L'Enragée

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L'histoire poignante et autobiographique d'une orpheline en mal d'identité, écrasée sous le joug des institutions et des familles d'accueil, mais dont la rage de vivre, au-delà des sévices et des humiliations reçus, l'amènera vers une libération et une reconnaissance enfin méritées et si durement obtenues!
Publié le : mercredi 6 mai 2015
Lecture(s) : 22
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342037494
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342037494
Nombre de pages : 94
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Claudine Roborg L’ENRAGÉE
Mon Petit Éditeur
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À tous les orphelins de la terre Aux cœurs cousus qui saignent encore
À cette mère déchue À ce père inconnu, Que je bénis de m’avoir conçue.
Partie 1. L’Enragée
C’est un petit hameau, près de la capitale, insignifiant. Il porte un nom royal, pourtant. Le bleu du lys coule dans le caniveau. Les villageoises y lavent leurs âmes. Des têtes furent coupées ici, autrefois. Il est deux heures du matin. Une femme est en train d’accoucher dans la rue, seule, ivre. C’est l’hiver 56, glacial, qui gèlera tous les oliviers du sud, mais certains résisteront. L’enfant aussi. Une voisine, alertée par les cris, accourt, coupe le cordon. La mère, hébétée, s’accroupit pour vomir, puis, titubant, se dirige vers sa maison qui n’en a que le nom. L’autre femme, tenant le nouveau-né dans ses bras, la suit en silence. Elles entrent dans la masure. Trois petites filles attendent, apeurées, près du feu éteint. L’une d’elles, au regard étrange, sourit dans le vague. La tuber-culose a frappé ses méninges. Le vaccin, lui, n’a pas franchi la porte. On installe le petit être, de sexe féminin, sur une paillasse. La voisine allume l’âtre. La mère se remet à boire le mauvais vin jusqu’à la lie. Personne ne parle.
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L'ENRAGÉE
L’accoucheuse, dont ce n’est pas l’affaire, quitte le taudis. Le nouveau-né, sur son lit d’infortune, retient ses pleurs. Il apprend vite, comme ses demi-sœurs. Le vent, hurlant au dehors, brise ce silence morbide. Son souffle puissant poursuivra l’enfant longtemps et crèvera ses tympans. Cette mélopée lugubre, un jour, sera étouffée, comme le reste.
La mère s’est assoupie, les petites endormies. Le nourrisson, lui, garde les yeux ouverts. Il hallucine déjà. La faim le tenaille. Grimaçant, il gémit faiblement. Mais le vent couvre sa plainte.
Alors il regarde les ombres du plafond, menaçantes, qui dan-sent leur farandole macabre. Ce mouvement grotesque finit par l’endormir. Le lait maternel ne coulant pas le lendemain, l’enfant avale de l’air goulûment. Une semaine passa. Le treize de ce mois de mars mémorable, chiffre porte-malheur ou bonheur selon les rites, la DDASS est alertée. Elle enlève la petite à sa mère, plaçant du coup les autres enfants chez une tante éloignée. Dans les bras de l’assistance sociale, pour la première fois, le bébé sourit. Il a sauvé la fratrie. Une pouponnière des environs va l’accueillir, avec tant d’autres, abandonnés ou arrachés du giron familial, orphelins par nature ou de force, tous alignés dans des lits à barreaux, blancs, en métal, froids. Le père, ce géniteur inconnu et ignorant, ne s’est pas mani-festé. Trois acolytes côtoyaient la mère à cette époque. Pour un coït aviné, ils donnaient à manger. Troc misérable mais néces-saire.
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