L'enfant au piano

De
Publié par

Joseph Rouvel, artiste peintre au bord du suicide, est doté d'une imagination extravagante qui lui a souvent joué des tours. Un matin, un homme sorti de nulle part, se présente à lui. Serait-ce un ange ? il annonce à Joseph qu’il peut le doter du pouvoir de réaliser tout ses désirs. Mais ces pouvoirs ont une limite : celle-ci franchie, tous les bénéfices obtenus se transformeront en mal. Les premiers souhaits exaucés profiteront au jeune prodige du piano, Sébastien Jourdin, mais pour combien de temps ...
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 69
EAN13 : 9782748118100
Nombre de pages : 323
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Lenfant au piano
François Cyriaque
Lenfant au piano Tome I
ROMAN
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2-7481-1811-1 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-1810-3 (pour le livre imprimé)
Avertissement de léditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre. Déventuelles fautes demeurent possibles ; manuscrit.com, respectueuse de la mise en forme adoptée par chacun de ses auteurs, conserve, à ce stade du traitement de louvrage, le texte en létat. Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com 5bis, rue de lAsile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
PREMIER CHAPITRE
Monsieur Huguelin ne supportait pas que ses élèves arrivent ne serait-ce quune seule minute en retard. - Comment pouvez-vous comprendre et ap-prendre la musique si vous navez pas la moindre notion de ce quest le temps ! Disait-il en colère à celui qui se hasardait à montrer son nez en dehors des horaires scrupuleusement fixés. Cest à cela que pensait Sébastien qui arrivait en vu de Lavardin, à mi cote, là où lon commence à apercevoir le donjon, il venait de passer le carrefour de la Fosse Poudrière, où le vent de la plaine souffle en rafales désordonnées et furieuses, des grosses gouttes deau commençaient à tomber. Monsieur Huguelin ne supportait pas que ses élèves arrivent en retard, certes, mais il supportait encore moins quils arrivent trempés à tordre. Leau ruisselait de leurs vêtements et venait tomber sur lépais tapis du vestibule de cette maison si triste et si sombre quon pouvait sattendre à tout moment voir surgir quelques spectres. Il levait ses bras décharnés, déjà spectre lui-même, il éclatait rouge de colère - Maudits faquins ! ! veuillez ressortir immédiate-ment, vous naurez pas votre cours aujourdhui, mais je vous préviens, il me sera dû ! !
7
Lenfant au piano
Il claquait violemment la porte dentrée et ter-minait sa colère sur les autres élèves ayant eut ce jour-là, la chance darriver à lheure et secs. Sébastien était désormais en retard, vingt heures venaient de sonner à Saint Genest, même si il se met-tait à courir, le retard était prit et il arriverait trempé par la pluie, le professeur allait être terrible ! Bien sûr, Sébastien était accoutumé, réprimandes, avanies et brimades étaient de son pain quotidien. A linstant où il passait devant les portes du château, une trombe deau sabattit avec un fracas de tonnerre, comme si le ciel avait explosé. Les rares passants qui étaient là, senfuirent, chacun sabritant ça et là. Certains pes-tant contre le ciel, dautres subissant docilement la tête enfouie dans les épaules. Sébastien faisait partie de ses derniers. Il se contenta seulement de relever le col usé de son manteau et denfouir ses mains gelées dans ses poches, il entra dans la Grandrue. La mai-son de monsieur Huguelin était à une cinquantaine de mètres face au clocher carré Sans ce maudit tracteur qui avait sournoisement choisit cette heure pour se mettre en panne et les roues avant enfoncées jusquaux moyeux dans une ornière. Il aurait pu être ponctuel à son cours, il était rare quil fut en retard, mais il avait fallu quil reste avec Guillaume pour aider ; bien que son frère et les autre auraient pu se débrouiller sans lui, car, pour sa part, il ne connaissait rien à la mécanique, il nétait doté daucune force physique et puis, que ce tracteur fut en panne, il sen moquait éperdument. Guillaume et César en avaient profité pour le retenir à la ferme, les coquins le faisaient à chaque fois que loccasion sen présentait, avec leur petit esprit malfaisant et perfide. La satisfaction quils avaient tous de nuire gratuitement et sournoisement. Le peu de liberté dont Sébastien disposait, trois
