L'empreinte de la Magdaléenne

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Marie-Magdeleine : un sacre manqué, un acte réalisé ?

Peu de place a été accordée pour la femme qui rencontra Dieu par l'intermédiaire de son fils ; pour l'épouse sacrée qu'elle aurait pu devenir si la brutalité d'un peuple n'avait mis fin à sa quête d'absolu dans l'âme de celui qu'elle vénérait, dans le corps envié de cet homme appelé Jésus. Oui, Jésus était beau ; sur nos plages de Bahia, il aurait fait trembler les sens ; dans nos coeurs multiples et dans notre âme collective, il touchait la corde du Mystère de la Vie.

Femme amoureuse, pulpeuse et provocante, à peine quelque médisance concernant la conduite de cette fille brune dénote le manque d'intérêt des tabloïds de l'époque.

L'histoire est belle et nous révèle que si une fiction peut devenir réalité, les faits historiques et bibliques accordent-ils un élément fictif ?

A chacun, dans sa foi ou sa désespérance, de se plonger à l'intérieur de lui-même pour déceler l'amour vrai qui lui appartient.

Grâce ! A Toi, Marie-Magdeleine, qui peut-être un soir de brume, nous aurais révélé le secret de notre Etre?


Publié le : mardi 1 janvier 2008
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953061901
Nombre de pages : non-communiqué
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PROLOGUE Elle regarda lhomme séloigner.  Je ne veux pas que tu ten ailles ; jai besoin de toi. Elle resta plantée au milieu du chemin, son seau à la main, dépenaillée. Cela la ramena loin en arrière quand elle vit sa mère dans la même position, supplier son père de ne pas les quitter. Elle avait quoi, huit, peut-être neuf ans ? Ils habitaient alors sur une butte de poussière ocre et rouge sur laquelle étaient plantées quelques cases fa-çonnées dans un mélange gluant de terre et deau, sur-montées dune couverture de paille tressée. Difficile de parler dimmondices recouvrant le sol, y avait-il quelque chose à jeter, une babiole dont on voulait se défaire alors que même les pierres étaient ramassées pour confec-tionner ici un âtre, là par un enfant qui montait sa cons-truction imaginaire ou encore par lartiste qui les pigmentait.
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Il pouvait y avoir quelques épluchures, peaux de fruits, vite englouties par un cabri sautillant parmi une basse-cour errante ; les arbustes bas étaient squattés par des chèvres agiles, elles-mêmes guettées par des pioupious en tout genre qui, profitant dun moment dinattention, voletaient en direction des baies. Tout ce petit monde à plumes, à poils, à hue, à dia, revêtait les sentes de ses déjections qui craquaient sous les pas, ou sétalaient en flaques suivant le temps ou lhumeur des estomacs. Pas de quoi fouetter un chat, il ne se passait rien dans cette contrée ; des couples se formaient ; des enfants naissaient, faisant leurs premiers pas dans des rigoles nauséabondes ; peu de vieillards ; à quarante ans, on mourait dinfections, dabcès, de fièvres, de maladies qui navaient pas de nom. Quelquefois, lon se battait, avec des pierres, avec des serpettes, le coup était fatal, on nen parlait plus. En bas, cétait plus riche ; en bas, cest-à-dire de lautre côté de la rivière, sélevait un coteau fertile ; il y avait les vignes. Celles-ci couraient sur plusieurs milles à la ronde. Pas besoin de clôture ; chaque maître ou serviteur avait eu à cur de sarcler les plants et, comme si une main invisible les avait guidés, la géométrie avait été respectée. Elle aimait cette perspective verdoyante qui apaisait ses inquiétudes. Son père avait travaillé à la tâche, rude dès laurore. Les ouvriers saccordaient dans un même élan : gagner davantage de pain, acquérir toujours plus
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lestime des propriétaires. Peu importait, le terrain était prospère. Haute comme trois pommes, gambadant au milieu de ses frères et surs et dune ribambelle denfants, elle avait joué à enjamber les cordeaux ; à se faire peur quand un garçon chahuteur surgissait dun bosquet ; à lancer de petits cailloux dans le panier commun pour savoir lequel dentre eux réussirait le mieux à remplir la cible et qui, de ce fait, serait exempt de corvées sur le chemin du lendemain. Le vainqueur sautillerait autour du groupe tandis que les moins chanceux aideraient leurs mères à porter les morceaux de viande et leau pour le ravitaillement des vignerons. Elle comptait beaucoup sur sa sur aînée, Marthe, plus vigoureuse, plus encline aussi à servir. Souvent, elle sétait déchargée de son fardeau, lui confiant de rassembler ses affaires à la vue dune fleur extraordinaire, dun oiseau pas comme les autres, dun nuage qui avait quelque chose à lui dire. Alors, stupéfaite, elle traînait, sarrêtait, sasseyait nimporte où, laissant la nichée prendre de lavance, et écoutait le vent. Quand elle navait rien appris, rien compris, elle se relevait en tirant sur le tissu qui lui servait de robe, en se disant quelle était bien trop petite, trop pauvre, pour comprendre ce quelle pressentait déjà comme un mystère.
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Sa mère la réprimandait :  Dépêche-toi, tu retardes tout le monde ! Nas-tu point honte de surcharger ainsi ta sur tandis que tu tamuses ? Marthe prenait un air exaspéré :  Cest toujours comme ça ; cest moi qui porte tout !  Cause toujours, tas pas vu ce que jai vu ! On ne faisait pas dans la dentelle. Sa mère lui donnait une claque ; Marthe avançait en maugréant et Elle, la petite fille ébouriffée, récupérait sa charge en se disant quun jour, elle aurait raison de tout.
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