L'espérance comme horizon

De

Pourquoi choisir d’en découdre avec l’existence quand les circonstances s’ingénient à la contrecarrer ? Tel est le défi qu’a relevé Paul Ravier au long d’une vie aventurière dont les rocambolesques soubresauts dépassèrent souvent la fiction.

Orphelin à dix-sept ans, rien ne prédisposait ce jeune homme à surmonter les obstacles qui semblaient s’être ligués contre lui. Rien, si ce n’est une ténacité à toute épreuve et une volonté farouche de s’en sortir.
A l’image de Toinou, l’enfant auvergnat d’Antoine Sylvère, Paul Ravier est le prototype de ces antihéros issus de nulle part et pourtant parvenus à transfigurer leur destinée.

Un périple commencé dans la rue puis sous diverses bannières militaires qui, associé à une boulimie de savoir, va le propulser aux plus hautes responsabilités. Celles d’un PDG de société, et d’un consultant interentreprises en l’occurrence, dont la compétence n’eut d’égale que la soif d’entreprendre.

Aussi facilitée qu’elle fut par la chance, la somme de ses aventures en France comme en Afrique n’est pas cependant le seul fruit du hasard. C’est en puisant au creuset de vertus scoutes et légionnaires telles que la fidélité, l’entraide et l’espérance que Paul Ravier a su tirer profit de ses erreurs et repartir à chaque fois du bon pied.

Preuve en ces temps de pessimisme que la réussite demeure à la portée de celui qui veut entreprendre. Et que, comme le souligne si justement sa chanson de prédilection, l’espérance est un authentique trésor :

« Le front penché sur la terre

J’allais seul et soucieux,

Quand résonna la voix claire

D’un petit oiseau joyeux.


Il disait : « Reprends courage,

L’espérance est un trésor

Même le plus noir nuage

A toujours sa frange d’or. »

