L'héritière des secrets

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Tout le charme du Sud émane de la plantation Camellia, ce paradis où Cassie a passé son enfance. Le charme, mais aussi le mystère, depuis que son père l’en a chassée — sans raison, sans explication — pour l’expédier manu militari dans une université à l’autre bout du pays alors qu’elle sortait à peine de l’adolescence, qu’elle était amoureuse... Avec le temps, Cassie a renoncé à comprendre. Désormais, elle est créatrice de mode et sa vie est ailleurs. Pourquoi retournerait-elle au domaine ? Un appel urgent va l’y obliger. Et, revenue à Camellia, elle va découvrir les secrets insoupçonnables de son départ précipité d’autrefois, aller de révélation en révélation, et renouer avec une passion qu’elle imaginait perdue pour toujours…
Publié le : mercredi 1 août 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280250726
Nombre de pages : 288
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Trois événements déterminants se produisirent dans la vie de Cassandra Brennan, créatrice de mode, la semaine où elle annonça qu’elle ouvrait deux nouvelles boutiques Cassie’s Closet dans les galeries commerciales du métro d’Atlanta. Premièrement, elle rompit avec son îancé, Ned Patterson. Deuxièmement, son père, avec qui elle était brouillée, lui envoya un message pour l’informer qu’il allait mourir et qu’il souhaitait qu’elle rentre de toute urgence à la maison. Enîn, une fois de retour dans sa famille, l’homme qui avait été son premier amour au temps du lycée apparut sous la véranda de Camellia Plantation avec, à son bras, la femme qui les avait séparés, autrefois! Et, en dépit de tout, il lui sembla encore terriblement séduisant… Si la maison n’avait pas beaucoup changé au cours de ces douze dernières années, ce ne devait sans doute pas être le cas de tout le reste. Mais pourquoi Cal Collins se trouvait-il ici ? Et surtout, qu’y faisait-il en compagnie de Marsha Reynolds ? Après qu’elle les avait surpris tous deux en agrant délit et rompu avec lui sur-le-champ, ça n’avait înalement pas marché, entre eux — du moins était-ce ce qu’on lui avait rapporté. Comme c’est dommage!avait-elle alors pensé avec cynisme. Franchement, il n’aurait pas pu trouver un autre moment pour tenter de renouer que le jour même où elle arrivait d’Atlanta, après quatre heures de route?
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Pressée d’entrer dans la maison et de voir son père, Cassie prit une large inspiration. Elle pouvait les affronter. De toute façon, elle n’avait pas trop le choix. La ronde des souvenirs afua alors bien malgré elle dans son esprit, certains doux, d’autres amers. Non, après tout ce temps, elle n’allait pas se laisser démonter, tout de même! Facile à dire, avec son cœur qui cognait dans sa poitrine… Elle regarda autour d’elle, histoire de se reprendre. Les buissons de camélias, qui avaient donné leur nom à la plantation, poussaient avec luxuriance sur tous les côtés du parc et en face de la piscine. Autrefois, Cal et elle se donnaient rendez-vous à l’ombre de ces bosquets en eurs. En général, leurs rencontres avaient lieu à minuit, une fois que ses parents étaient endormis. Elle s’éclipsait par la porte-fenêtre de sa chambre, qui donnait sur l’escalier de la véranda, et elle n’avait que quelques marches à descendre pour le rejoindre… Puis tout avait brutalement basculé. En l’espace d’un clin d’œil, sa mère avait disparu dans un tragique accident de cheval, l’homme qu’elle aimait l’avait abandonnée pour une autre et, dans la foulée, elle avait aussi perdu son père qu’elle avait toujours adoré, puisqu’il l’avait tout simplement renvoyée de la plantation… Se ressaisissant, elle sortit de sa décapotable dernier modèle et en referma bruyamment la portière pour attirer l’attention du couple — son ex-amour etl’autre— sur la terrasse. Elle aurait voulu leur dire de prendre le large, elle aurait aimé gier Marsha. Mieux : elle mourait d’envie d’attraper Cal par le col et de lui demander des comptes pour l’avoir si affreusement blessée. Mais elle n’en ferait rien. Elle était une Brennan, et les Brennan ne se condui-saient pas comme des rustres. Ils se contenaient en toutes circonstances et étaient toujours courtois. Et elle pouvait d’autant moins faire une scène que son père était mourant derrière la porte !
