L'épée de la liberté

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Juin 477, en Gaule, à la frontière de l’Armorique. Celte par sa mère et romaine par son père, Azilis, seize ans, rêve d’un autre destin qu’un mariage forcé. À la mort de son père, elle s’enfuit travestie en garçon avec son fidèle esclave Kian et le séduisant barde Aneurin. Leur mission : remettre une épée magique au roi des Bretons…

Une épopée tumultueuse au cœur de l’Europe du Ve siècle, menée par une héroïne d’exception libre et volontaire. Amoureuse, indomptable, Azilis brave tous les dangers pour honorer la promesse qu’elle s’est faite : être maîtresse de sa vie. Un récit d’aventure au rythme trépidant qui revisite la légende arthurienne en lui offrant une nouvelle lisibilité et une audacieuse modernité.
Publié le : mercredi 24 octobre 2007
Lecture(s) : 32
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782700240504
Nombre de pages : 432
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Sommaire

Le bain de Diane

La harpe et l’épée

La boule d’ambre

La fugue de l’amazone

Les ailes de Mercure

Le secret de Kian

Aucune force au monde…

Frères d’armes

Les talismans du barde

Le Loup des Mers

Le seigneur des batailles

Œil bleu, œil noir

Couverture de Stéphanie Hans

978-2-700-23277-6

 

© RAGEOT-ÉDITEUR – PARIS, 2007.

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

Loi n° 49-956 du 16-07-1949 sur les publications destinées à la jeunesse.

Pour Pierre.
Il a tant participé à l’élaboration de ce roman
qu’il en est aussi un peu l’auteur.
Et en remerciement pour toutes ces heures
où je l’ai abandonné pour voyager
dans le monde d’Azilis.

 

 

En hommage à Rosemary Sutcliff.

Le bain de Diane

Juin 477.

Gaule, à la frontière de l’Armorique.

1

– Il fait si chaud ! insista Azilis.

– Tu couleras dans cet étang.

– Je sais nager, pauvre idiot ! Surveille-moi si tu veux, mais laisse-moi me baigner !

Azilis sauta à terre, attacha Luna, sa jument, à la première branche d’un chêne, enleva prestement sa tunique, ses sandales, ses braies. Puis elle courut sur la pente douce, vêtue de sa seule chemise de corps. Une libellule heurta son nez. Elle s’arrêta au spectacle d’une couleuvre qui filait à la surface de l’étang, le museau pointé. Une poigne de fer lui broya l’avant-bras.

– Ton père t’a confiée à moi, tu ne te baigneras pas.

– Tu oses porter la main sur moi ? Je te ferai fouetter ! On t’enverra aux carrières ! Lâche-moi !

Un étonnement mêlé de tristesse se peignit sur le visage du jeune homme. Azilis eut honte de ses paroles mais s’entêta. Elle se tordait comme un gardon au bout d’une ligne.

– Lâche-moi.

Il desserra son étreinte, les yeux baissés.

– Je ne risque rien, Kian. Regarde comme c’est beau ! Tu n’aimerais pas y aller, toi ?

Il ne répondit pas, les yeux toujours fixés vers le sol. Non, bien sûr, pensa Azilis, Kian ne pouvait pas comprendre. Elle n’avait plus personne avec qui partager le moindre instant de bonheur. Une bouffée de solitude familière lui mordit le visage.

– Accorde-moi quelques brasses et je remonterai sagement. Promis.

Elle s’avança jusqu’à la taille dans l’eau froide sous les regards incrédules de Kian. Qui d’autre qu’elle possédait le privilège d’habiter une villa romaine dotée d’une piscine et de thermes, et préférait se baigner dans une eau opaque et grasse ?

Elle nagea avec vigueur puis se laissa flotter sur le dos. Là, dans cet étang à l’eau verdâtre qu’on appelait encore le bain de Diane, malgré la surveillance anxieuse de son garde du corps, là au moins elle goûtait à la liberté. Le soleil luisait sur ses jambes nues. Une algue lui chatouillait la nuque. Parfois elle jetait un regard à Kian qui ne la quittait pas des yeux et tenait les rênes de leurs chevaux.

Il la regardait par crainte de la voir couler mais aussi, bien sûr, parce qu’il la trouvait belle, flottant à moitié nue, avec ses cheveux bruns étalés dans l’eau comme une corolle. Elle ne se gênait pas pour se dévêtir devant lui, et il savait que ce n’était pas par provocation. Esclave, il n’était rien de plus qu’un cheval ou un chien. Peu importe qu’un chien vous voie nue. Peu importe ce que pense un esclave. S’il la touchait, c’était la mort dans les supplices.

Azilis se contracta. Une tache sombre bougeait à l’extrémité de son angle de vision. Elle se redressa, fit voler des gerbes d’eau. Trois hommes marchaient en tapinois vers l’étang, des gourdins à la main.

– Kian ! Derrière toi !

Il se retourna en tirant son épée. Azilis le vit parer un premier coup, repousser du pied un deuxième adversaire qui roula au sol.

« Des voleurs de chevaux ! se dit-elle. Si seulement j’avais Ormé ! » Par malheur elle avait laissé son chien à son frère aîné pour une partie de chasse. Elle s’élança vers la rive et hurla. Un gourdin s’était abattu sur l’esclave, qui trébucha.

– Eh ! Regardez cette beauté ! Les chevaux attendront !

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