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L'ERMITE DU VALLON DU DIABLE

De
112 pages
C’est au fin fond du vallon du diable que vit l’Etranger, cachant son terrible secret. La montagne est le refuge de sa solitude, jusqu’au jour où une surprenante amitié va changer le cours de sa vie….. Mais le rejet des habitants des hautes vallées, face à la différence, va provoquer un drame… St Christophe, et la MEIJE elle-même seront le théâtre de cette épopée…. A travers la passion de la montagne, l’auteur nous engage à une réflexion sur la différence, la tolérance, et l’amour entre tous les êtres vivants.
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Patrick Espet
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diable
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ROMAN









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Éditions Le Manuscrit
20, rue des Petits-Champs - 75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com
ISBN : 2-7481-3975-5 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-3974-7 (livre imprimé)






« Il se trouve plus de différence de tel homme à tel
homme que de tel animal à tel homme »

Michel de MONTAIGNE
« LES ESSAIS »


PATRICK ESPET





OISANS, septembre 1892

Nous sommes à quelques jours de l’automne.
Le gris du ciel a envahi toute la contrée et, des
arbres aux pierres en passant par les rivières,
toutes les couleurs lumineuses que l’automne
avait malicieusement distillées dans la nature
semblent maintenant délavées, comme si un
gigantesque lessivage mené par des titans avait
balayé l’espace à l’entour.
Il est vrai que ce début d’arrière saison avait été
particulièrement pluvieux sur le Haut Dauphiné,
et que tous ces gens d’en haut s’étaient
progressivement retirés de leurs estives et autres
occupations pastorales pour s’apprêter à affronter
les rigueurs de l’hiver dans les hautes vallées.
Cet hiver qui se fait attendre, car point de
froidure, point de neige aux abords du village de
Saint- Christophe où seules quelques colonnes de
fumées s’échappent des cheminées pour se
mélanger à la grisaille du ciel. Il nous faut alors
remonter le vallon qui domine le village et suivre
ce chemin tortueux emprunté encore récemment
par les bêtes descendant des dernières estives.
De grandes falaises sombres et grises en dominent
le flan Ouest, alors que son côté Est se construit
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L’ERMITE DU VALLON DU DIABLE
comme une gigantesque pyramide où des
immenses gradins de pierre succèdent aux petites
terrasses recouvertes d’une maigre végétation,
ceci jusqu’aux aiguilles acérées de la crête du
GRAOU qui domine le vallon. Là, par-ci, par-là,
aperçoit-on quelques tâches blanches qui éclairent
la noirceur ambiante.
Premières neige, encore isolées, mais qui vont
progressivement donner à ces lieux, sa livrée
d’hiver, blanche immaculée.
Dans le fond du vallon serpente un petit torrent
dont le bruit des cascades embellit le souffle du
vent à travers les quelques mélèzes encore
présents sur ses rives.
Derrière l’un d’eux pointent les cornes acérées
d’un jeune chamois, précisément à la
recherche de la nourriture qui se fait de plus en
plus rare sur les hauteurs.
Au détour d’un coude formé par le torrent
franchissant un verrou rocheux, on aperçoit enfin
le haut du vallon, sorte d’immense entonnoir où
s’entremêlent des blocs imposants de granit,
pierriers insondables et moraines rectilignes,
descendant tout droit des vestiges de glaciers qui,
même s’ils avaient commencé leur recul
èmelégendaire du 20 siècle, atteignent encore les
zones rocheuses inférieures où ils se transforment
en une multitude de petits torrents convergeant
vers le centre de cet immense cirque.
Pourtant, sur la partie Nord de cet espace s’étend
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PATRICK ESPET

une vaste langue neigeuse bien homogène.
Au centre de celle-ci, sur un léger rebord faisant
promontoire, on distingue une colonne de fumée
montant dans le ciel au gré du vent. En y
regardant d’un peu plus près, on peut distinguer
une pente plus marquée, matérialisant
certainement un toit.
Devant cet abri de fortune, une animation assez
surprenante en ces lieux, semble bousculer le
calme et la sérénité.
Une énorme boule blanche, fait des allers retours
en creusant un sillon dans la neige à l’entour.
« - PATOCHE, arrête enfin, cesse ce remue-
ménage et surtout, arrête ces aboiements
stupides : toute la montagne va s’écrouler sur
nous ».
Mais PATOCHE, car c’est bien un chien, ne
l’entend pas de la même oreille. Il continue
méthodiquement ses courses folles et se roule
dans la neige en ponctuant ses acrobaties de
« ouaf-ouaf » aussi généreux que tonitruants.
Il faut dire que la couche de neige qui est tombée
sur les hauteurs est la première de la saison, et il
retrouve enfin l’élément pour lequel tous ses
gènes l’avaient préparé.
« - Bon, PATOCHE, ça suffit maintenant, viens
ici, on rentre ».
Le ton de son maître avait du être plus sec, car
cette fois, l’animal s’arrête brusquement et repend
son rythme débonnaire pour faire marche arrière
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