L'heure qu'il est

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L'heure qu'il est est un recueil d'articles de Paul Morand. Paru en 1938, il est composé de cinq parties, dont : II. Le dernier été de Salzbourg ; III. L'exposition de 1937 ; IV. Minutes et secondes ; V. Outre-Manche.

Publié le : mercredi 18 mai 1938
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EAN13 : 9782246809982
Nombre de pages : 274
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I

 

9FRONTIÈRES DE TERRE FRONTIÈRES D’IDÉES

Le mot de patrie date de Jeanne d’Arc ; on le trouve pour la première fois dans Alain Chartier : jusque-là le royaume avait pu être anglais, bourguignon, armagnac ou dauphinois ou français (trois mots pour un même chose) ; soudain le royaume devint la patrie. La patrie, désormais, c’était le sol ; on défendait le sol natal, un sol qui venait d’être arrosé de sang et de larmes, une terre parcourue par tous, où tous pouvaient se diriger les yeux fermés.

Au XIXe siècle, les patries sont devenues des empires. Là où des soldats sont tombés, le sol s’est appelé national. Aujourd’hui, des frontières du Congo à la Nouvelle-Calédonie s’étend la patrie française. Des républiques aussi hostiles que les États-Unis aux annexions coloniales se sont soumises, elle aussi, à cette dilatation extraterritoriale ; malgré la doctrine de Monroë, le drapeau yankee flotte de Manille à Cuba et de l’îlot de Guam aux îles Aléoutiennes.

Mais un empire a besoin d’être défendu. Certains empires ont bourgeonné sur leurs bords, ont proliféré terminalement : ainsi l’U. R. S. S. a le sien à ses portes. La plupart sont faits de morceaux 10 ramassés au hasard de l’histoire et des découvertes géographiques : ils ont poussé à l’aventure ; ils ne sont pas une projection physique ou logique, ils sont fortuits, multiples, omniprésents, partout vulnérables ; on ne peut déplacer une frontière sans leur écraser un orteil : c’est le martyre de l’obèse. Il faut sortir de chez soi pour s’y rendre ; il faut s’assurer des routes qui y mènent. Ainsi l’Angleterre, en protégeant la route des Indes protège les Indes et en protégeant les Indes protège la métropole. Mais la route des Indes ne finit pas à Calcutta : par la Birmanie, elle descend sur Singapore, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, bifurque vers le Cap, revient vers les Antilles et ceinture la planète. La patrie anglaise c’est l’océan, tous les océans.

Ayant été de la terre, puis de l’eau, les patries sont devenues de l’air. Le ciel a maintenant des frontières et le survol est interdit en maints lieux. Le mot de forces « territoriales » n’a plus de sens puisqu’une escadrille de territoriaux australiens est allée défendre Suez, à des milliers de kilomètres de sa base. Nous voilà bien loin des anciennes patries. Lorsque le drapeau flottait au haut du clocher, les citoyens comprenaient sans peine qu’il fallait empêcher l’ennemi de venir le décrocher : mais sitôt qu’il fut attaché au mât d’un navire errant ou peint sous l’aile d’un avion ennuagé, la notion si simple, si tangible de la terre natale s’en trouva obscurcie.

Les Empires ne pouvant être présents partout à la fois et se défendre dans les deux hémisphères ont dû chercher des alliés : le sol des pays amis est donc devenu par extension une annexe idéale 11du sol de la patrie. Les accords sont formels : l’Angleterre s’engage à couvrir la Belgique ou la France ; la France devra défendre Kiev comme un arpent de Bretagne ou la Tchécoslovaquie au même titre que la Gironde ; toucher à une oasis de la Libye italienne provoquerait la mobilisation de l’armée allemande.

Les alliances, à leur tour, pour entraîner d’énormes associations humaines, doivent s’appuyer sur des intérêts et les intérêts, pour pouvoir se souder de façon durable, doivent se ramener à de grands principes. Ainsi naissent les idéologies. Et l’idéologie ramène les hommes à la guerre, non plus territoriale, mais mondiale.