Publié le : dimanche 1 septembre 2013
Lecture(s) : 10
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9783350738437
Nombre de pages : 250
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Préface
n après-midi de septembre 1988, je reçois un U appel téléphonique dans mon bureau d’un loin-tain état-major de l’est de la France. La personne à l’autre bout du Il se présente courtoisement, en qualité d’un certain Francis Mahiout. Et suite à mon étonne-ment perceptible à l’appareil me précise : « mon nom ne vous rappellera sans doute pas grand-chose, vous m’avez mieux connu sous le patronyme de légionnaire Maurel ». S’installe alors un long silence avant que mon interlocuteur ne poursuive : « votre embarras est compréhensible, car vous ne devez pas garder de bons souvenirs de moi… » Ce qui me It naturellement lui répondre de manière évasive.
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Lorsque dans la foulée, ce dernier m’indiqua qu’à l’occasion d’un prochain déplacement dans la région, il souhaitait m’inviter à dîner au Grand Hôtel de la Reine, je ne puis faire autrement qu’accepter. Parmi bien d’autres traditions de la Légion, celle de rétablir le contact avec d’anciens soldats était en effet une vertu bien ancrée. Mais par-delà cette démarche naturelle d’esprit de corps, je n’en demeurais pas moins sceptique. Que pouvait bien avoir à me dire cet ex-cabochard e radio que j’eus un temps sous mes ordres au 2 régi-ment étranger ? Et que signiIait ce genre de retrou-vailles sous forme d’agapes ? Autant d’interrogations qui me turlupinaient. Dont je Is d’ailleurs part à mon épouse avant de me rendre à une invitation que j’avais quelque difIculté, faut-il l’avouer, à prendre au sérieux. Malencontreuse méprise de ma part ! Et preuve qu’il ne faut guère se Ier aux préjugés, car si la per-sonne qui m’accueillit ce soir-là aux côtés de sa future femme avait bien changé physiquement, son compor-tement, son attitude, étaient diamétralement opposés à ce que j’escomptais. Davantage qu’une transformation, une métamorphose ! J’avais en effet quitté il y a peu, un légionnaire pour le moins turbulent, je retrouvais cinq années plus tard un fringant chef d’entreprise, légitimement Ier de sa nou-velle réussite, et de surcroît particulièrement reconnais-sant envers ce que la Légion avait pu lui apporter durant une période singulièrement délicate de son existence.
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Une existence ô combien mouvementée au plan militaire, qui ajoutée aux rocambolesques péripéties survenues pendant son adolescence et ses périples afri-cains était dignes d’un authentique roman. Le roman même que Francis Mahiout a choisi d’écrire et que je viens de prendre un réel plaisir à parcourir. Car, à l’heure où tout un chacun se plaît à publier des mémoires qui ne sont bien souvent que racontars narcissiques, il paraît plus qu’opportun de relater d’édi-Iantes existences. C’est de mon point de vue, toute la raison d’être de cet ouvrage, justement qualiIé de biographie romancée dans son en-tête, qui tant par la pluralité des aventures décrites que par le message d’espérance qui en est déli-vré, constitue un formidable message pour tous ceux qui seraient enclins à désespérer de nos sociétés. Reste que si j’avais eu l’occasion de constater la mutation qui s’était opérée chez celui que je peux dé-sormais qualiIer d’ami, entre son vécu de légionnaire et son étonnante reconversion de PDG d’entreprise, je ne connaissais quasiment rien de son passé. Des affres de son enfance, notamment, de sa situa-tion d’orphelin, sans famille ni relation, confronté dès l’âge de dix-sept ans à la pire épreuve qui soit, celle d’un jeune clodo dans la rue. Moments de galère d’autant plus douloureux pour lui que rien dans sa prime enfance ne les laissaient sup-poser, comme l’indiquent si bien ces soirs d’errance relatés lors du bouleversant chapitre sur « La fraternité de la rue », où levant son regard vers les fenêtres d’im-meubles cossus, il imaginait la douceur d’un foyer,
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l’atmosphère paisible d’un repas en famille, toutes sensations éprouvées dans sa jeunesse et qui s’étaient à jamais évaporées… Au contact d’autres déshérités de la vie qui lui avaient cependant tendu une main secourable, bien des adolescents se seraient laissé submerger par une scou-moune aussi injuste qu’imméritée. Bien d’autres peut-être, mais pas Francis Mahiout ! Pour autant que les circonstances lui aient été à cet instant-là contraires, ce dernier avait préalablement acquis auprès de sa maman d’abord, des troupes de Scouts ou de Cadets par la suite, nombre de valeurs essentielles. Et ce sont sans nul doute ces vertus de cou-rage, de loyauté comme de hardiesse qui, sans qu’il s’en aperçoive peut-être, lui ont progressivement forgé une âme de combattant. D’une expérience à l’autre, à savoir, des petits mé-tiers à son vécu mouvementé de légionnaire en passant par ses apprentissages à Saint Maixent puis dans les paras, Dieu sait que ses trajectoires ne furent pas recti-lignes ni sans heurts. Mais lucide dans son tréfonds et conscient de ses erreurs comme de ses excès, Francis a su à chaque fois réagir pour s’en sortir. Sa manière à lui d’espérer contre toute espérance. De tirer parti de ses échecs pour rebondir au moment opportun. Et d’acquérir ainsi à l’aune de chaque expé-rience, une aptitude au bon sens vecteur d’une salutaire introspection qui ouvre seule la voie de la réussite. C’est au niveau de cette prise de conscience que l’on peut seulement comprendre comment un homme
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a pu, en moins de trois ans, passer du statut d’ex-lé-gionnaire à celui d’un chef d’entreprise d’une cinquan-taine de salariés et devenir plus tard Secrétaire-Général de la Chambre Syndicale des sociétés de voitures avec chauffeur… Son esprit d’aventure aidant, c’est aussi avec cette même envie d’aller de l’avant, cette irrépressible vo-lonté de se remettre en question, que Francis Mahiout a abordé d’autres rivages. Ceux de l’Afrique en général et du Togo en par-ticulier qui, au travers de ses nouvelles fonctions de logisticien de Voyages OfIciels africains, allaient lui valoir son comptant d’exotisme et de succès. Une toute autre facette de son existence certes, faite de contacts humains comme de risques à prendre, mais toujours en conformité avec ses valeurs acquises dans l’enfance. Quelque parcours que l’on accomplisse, le respect de la parole donnée, le sens de l’amitié, de la Idélité, sont autant de vertus qui caractérisent une destinée. Et force est de reconnaître que dans ce domaine, Francis n’a cessé de les manifester. Que ce soit à mon endroit en premier lieu depuis la e section du 2 REI à Mayotte, mais tout autant auprès de Roland Brion, qui lui mit le pied à l’étrier, du général Eyadema, de son Ils Faure Gnassingbé et de ses nom-breux amis en France ou en Afrique qui ont eu l’occa-sion de le côtoyer. « Droit dans ses bottes », comme l’on dit à la Lé-gion, toujours prêt à blaguer et à raconter des histoires dans une contagieuse cascade de rires, Francis fait
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partie de ces êtres chaleureux dont l’enthousiasme n’a d’égal que la générosité. Un personnage tout d’une pièce, incisif parfois et sans compromis pour tous ceux, – artisans de la désin-formation africaine et escroqueurs de la misère –, qui ont fait passer leur ego ou leur goût de l’argent avant toute déontologie. Mais un homme, qui grâce à l’ap-point, faut-il le souligner, d’un certain capital chance, a marqué son existence au sceau de l’équité et de la Idélité. C’est sans nul doute ce qui ressort prioritairement de ce livre. Le portrait d’un homme simple, d’un anti-héros pour tout dire, qui nonobstant les divers aléas de l’existence s’est perpétuellement remis en cause et peut, à ce titre, légitimement servir d’exemple aux jeunes d’aujourd’hui que bien des errements de notre société ont acculé au désarroi comme au défaitisme. Un ouvrage dense, au style alerte et attrayant, polé-mique autant que sensible par instants, et fourmillant surtout de péripéties tels le crash d’avion, l’insolite rencontre avec un chef d’Etat togolais ou l’extraor-dinaire « embrouille » d’un directeur de magazine…. pour n’en citer que quelques-unes, qui surprendront le lecteur comme elles l’inciteront parfois à sourire ! Quarante années d’aventures françaises et africaines qui se lisent d’une seule traite, jusqu’à l’émouvante étape Inale de Valençay. Valençay, ce splendide village du pourtour des châteaux de la Loire, creuset de la France éternelle et berceau de ses racines familiales où Francis Mahiout
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eut un jour –l’opportune– idée d’écrire ses mémoires. Des mémoires aussi édiIantes qu’attractives, faut-il le réitérer. Le récit d’une vie singulière, ô combien, énoncé comme un legs affectif à l’intention de ses proches et à sa descendance. Mais tout autant, le précieux témoi-gnage transmis aux générations présentes et futures d’un homme noble qui n’a jamais eu, en In de compte, que « l’espérance pour seul horizon… »
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PaTrick EstèvE Lieutenant-Colonel (ER)
Première partie
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