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Ce fut alors que Cal se retourna et que ses yeux croi-sèrent les siens. — Cassie ! Son cœur cessa de battre pendant quelques secondes. Cette voix, traïnante et grave, l’avait littéralement transportée… L’espace d’une seconde, elle fut tentée de remonter dans sa voiture et de repartir en trombe pour Atlanta. Mais elle ne pouvait plus fuir. Son père avait désormais besoin d’elle, même s’il avait eu du mal à l’admettre. D’ailleurs, elle aussi avait besoin de lui. Cela faisait si longtemps qu’elle attendait leurs retrouvailles ! Elle ne laisserait rien ni personne se mettre en travers de son chemin. Pas même Cal Collins. Se raidissant, elle redressa la tête. — Bonjour, lança-t-elle d’une voix neutre en les regar-dant tour à tour. Cela fait longtemps… Mais rien ne semble avoir changé ici. Cal ne répondit pas, se contentant de la îxer. De la sueur coula dans le dos de Cassie. Mais il était vrai que c’était la în du printemps, en Géorgie du sud, et qu’il faisait déjà très chaud. Elle soutint son regard. Pourvu que ses blessures, ses peurs et sa confusion ne se reètent pas dans ses yeux ! Elle dévisagea Cal. Ses cheveux couleur chocolat dégrin-golaient en mèches épaisses sur ses oreilles et dans son cou. C’était le même homme, mais différent. Son T-shirt en coton épousait son large torse et son jean délavé tombait sur ses hanches minces. Quand ils s’étaient quittés, ils sortaient à peine de l’adolescence. Mais maintenant, elle était une femme adulte. La voyait-il ainsi ? — Tiens, mais c’est Cassie Brennan, que nous avions perdue de vue depuis si longtemps! s’exclama Marsha dans un sourire. On la croirait tout droit sortie d’un magazine de mode. Marsha ressemblait à une eur épanouie, avec sa cheve-
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lure rousse tombant en cascade sur ses épaules. Elle avait pris deux ou trois kilos, mais les garçons avaient toujours apprécié ses formes. C’était elle-même qui l’avait expliqué à Cassie, lui brisant déînitivement le cœur, après qu’elle l’avait surprise avec Cal. Soudain, une nausée la saisit. De la sueur coulait main-tenant dans son dos, entre ses seins… La tête lui tournait un peu. Non, elle ne donnerait pas à Cal le plaisir de la voir ancher ! Resserrant la main sur son sac en cuir blanc, elle s’avança vers la véranda. Mais elle n’arrivait pas à détourner les yeux de l’homme à la chevelure sombre qu’elle avait aimé, ni de la rousse bien en chair à côté de lui. Elle les revoyait tous les deux, le jour où elle les avait démasqués, et les deux images se confondaient… Ce n’était pas ainsi qu’elle avait imaginé son retour à la maison! Sa vie avait changé pour toujours depuis son départ en catastrophe, des années auparavant, mais Cal Collins était resté le même. Et force était de constater qu’elle l’avait encore dans la peau.
— Tu t’en vas, oui ? Combien de fois est-ce qu’il va falloir que je te le répète? Cal fusilla Marsha du regard. Allait-elle se décider à la în? Il avait essayé en vain de se débarrasser d’elle avant que Cassie n’arrive : il n’avait aucune envie d’assister à un crêpage de chignon. Peine perdue. Les deux femmes — la blonde, d’ordinaire si maïtresse d’elle-même, et la rousse bouillonnante — semblaient sur le point de se jeter l’une sur l’autre. Il faut dire que la brouille qui les opposait remontait à loin. Et visiblement, il en était encore l’enjeu. — Je suis venue voir Teresa, rien d’autre, répondit Marsha, l’air offusqué. Je lui ai apporté des produits de mon jardin.