Tous les Français s’accordent sur la nécessité de la défense nationale ; c’est lorsqu’il s’agit de définir cette défense que les divergences commencent. Quand les affiches de la C. G. T. proclament sur les murs : « Il faut boycotter le Japon », « l’Espagne saigne », « la Lithuanie est étranglée », « l’Ethiopie ne doit pas mourir », c’est la France que les ouvriers pensent défendre sur la Baltique, dans la mer de Chine, au golfe d’Aden. Mais l’instinct paysan répond par la voix des radicaux : « Nous irons jusqu’au pont de Kehl, jusqu’à Menton, mais pas au delà car nous n’y cultivons rien. »

Ainsi la politique moderne aboutit-elle à des variations sur l’idée de patrie. Or la patrie n’admet pas les variations. D’où ce fossé profond qu’aucune union nationale n’a pu jusqu’ici enjamber.

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12FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER

On les reconnaît à distance, sous toutes les latitudes, admirables de résistance, d’isolement ; individuels, inassimilables, inentamés, extatiques logiques, fous raisonnants, Français.

Les mêmes depuis les Croisades, les Guerres de religion, l’Emigration, la Révolution, les Inventaires et les Dévaluations. Ce sont les Huguenots de la Nouvelle Amsterdam, les abbés à petit collet de Chateaubriand, les phalanstériens du père Enfantin, les pionniers d’Hollywood. Ce sont les fonctionnaires du génie de la France.

Ils habitent New-York depuis soixante ans, le Honan depuis 1890, ils n’ont pas quitté San Francisco depuis leur volontariat. Au début, ils ont essayé de se conformer aux coutumes locales, de porter le casque de liège ou, dans la Cité, le pantalon rayé, ou la cartouchière en bandoulière dans les Andes ; mieux encore, le pagne. Et puis, les uns après les autres, ils sont revenus au parapluie.

Les voici avec leur tête trop forte pour les épaules, la mèche susceptible, l’œil rapide, le pas guêtré qui garde dans le désert son rythme de sous-préfecture, le veston parfumé à la naphtaline, la décoration mouillée par les icebergs, noircie par les solfatares et toujours le chapeau trop petit.

Les Français de l’étranger ne sont plus les maîtres à danser, ni les prévôts d’escrime de l’univers. Mais pour l’univers ils représentent encore13 la liberté en gants de chevreau et le luxe avec une cravate toute faite.

Les coiffeurs français, habiles aux permanentes et aux ondulations à l’eau, je les ai vus faire, loin de leur patrie, de belles et dures carrières ; les cuisiniers aussi, dans l’enfer des traversées. Pour les précepteurs, pas de moyen terme ; ils épousent des rânees arrachées au bûcher ou bien, à la cinquantaine, dînent d’une saucisse. Nos médecins, eux, réussissent en se jouant, alliant la bonne grâce au savoir. Nos universitaires ont beaucoup changé : ils ont la rhétorique sportive et l’éloquence sifflante. Nos avocats internationaux adoptent volontiers la coupe de vie américaine. Les artistes expatriés sont incorrigibles (sauf les décorateurs ou les dessinateurs de jardins, très adaptables). Les architectes, partout chez eux.

Il y a les modestes et les présidents, comme ailleurs. Les ratés et ceux qui ont su se retourner ; tour à tour charcutiers, juges, entomologistes, exportateurs de café et directeurs de théâtre : dix existences en vingt ans. Il y a les isolés et les promoteurs d’assistance mutuelle, les chercheurs d’or retombés dans la belote et ceux qui, il y a six siècles, eussent été des féodaux.

