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L'étranger dans la montagne

De
151 pages
Nombreux sont les aventuriers dans l’œuvre de Roland Bourneuf, grand voyageur aussi passionné de paysages que de constructions humaines. Il invente, ou réinvente, l’odyssée d’hommes qui n’ont jamais peur de se mesurer à l’immensité de la terre, moine, poète, peintre ou pèlerin en quête du paradis, d’amour, de liberté ou d’absolu. Si ces rêveurs solitaires se nourrissent d’horizon ou s’égarent dans leurs labyrinthes, les femmes s’enracinent et cultivent leur jardin. Gardiennes des lieux et de la mémoire, elles sont loyales, séduisantes, pudiques, volontaires ou furtivement dévouées, telle cette bénévole œuvrant auprès des rescapés des camps nazis.
Équilibrant maturité des personnages et subtile beauté de la prose, l’auteur interroge sans répit le mystère du monde visible et crée des panoramas qui rendent tangibles des parcours de vie. La lecture de L’étranger dans la montagne nous propose une fascinante traversée dans le regard de l’écrivain-marcheur.
Lucas arrive enfin à Goa. Il ne voit rien de ce fabuleux pays. Les fièvres. Il meurt dans la cour d’un temple, ou dans une auberge pouilleuse, ou dans la rue, presque sous les pieds nus qui soulèvent la poussière, parmi des senteurs d’épices et de friture, ou même sur le bateau. Vers quoi, vers qui sont allées ses dernières pensées ? Y a-t-il eu quelqu’un pour lui fermer les yeux ? J’aurais aimé être à ses côtés pour l’aider à quitter cette vie.
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Roland Bourneuf
L’étranger dans la montagne
L’ÉTRANGER DANS LA MONTAGNE
Du même auteur : SaintDenys Garneau et ses lectures européennes,essai, PUL, 1969. L’univers du roman(en collaboration avec Réal Ouellet), essai, PUF, 1972. Les critiques de notre temps et Giono,essai, Garnier, 1977. Passage de l’ombre,proses, Parallèles, 1978. Reconnaissances,nouvelles, Parallèles, 1981. Antoine Dumas,essai, Stanké, 1983. Mémoires du demijour,nouvelles, L’instant même, 1990. Chronique des veilleurs,nouvelles, L’instant même, 1994. Le chemin du retour,roman, L’instant même, 1996. Venir en ce lieu,essai, L’instant même, 1997. Littérature et peinture,Connaître », 1998.essai, L’instant même, « Le traversier,nouvelles, L’instant même, 2000. La route innombrable,récit, L’instant même, 2003. L’usage des sens,», 2004.Le dire essais, Les heures bleues, « Pierres de touche,essai, L’instant même, 2007, prix VictorBarbeau 2008. L’ammonite,récit, L’instant même, 2009. Points de vue,essais, L’instant même, 2012. Parcours,autobiographie, tirage privé, hors commerce, 2014.
ROLAND BOURNEUF
L’étranger dans la montagne nouvelles
Maquette de la couverture : AnneMarie Jacques Illustration : Roland Bourneuf, dessin à la plume, encre de Chine sur papier, 2008 Révision : Lyse Charuest Mise en page : CompoMagny enr. Distribution pour le Québec : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Montréal (Québec) H4N 1S2 Distribution pour la France : Distribution du Nouveau Monde © Les éditions de L’instant même, 2017 L’instant même 865, avenue Moncton Québec (Québec) G1S 2Y4 info@instantmeme.com www.instantmeme.com Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2017
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Bourneuf, Roland, 1934 L’étranger dans la montagne ISBN 9782895023838 I. Titre. PS8553.O859E87 2017 C843’.54 C20169424855 PS9553.O859E87 2017
L’instant même remercie le Conseil des arts du Canada, le gouvernement du Québec (Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec. Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada.
À Jeanne, ensemble sur les chemins de la vie.
Brendan, ou le voyage au paradis
e doit être là qu’il s’est embarqué avec ses compagnons,  il y a très longtemps, quatorze siècles, diton. Dans cettequiCregarde à l’ouest, pleine d’avancées, de promontoires qui  crique ou peutêtre dans une autre sur la côte irlandaise abritent de courtes plages de galets. Le pied des falaises abruptes n’est pas plus accueillant. Des redans rocheux battus par des vagues parfois furieuses rendent périlleux, sinon impossibles la mise à flot d’une embarcation ou son accostage. Brendan a choisi ce lieu parce qu’il est né non loin de là dans un misérable village et parce que son monastère, tout aussi misérable, est construit sur une hauteur d’où l’on découvre la mer. Je devrais dire que je choisis de le placer là par hasard puisque j’apprendrai qu’une montagne voisine, plutôt une haute colline, porte son nom. Surtout parce que j’aime cette contrée faite de vastes landes à la végétation courte qui s’abaissent, s’incurvent en vallons, se relèvent, culminent faiblement avant de dérouler d’autres espaces nus. Je me sens porté par ce mouvement du sol qui paraît illimité, même si la proximité de la mer ne se peut oublier : c’est comme si la terre et l’eau se prolongeaient par les mêmes vagues. C’est âpre, austère, d’une irrésistible force sous le ciel presque uniformément
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L’étranger dans la montagne
bouché qui fond si souvent en lourdes pluies ou se dissout en brouillards. Partout la pierre affleure, poussée hors du sol en arêtes, crêtes et crocs. On y distingue mal les murets qui délimitent des prairies où paissent de gros moutons et les maisons trapues, aux moellons solidement jointoyés, couvertes de dalles grossièrement clivées. C’est de cette pierre rugueuse et brune, rendue presque noire par les pluies, que Brendan et ses compagnons ont construit le monastère que j’imagine, et qui ressemble à une longue maison basse ou à une bergerie. Le froid et l’humidité y transpercent jusqu’aux os ; il faut aller loin pour trouver du bois qui alimente un maigre feu dans la salle commune. On y brûle aussi du fumier séché et compact qui enfume la bâtisse et colle aux murs. Près de la maison, on a gratté le sol pour faire pousser des légumes qui assurent la pitance quotidienne. Avant eux, en des temps sans mémoire, des hommes – peutêtre des géants ou des démons – ont levé de hautes pierres dans les landes, en ont fait des alignements, des cercles, on ne sait plus pourquoi, pour sacrifier à de faux dieux qu’on croyait terribles, à des idoles impuissantes, ou pour interroger les astres. Maintenant, pour la foi nouvelle, la foi unique, il faut dresser des croix, les quatre branches ouvertes au milieu d’un cercle. Il faut des autels et pour les abriter une église ou, quand les bras manquent pour la bâtir, une chapelle. On l’a construite un peu plus haut, sur un terreplein d’où se découvre la mer. On y a planté la croix pour que la demeure du TrèsHaut soit vue de loin, et une cloche que fait tinter le vent pour guider les pêcheurs par mauvais temps ou venir au secours des âmes qui se perdent. On sent ainsi qu’Il protège son peuple, qu’Il règne sur la terre qu’Il a créée jusqu’en ses extrémités que nul n’a vues, quelque part quand l’océan se termine. C’est là que se trouve le paradis. Làbas sans doute, plus loin encore où, quand les nuages
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