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Cal la relâcha et mit son chapeau sur sa tête, l’ajustant au-dessus de ses sourcils. — Je te dis de partir, tu m’entends ? — C’est bon, j’ai compris. Pas la peine de t’énerver ! Cal regarda celle qui tentait de regagner ses faveurs, puis dirigea les yeux vers la femme qu’il ne reconquerrait jamais… Alors il leva la tête et aspira l’air saturé d’un parfum de magnolias.La fragrance préférée de Cassie. S’efforçant de demeurer de marbre, il se mit à détailler celle-ci tandis qu’elle se tenait en bas des marches. Ses cheveux blonds coupés au carré dont les deux pointes encadraient son menton, ses épaules bronzées et lisses, ses longues jambes, ses courbes placées au bon endroit… Elle portait une robe blanche évasée, à înes bretelles. Ses sandales gladiateur étaient elles aussi d’un blanc éclatant, les lanières en étant retenues par un médaillon en argent. Leurs talons étaient vertigineusement hauts. Relevant la tête, il laissa glisser malgré lui son regard sur sa bouche rouge cerise… — Je suis heureux que tu sois de retour à la maison, Cassie, déclara-t-il. A cet instant, elle posa les lunettes de soleil qu’elle tenait à la main sur son nez, et toucha le bout de ses cheveux. — Merci. Elle lança un regard interrogateur à Marsha, l’expression à la fois polie et hautaine. — Qu’est-ce qui se passe, ici ? demanda-t-elle. Marsha rougit violemment. — Ce n’est pas ce que tu crois, se défendit-elle aussitôt. Cal la regarda. A coup sûr, elle avait fait exprès de sortir au moment où Cassie arrivait, juste pour créer des histoires. — Marsha, va-t’en, lui redit-il. Elle le toisa. — C’est ce que j’étais en train de faire, îgure-toi. Telle une tornade, elle dévala alors les marches de la véranda, son T-shirt rose masquant à peine son ventre. Elle
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jeta un regard noir à Cassie quand elle passa devant elle, puis marmonna par-dessus son épaule : — Je préfère te prévenir : certaines choses ne sont plus comme autrefois, et tu es bien placée pour le savoir. Cal la regarda s’éloigner, puis le moteur de sa voiture se mit à vrombir, de l’autre côté de la maison. Quand le vieux pick-up rouge de Marsha redescendit l’allée en laissant une longue traïnée de poussière dans son sillage, Cassie tourna vers lui des yeux interrogateurs. — Tu ne la laisses pas se garer devant? demanda-t-elle en arrivant en haut des marches. Etait-ce juste une manière d’entamer la conversation ? Que pouvait-il bien lui dire? Il y avait si longtemps que Cassie avait quitté la petite ville et la plantation sans jamais donner la moindre nouvelle. Sa vie s’était îgée à cet instant. Sans quoi, il ne serait pas revenu travailler chez le père de celle-ci, et ne se serait pas torturé ainsi avec ses vieux souvenirs. Tout dans cette propriété lui rappelait Cassie. Il poussa un soupir. — Marsha pense que… — Ce qu’elle pense est évident, trancha-t-elle. Je ne comprends pas pourquoi vous n’avez pas îni par vous marier, tous les deux. Il serra les dents. — Elle n’était pas enceinte, je n’avais aucune raison de l’épouser. Il n’avait jamais été amoureux de Marsha. Jamais. Cassie se passa une main dans les cheveux, apparemment sidérée par ses propos. — O.K., tout cela appartient au passé. Je suis un peu confuse. Qu’est-ce que tu fais ici ? — Tu n’es vraiment pas au courant de ce qui se passe dans ta famille, Cassie, déclara-t-il. Comment allait-il pouvoir continuer à travailler sur la plantation, maintenant qu’elle était revenue ? Quand
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Marcus lui avait exposé son plan, il avait d’entrée de jeu eu le cran de lui répondre que c’était une très mauvaise idée. Et maintenant, il en avait la preuve ! — Je travaille ici, ajouta-t-il. C’était tout ce qu’il y avait à dire. Sur ces paroles, il se retourna et se dirigea vers le cottage du contremaïtre qu’il occupait. Non, il n’avait pas épousé Marsha. Il ne s’était jamais marié. Mais il ne pouvait pas raconter à Cassie toute cette affreuse histoire. D’ailleurs, elle s’en îchait et ça n’avait aucune importance. Il était juste revenu ici pour rendre service au père malade de Cassie, même si ce dernier l’avait autrefois menacé de mort s’il remettait une seule fois les pieds sur la plantation. Il lui arrivait parfois de regretter que Marcus Brennan n’ait pas mis sa menace à exécution.