Ils vivent séparés tous les jours de l’année dans un isolement farouche, mais ils s’unissent le matin du 14 juillet. Ils arrivent à midi au consulat qui a sorti le drapeau, roulé d’habitude derrière le coffre-fort de la chancellerie. Il y a les métayers basques et l’artisan des Hautes-Alpes ; le Tourangeau qui est en route depuis une semaine14 avec deux Indiens porteurs de torches et l’Auvergnat patron d’auberge du rio Parana avec trois cents kilos de gomme dans sa camionnette. Il y a le vieux petit monsieur avec ses chaussures à élastiques cousues à Vierzon qui contrôle l’industrie sucrière d’un continent et l’inventeur milliardaire qui a refusé d’être citoyen d’honneur de Caracas pour revenir mourir à Sisteron.

Derrière eux, j’aperçois les femmes, les sœurs de charité gothiques qui n’ont jamais eu le temps de revoir Vendôme ou Nevers, les institutrices angevines au merveilleux accent, derniers témoins d’un monde disparu, perdues dans les révolutions avec leur cours de littérature de Lamartine, maîtresses d’un savoir-vivre mystique et précis, esclaves incomparables du savoir-mourir.

Émergent ensuite, hors des millions indigènes, les missionnaires (une balle dans la cuisse, un éclat d’obus dans la tête, accent alsacien, dysenterie) ; les voici qui cassent leur gaufrette au-dessus de la coupe de champagne. Et le Lazariste, arrivé en pousse avec ses ballots. Et le directeur de conscience hors de sa cathédrale de tôle ondulée. Et les évêques agriculteurs sous leur dais de feuilles de cocotier ; les apôtres amis des généraux brigands, tous ceux qui sont notre lumière et notre courage, familiers du bouturage et du greffage de nos vignes.

Derrière viennent les assis, le jurisconsulte détaché payé en or et qui fabrique des lois romaines aux nègres ; sa femme très princesse lointaine, transie par l’hiver de l’exil ; le polytechnicien15 constructeur de ponts, prudent, économe, dont la figure dit le chiffre d’affaires de la maison mère ; le courtier de la célèbre firme de champagne et celui du C reusot ; les correspondants de presse tendres et cyniques, les représentants d’agences, nerveux, dyspepsiques. Nous approchons des uniformes dorés : le président de la Chambre de commerce française, le délégué des Messageries, l’envoyé de la Transatlantique, le plénipotentiaire de l’Havas, l’ambassadeur du Temps, le porte-parole des Anciens Combattants. Enfin, tout proche du pouvoir, des promotions et du tapis rouge de la Légation qui attend à la descente du train les parlementaires en mission, l’image en redingote de cette vieillesse qui est honneur et gloire de la France, Monsieur le doyen d’âge de la colonie.

Français de l’étranger. Deux fois nos frères. Hier, ils tenaient à Paris leur congrès ; tout surpris d’être revenus à leur point de départ, ils rejoignent le gros de l’essaim et rentrent dans la ruche, en disant : « Moi, si j’étais le gouvernement ! »

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CAMPING DIPLOMATIQUE

L’ambassade flottante américaine coulée au milieu du Yang-Tsé, la voiture de l’ambassadeur britannique mitraillée précédemment sur les grand’routes de Chine, sont venues rappeler au monde que la diplomatie est un métier 16dangereux, profession pleine de risques ambulatoires, de trains manqués et de gouvernements renversés. Le diplomate, tel que le roman et la scène le perpétuent, est un personnage immobile, imperturbable, pompeux, doré, rhumatisant, installé dans un immeuble de belle apparence décoré d’un panonceau de supernotaire. Que cette fixité soit l’idéal de certains fonctionnaires, nul n’en disconvient, mais la vie ne tarde pas à corriger cette tendance, d’ailleurs très humaine, à l’inamovibilité. A peine le plénipotentiaire vient-il d’arriver, de corner des cartes, de déballer ses collections de pipes afghanes ou de poteries incas, de faire repeindre la salle de bains (que son prédécesseur avait laissée Dieu sait dans quel état !), qu’il lui faut reprendre la grand-route, sur l’ordre du hasard ; une guerre malheureuse, un complot réussi, une invasion inattendue, une peste ou une convulsion locale de l’écorce terrestre l’obligent malgré lui à sortir de la capitale à la suite d’une administration affolée ou d’un Parlement en fuite ; le voilà accrédité auprès d’une dérive, député auprès d’une panique, fondé de pouvoirs en déménagement.

