. Je me souviens à présent, de vagues images de personnes que j’ai connues, de conversations, de forêts d’arbres grégaires et de journées de labeur. Je me souviens quelques joies sans cerner leurs motifs, j’entrevoie des visages tristes penchés sur un corps inanimé. Je me penche et je le reconnais. Il me vient soudainement cet étrange sentiment. Je suis vivant et je suis mort, estce seulement possible? « La mort, mon ami, n’est pas telle que vous la connaissez et la décrivez dans vos livres et vos réflexions, ou même dans vos plus folles spéculations. » La voix ne semble provenir de nulle part, je tourne en tous sens avant de comprendre qu’elle résonne dans ma propre tête. « Vous, humains, essayez de ressentir ce que seule l’imagination pourtant si prompte à l’erreur peut vous offrir. Et même essayezvous de penser ce qui dépasse tant votre entendement que votre expérience. Non, tu n’es pas mort, au contraire c’est la vie qui commence pour toi.  Que… Que m’estil arrivé? disje en un souffle.  Le passé n’a plus aucune importance, d’ailleurs son
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existence est ellemême discutable. En astu encore quelques souvenirs enfouis dans ta mémoire? Il n’en subsiste pas plus que quelques images, et croismoi, je suis bien incapable de t’aider à le retrouver. En ce lieu, et écoutesmoi bien car c’est probablement la seule vérité que tu entendras au cours de ta nouvelle existence, tu resteras seul face à toimême. »  Je ne comprends pas, mais la voix a dit vrai : ma mémoire reste sourde à mes interrogations comme si j’émergeais d’un long rêve sans pouvoir rappeler son contenu. « Que voulezvous de moi?  Je ne veux rien, bien au contraire… Je t’offre ce que tu es venu chercher en ces lieux : une renaissance d’une existence d’ombre et de rêve vers la liberté. Jusqu’à présent, tu n’as été que l’ombre d’un être vivant, la projection d’un grand créateur : une simple marionnette. Tu ne me crois pas. Regarde. » Je baisse les yeux et en dessous de moi, dans un immense globe qui n’en est pas un, je regarde tout le spectacle de ma vie, et celui d’autres individus, de pions de toute caste, de toute puissance. Je vois des physiciens penchés sur leurs formules, des hommes en robe qui recopient des signes étranges, des villageois occupés devant leurs échoppes. Je recule un peu, et l’univers entier, les supernovae, et les trous noirs. Tout. Jusqu’à la fin, le noir, le vide, l’absence de matière. Je relève les yeux, les explications sont venues, j’ai compris. « Qui êtesvous? » Je susurre ces quelques mots d’une voix faible, mais l’entité a déjà disparu. Et je suis à nouveau seul, dans une petite pièce carrée en béton armé, sans porte, ni fenêtre, ni même une ouverture. Je demande un fauteuil. Et le fauteuil fut, puis une fenêtre, un jardin, un Soleil, un tableau de maître, un valet, un appartement, un petit
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village. Tout se dessine, à la seule force de ma volonté, mais le prix de cette liberté se doit d’être élevé. La liberté n’estelle pas toujours fille d’un grand combat? « Tu es intelligent, je ne suis pas si mal tombé après tout. » C’est revenu, comme un long filet de vent, comme une ombre aux reliefs insaisissables, comme cet étrange lieu dont les contours apparaissent tandis qu’on les parcourt du regard. Je cligne des yeux, et ne peut savoir si mes visions sont issues de mon imagination, ou de la simple réalité. Peu importent d’ailleurs à ce niveau, peut être estce d’ailleurs la même chose. C’est un grand corps invisible, tout en couleurs éclatantes et ternes, de grands yeux opaques à travers un grand masque argenté, un somptueux masque de DieuDragon. Et pourtant, je me surprends à penser que ne pas voir les traits de cette entité surnaturelle me rassure, comme un filtre face à une lumière trop éclatante. « Vous êtes le Destin n’estce pas? Vous êtes celui qui gouverne notre devenir en bas, un Dieu tout puissant, le Dieu des Dieux?  Tu te trompes. Je suis à la fois bien moins, et bien plus. Beaucoup plus qu’un Dieu au sens où tu le vois, car en ces lieux, je n’ai pas d’autre créateur que moimême et il n’existe pas d’ordre supérieur au mien. Mais, je ne suis pas unique dans cette condition, je ne suis pas Destin car je ne suis pas le seul maître, je ne suis pas le seul courant qui guide ce monde.  Pourquoi suisje ici?  Tu progresses. Oui, c’est la question que tu te poses et que tu dois te poser. Suismoi. » Nous marchons au milieu d’une grande ville délabrée, que je sais n’être qu’une création de mon imagination, ou plutôt de ma volonté. L’Autre m’accompagne en silence. Nous contournons les
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décombres d’un grand gratteciel autrefois haut de plus de cinquante étages, aujourd’hui une ruine. « Qu’estce donc que la réalité que ce que nous en faisons, que ce que nous en concevons? Voilà le spectacle de ta propre volonté. Aujourd’hui elle est en ruine, aujourd’hui elle a rejeté ces influences qui t’ont gouverné jusqu’à présent. Mais c’est aussi la promesse d’une nouvelle naissance, d’un départ soit glorieux, soit terrible.  Je ne comprends pas.  Regarde ces constructions, elles sont belles, superbes, bien construites, des merveilles d’ingénierie. Mais elles ne sont pas ton œuvre, même pas celle de tiens mais celle de forces bien supérieures qui te gouvernent individuellement, gouvernent les vivants de ce monde collectivement. Tu es ici comme représentant des tiens pour faire valoir tes droits et faire accéder ton univers à une indépendance comme celle dont tu jouis actuellement. Ne plus être des marionnettes, des pions que l’on joue et que l’on sacrifie. » Je ne sais pourquoi, mais cette pensée résonne agréablement en moi. Je ne pense pas avoir un quelconque tempérament héroïque, mais l’idée d’œuvrer pour l’affranchissement des miens, quand bien même l’esclavage soit inconscient, me séduit. J’entreprends de me représenter cet effrayant tableau, comme celui d’un long fil, très fin et presque invisible. Et pourtant un fil d’acier, dur et froid tenu dans les mains d’un obscur personnage au masque d’argent. Chaque rire, chaque pleur, chaque acte de bassesse, ou moment de courage, n’a qu’un seul et même maître. Je pense ainsi, et sens le propre fil s’accrocher à mon cou et à mes entrailles et tirer toujours plus fort. Je résiste sans que l’étreinte se relâche, et je hurle en silence, tout au fond de mon esprit à présent libéré. J’arrête la lutte et la sensation s’estompe et disparaît,
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