Cassie restait perplexe. Cal était revenu travailler ici ? A quel titre? Et surtout, à quelle în? Elle n’en croyait pas ses oreilles… Tout cela n’avait aucun sens. Cette petite scène de bienvenue sur la terrasse lui donnait encore le frisson. Mais elle s’était sufîsamment ressaisie pour entrer la tête haute par la double porte en chêne de la maison où elle avait grandi. Sa famille possédait Camellia Plantation depuis plus de cent trente ans. Ses ancêtres l’avaient achetée en 1880, et l’avaient restaurée après les ravages de la guerre de Sécession qui avait poussé au suicide le propriétaire précédent. Le drame avait eu lieu sous l’immense chêne tristement célèbre qui ombrageait l’allée. C’était sous ce même arbre que sa mère avait trouvé la mort. Et à cet endroit que Cal avait embrassé Cassie et lui avait promis de l’aimer pour toujours. Ce chêne avait plus de trois cents ans, son tronc et ses branches étaient noueux, portant les nombreuses cicatrices
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du temps. Pas étonnant qu’il soit maudit! La grande maison carrée avec ses colonnes massives et les vérandas qui couraient tout autour sur deux niveaux avait connu des générations et des générations de Brennan. Si elle ne se mariait pas et n’avait pas d’enfants, elle serait la dernière héritière, après la mort de son père. Et, comme les relations avec les hommes ce n’était pas son fort, il y avait peu de chances pour qu’il en soit autrement. Peut-être était-ce pour cette raison qu’elle avait décidé de rentrer à la maison. Car, en dépit de tout, c’était chez elle, ici. Depuis quelque temps, sa vie à Atlanta était de plus en plus désagréable malgré sa gloire montante en tant que créatrice de mode et le succès de ses boutiques, malgré le grand loft en plein centre-ville qu’elle avait restauré et redécoré elle-même. Et malgré sa relation amoureuse avec Ned Patterson, brillant avocat et homme d’affaires. Encore que « relation » aurait sufî à caractériser leur couple, dans la mesure où l’amour y était absent. C’était pour cela qu’elle avait rompu. Ned l’avait très mal pris. Elle ne l’en blâmait pas, c’était sa faute, elle ne l’avait jamais vraiment aimé. Elle se rappela alors le regard de Cal quand il avait baissé les yeux vers elle. Ils étaient d’un bleu profond, comme frangé de velours. Autrefois, ces yeux-là se posaient sur elle avec amour et avaient le pouvoir de la réchauffer. Aujourd’hui, ils étaient d’un bleu froid et dur et ils l’avaient jaugée avec dédain et mépris. La détestait-il tant que cela ? Elle considéra un instant le grand escalier courbe qui menait à l’étage. Avait-elle vraiment fait le bon choix ? N’avait-elle pas fui une situation délicate pour foncer tête la première dans une pire encore? Elle tourna la tête. Des bruits de casseroles et de poêles provenaient de la cuisine. Sans attendre, elle traversa le vestibule d’un bon pas, ses talons claquant sur le parquet. L’odeur mêlée de la glycine et de la lavande qui ottait dans