On peut imaginer les merveilleuses conséquences d’un tel destin. A l’âge où les hommes souhaitent la stabilité et confondent volontiers le bonheur avec l’enracinement, eux s’en vont sans feu ni lieu, privés de toute autre assiette que leur valeur morale et de tout autre statut que celui du droit des gens symbolisé par un uniforme aux broderies noircies, qui d’avoir été trop inondé par les pluies tropicales et par les paquets de mer, sent le champignon et le rat.

17Ankara commença par le désert, puis par le rail, puis par la gare, où chaque ambassade logeait dans un wagon, sur une voie de garage, puis par l’hôtel de la gare, ce qui fut un immense progrès. Ainsi les vicissitudes mustaphakemaliennes se chargeaient-elles de rappeler aux nouveaux venus que les grandes et glorieuses origines turcomanes sont le nomadisme et la déambulation.

Dans la Grèce de 1917, dans le Venezuela d’avant guerre, dans maint épisode des révolutions portugaises, dans l’affolement des coups de théâtre dynastiques, au Brésil ou en mer de Marmara, on a vu des ambassades logées pendant des mois et même pendant des années en d’inconfortables et torrides bateaux de guerre embossés dans des eaux aussi fuyantes et indécises que le sort des empires que ces stationnaires surveillaient.

Nos délégués auprès de Kolchak ou de Wrangel ont connu, comme doivent les connaître aujourd’hui les représentants nommés auprès de Franco ou auprès du gouvernement de Valence qui d’ailleurs habite Barcelone, les incertitudes de la tente, les réveils en fanfare sous les bombes d’avion, les visites protocolaires à quatre pattes le long des tranchées, le cérémonial traditionnel du rappel et de la créance ponctués de galops effrénés, de rafales de mitrailleuses ou d’exécutions capitales. Il est en ce moment, quelque part, une ville, je ne dirai pas laquelle pour ne pas aider les avions ennemis, où après une journée administrative dans une chancellerie trouée d’obus, les diplomates s’en vont coucher en plein 18hiver dans les failles de la montagne, auprès des sources glacées, et goûter un repos humide à l’abri des raids.

Une des plus anciennes et des plus pittoresques traditions des ambassades, aux heures troubles, c’est de servir d’asile. A leurs nombreuses fonctions, les agents de carrière doivent alors ajouter celles d’hôtelier, d’interprète, d’intercesseur, de cuisinier, de médiateur et de logeur en garni. En Extrême-Orient, les Chinois font un large usage des privilèges d’exterritorialité et à peine un général ennemi approche-t-il de la ville qu’on voit les riches négociants, les préfets menacés et les maréchaux inquiets envoyer dans les légations amies leurs épouses, leurs concubines, leurs laques précieux, leur marmaille, leurs dollars d’argent dans des sacs en peau de gazelle et leurs mangues en cristal de roche dans des boîtes de cèdre ficelées avec des bandes à pansements.

Quand je pense à Gobineau installé à Bouchir, écrivant l’Histoire des Perses parmi les charges des irréguliers persans, ou à Claudel dans les décombres d’une ambassade anéantie par le tremblement de terre de Tokio, il m’apparaît que l’inconfort et le risque sont le pain quotidien de cette Grande Muette si méconnue qu’est la diplomatie.

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QUAND L’ÉTRANGER VOTE

Il fut un temps où, quand on pénétrait dans la boutique, c’était pour trouver le changeur endormi.19 De quoi vivait-il ? De rien, car il était Grec. Seuls les billets de banque sud-américains enrichissaient les marchands de monnaie dans les ports atlantiques, avant et après la récolte, avant ou après les révolutions. Ou parfois les petites coupures ibériques, en cas de pronunciamiento trop prononcé. Partout ailleurs, c’était le beau fixe, le ciel bleu inaltérable de nos billets de banque sous lequel les allégories nues de Luc-Olivier Merson prenaient des bains au soleil du louis d’or.