8
François Cyriaque
fois par semaine, et ainsi que son maigre salaire, dis-paraissait dans les cours de piano que donnait mon-sieur Huguelin. Non point que ce fût-là le meilleur professeur, mais cétait le plus proche. Le temps ga-gné sur le déplacement était acquit sur le temps de cours. Sébastien avait de très larges dispositions, ou bien même le talent dêtre instruit par un professeur supérieur, voire être admit dans un grand conserva-toire. Lélève avait très nettement dépassé le maître, mais il lignorait. Au même moment, monsieur Huguelin trépignait, il lançait des regards hargneux en direction du ta-bouret de piano inoccupé et à la grosse pendule ro-coco sur la cheminée. Il se mit à arpenter la pièce en foudroyant des yeux les trois autres élèves qui atten-daient sans souffler mot. - Vous voyez messieurs, éclata-t-il soudain, vous jugerez par vous-mêmes lingrate incorrection de votre compagnon, cestcest intolérable ! !Ce monsieur, à qui jai fait lhonneur, que dis-je ! ? Limmense privilège de lui permettre de jouerIl sarrêta en manque de souffle, leva un index mauvais et continua à vociférer. - En public ! ! Et quel public ! ? Monsieur le Conseiller Général, Monsieur le sénateur, Monsieur le sous-préfet et madameUne si pieuse femmeMonseigneur lévêque du MansEst-ce que vous vous rendez compte ! ? Le groupe délèves hocha gravement la tête, mal-heur à celui qui naurait pas partagé cet avis. - Et ce monsieur se permet darriver en retard pour lune de nos ultimes répétitionsEn retard ou pas du tout, allez savoir, rien ne me surprend plus de la part des ingrats. Les dents du professeur grincèrent sous leffet de la rage. Dun geste teigneux, il frappa sa baguette sur le rebord du pupitre.
9
Lenfant au piano
- Reprenons, voulez-vous ! A la cinquième me-sure, pour le violoncelleEt tâchez à que se soit parfait. Le jeune Julien serra larchet entre ses doigts tremblants et respira profondément. Larchet glissa sur la corde dans un Sol profond dominé par le tin-tement aigre et faux de la cloche du portail dentrée. Le professeur se raidit sur la pointe des pieds, serra les dents, faillit briser sa baguette et, furieux, quitta la pièce. Sébastien nosait faire un pas, il restait figé sur le perron, le visage ruisselant, les épaules tremblantes sous leffet du froid et de leau qui le pénétrait sa maigre peau jusquà los, les tripes tordues par lan-goisse. - Monsieur Jourdin, pour quoi prenez-vous cette maison ! ? Sébastien ne répondait pas. - Quattendez-vous pour ôter votre manteau ! ? Je vous prierai de le retirer dehors et de le suspendre à la balustradeCe nest quune ridicule averse, il séchera bienSi le contraire était, alors, tant pis pour vous ! Puis il ricanait. Pour lélève, tenter une excuse nétait que peine perdue. Le ciel sembla compatir aux déboires du jeune homme, la pluie cessa. Sébas-tien ôta son manteau et le déposa sur la rampe mé-tallique. - Vous allez aussi retirer vos chaussures ! Et puis dépêchez-vous ! Le froid entre ! On voit que ce nest pas vous qui payez le chauffage ! Des entrailles de la maison, une voix grinçante leur parvint : - La porte ! ! va-t-on fermer cette satanée porte ! ! Comme si ce fut le diable lui-même qui parlait, Huguelin entra la tête dans ses épaules et eut un re-gard terrorisé. Il saisit son élève entre deux doigts,
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Sur la grue

de onlit-editions

Nanouche

de Publibook