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l’air réveilla brusquement des souvenirs en elle. Ils étaient si précis que l’espace d’un instant elle eut la sensation d’avoir de nouveau seize ans. — Il y a quelqu’un? ît-elle, en priant pour que Cal ne soit pas rentré par une porte arrière. — Cassie, c’est toi ? — Teresa! Oui, c’est moi ! s’écria-t-elle. Et elle se rua dans la cuisine au moment où Teresa Jordan s’essuyait les mains à un torchon pelucheux. — Bonjour ! s’exclama Cassie. — Bonjour, ma chérie, répondit Teresa en ouvrant grands les bras. Viens me faire un gros câlin. Teresa, la gouvernante, lui avait aussi servi de nourrice autrefois. Elle avait épousé Walt, un employé de la plantation, mais ils n’avaient jamais eu d’enfants. Après le décès de sa mère, de qui Teresa était très proche, puis celui de son mari, elle était restée loyale à la famille Brennan. Même si elles n’avaient guère communiqué au cours de ces der-nières années, elle était certaine que la vieille dame était heureuse de la revoir. Elle se précipita dans ses bras, et l’odeur de sa lotion à la rose conjuguée à celles du bacon frit et du pain de mas lui emplit alors les poumons. Ces senteurs d’enfance lui îrent monter les larmes aux yeux… Serrée contre Teresa, elle avait l’impression d’être la bienvenue à la maison et c’était ce qui lui avait manqué pendant toutes ces années. Ces choses-là, et puis Cal, bien sûr. Mais elle refusa de s’attarder sur ces sensations. Teresa înit par se redresser et la relâcher. Elle écarquillait ses yeux marron et un sourire chaleureux barrait son visage. Passant la main dans ses cheveux courts grisonnants, elle déclara : — Comme tu es belle ! J’ai vu ta photo dansPeople, tu sais. « Une des créatrices les plus prometteuses de l’année! » disait la légende. Cassie’s Closet, c’est vraiment ce qu’il y a de mieux. On vend même tes vêtements chez
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Belk et Dillard’s. J’ai acheté deux de tes robes que je porte pour aller à la messe. Tu te rends compte? Le sourire de Cassie tremblait. Elle était presque intimidée. — Oui, je me rends compte, murmura-t-elle. Elle avait tant de travail sur la planche ! Des promos de dernière minute pour la ligne d’automne, plus la collection du printemps prochain à présenter sur papier, sans compter celle de l’été qu’il fallait encore peauîner. Dans l’industrie de la mode, il fallait toujours avoir de l’avance. C’était sans cesse une course effrénée. Prenant une large bouffée d’air, elle s’efforça de recouvrer son calme. — J’ai beaucoup de choses à faire, tu sais, pendant mon séjour à Camellia, ajouta-t-elle, mais je vais rester quelque temps. — Visiblement, tu as bien réussi dans ta branche, dit Teresa en lui caressant les cheveux. Comment vas-tu, ma chérie ? — Je ne sais pas trop, répondit-elle dans un soupir. Et lui, comment va-t-il, aujourd’hui ? — Pas très bien, ît Teresa en secouant la tête, les yeux soudain brouillés de larmes. Je suis si heureuse qu’il m’ait laissée t’appeler. — Moi aussi. Mais est-ce qu’il tient vraiment à ma présence ici, ou est-ce toi qui as insisté pour que je revienne? — Non, il voulait te revoir, tu peux me croire. Il a compris qu’il était temps de changer et de surmonter le passé. — Tu crois que c’est possible ? — Il le faut, dit Teresa. Tu veux le voir tout de suite ou tu préfères te rafraïchir un peu et déjeuner avant ? — Maintenant, répondit Cassie, d’instinct. La seule pensée de la nourriture lui donnait la nausée. — Il est en haut ? ajouta-t-elle. — Non, ma chérie. Teresa indiqua alors du menton la double pièce qui abritait à la fois le bureau et le salon, au fond de la maison.
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