A l’intérieur du pays de France, les pièces étrangères belges, italiennes, etc., voyageaient jusque sur l’impériale des omnibus et si l’union latine est un mot, c’était, il faut l’avouer, un bien joli mot de passe. Presque partout, à l’est, nous n’avions que de la famille, et les francs circulaient en « franchise ».

Au lendemain de la guerre, les pays se sont réveillés avec la fièvre et l’infirmière est entrée dans leur chambre de malade, le thermomètre à la main. L’infirmière était une nurse anglo-saxonne et sa feuille de température s’appelait la cote des changes.

Du jour où ce papier fatal a été épinglé à l’entrée de l’hôpital européen, il n’y a plus eu pour nous de repos ; il n’y a plus eu non plus deux politiques, comme on nous l’enseignait à l’école, la politique intérieure et la politique extérieure ; il n’y en a plus qu’une, dominée par l’économique.

Au-dessus de ce terrain où les adversaires se renvoient à tour de bras les cours des matières premières et les prix des produits manufacturés, 20s’élève un haut siège d’arbitre qui domine tout le paysage, les frontières, les opinions et les partis : c’est la boutique du changeur.

Le changeur a tout changé : de l’arrondissementier il a fait un diplomate ; quand les Joffre et les Hindenburg de province ont dû quitter, faute d’auditeurs, le café du Commerce, il les a remplacés par des Talleyrand et des Rothschild du bureau de tabac. A la dernière page des quotidiens, à côté du prix du hareng en gros, il a installé sa petite fenêtre, si j’ose dire, son judas : Cours des changes dans le monde. Ainsi la dernière page des journaux est devenue, sans qu’on y prenne garde, la première. En vain ai-je demandé, quand j’ai eu voix au chapitre, que nous marchions avec notre temps et qu’à l’instar de la presse britannique le lecteur d’un journal français commence sa journée par la tonique contemplation des faits et non par l’irritante lecture des idées, je n’ai jamais eu gain de cause.

En un mot, chaque matin l’électeur français prépare sa journée politique, mais chaque soir, en clôture de Wall Street, l’observateur mondial émet à son tour, sur cette journée-là, son propre avis implacable. New-York, après avoir consulté Londres d’un coup d’œil, sort son thermomètre et déclare par ondes que tel pays est bien portant et que tel autre devra garder le lit.

Les intéressés approuvent, désapprouvent, acceptent la leçon ou s’indignent ; parfois ils ferment la Bourse par dépit et le change se fait alors dans des cafés clandestins ; là il tombe aux mains de pirates de peau si foncée qu’on nomme cela la Bourse noire ; les pays totalitaires vont jusqu’à 21casser le thermomètre, en trépignant. La première fois que j’ai été témoin de cette fureur infantile, c’était à Constantinople (Ankara n’était pas née) ; à la porte des banques, deux gendarmes coiffés d’astrakan menaçaient de prison le commis grec chaque fois que celui-ci se préparait à afficher le cours de la monnaie ottomane : cela a changé la vie des banquiers pérotes qui ont fini par partir pour Londres, mais non la vie de la livre turque.

Le cours des changes, c’est le bulletin de vote de l’étranger.

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LA SOURICIÈRE

– Je pars, me dit mon ami, avec une mine grave.

– Vous partez ? Et quoi de neuf là-dedans ! Tous les ans, à pareille époque, ne vous envolez-vous pas à la recherche du printemps ? Après avoir aspiré l’oxygène bernois pour purger vos poumons de nos fumées délétères, ne descendez-vous pas vers le soleil, le Haut Nil, le désert d’Égypte, nous laissant dans nos déserts de brumes ?

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