L'Île des chasseurs d'oiseaux

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L'inspecteur Fin McLeod, meurtri par la disparition de son fils unique, est de retour sur son île natale, en Écosse. Chaque année, une douzaine d'hommes partent en expédition à plusieurs heures de navigation pour tuer des oiseaux nicheurs. Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May nous plonge au cœur de l'histoire personnelle de son enquêteur Fin McLeod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes... l'auteur tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page.
Publié le : lundi 17 octobre 2011
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EAN13 : 9782812603297
Nombre de pages : 373
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PRIX CÉZAM DES LECTEURS 2011
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas revenu depuis dixhuit ans. Un cadavre exécuté selon le mêmemodus operandi vient d’y être découvert. Cependant, dès l’autopsie effectuée par le médecin légiste, Fin ne croit plus à un lien entre les deux affaires. Sur cette île tempêtueuse du nord de l’Écosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin retrouve les acteurs de son enfance, à commencer par Ange, chef tyrannique de la bande dont il faisait partie. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair. Ce même Artair dont le père a perdu la vie en sauvant celle de Fin lors de l’expédition qui, chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Que s’estil passé il y a dixhuit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd’hui ? Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May nous plonge au coeur de l’histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes : l’auteur tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.
PETER MAY
Écrivain écossais, Peter May habite depuis une dizaine d’années dans le Lot. Il a d’abord été journaliste avant de devenir l’un des plus brillants et prolifiques scénaristes de la télévision écossaise. Il y a quelques années, Peter May a décidé de quitter le monde de la télévision pour se consacrer à l’écriture de ses romans. Au Rouergue, six d’entre eux ont déjà été traduits, dans sa série chinoise.
DU MÊME AUTEUR, CHEZ LE MÊME ÉDITEUR
Meurtres à Pékin(2005) Le Quatrième sacrifice(2006) Les Disparues de Shanghaï(2006) Cadavres chinois à Houston(2007) Jeux mortels à Pékin(2007) L’Éventreur de Pékin(2008)
Photographie de couverture : © Jon Arnold Images Ltd/Alamy
Titre original :The Blackhouse © 2009, Rouergue ISBN 978-2-8126-0330-3 www.lerouergue.com
Peter May
L’Île des ch asseurs d’oiseaux
rom an
Traduit de l’an glais par J ean -Ren é Dastugue
Voici la terre du bon heur p erdu, Je la v ois dan s toute sa sim p licité, Les routes heureuses où j’allais Et où je n e p eux rev en ir.
Extr ait dedes collin Souv en ir es bleues par A. E. H ousm an
Tri rudan a thig gun iarraidh: an t-eagal, an t-eud ach ‘s an gaol. (Tr ois ch oses qui ar r iven t san s qu’on dem an de : la peur , l’am our et la jalousie)
Pr over be gaélique
Pour Steph en , avec qui j’ai voyagé sur ces r outes h eur euses.
P ro lo gu e
Ce son t des en fan ts. Seize an s. Échauffés p ar l’alcool et excités p ar l’ap p roche du sabbat, ils s’en fon cen t dan s l’ob scurité. Con trairem en t à d’habitude, la brise est légère et, pour un e fois, tiède, com m e un souffl e sur la peau, doux et attiran t. Dan s le ciel d’août, un e fin e brum e m asque les étoiles m ais la lun e, aux trois quarts plein e, parv ien t tout de m êm e à projeter sa lum ière fan to-m atique sur le sable laissé hum ide par la m arée descen dan te. Av ec douceur, la m er v a et v ien t sur la plage. L’écum e p hosphorescen te libère des bulles argen tées qui resten t accrochées au sable doré. Ils dév alen t la route qui descen d du v illage. Le san g leur bat les tem -pes av ec force, com m e des v agues s’écrasan t au pied d’un e falaise. À leur gauche, dan s le p ort m in uscule, la houle fait éclater en m orceaux le refl et de la lun e. Ils p erçoiv en t les g ém issem en ts des p etits bateaux tiran t sur leurs am arres. Leurs coqu es s’en trecho-quen t et se bousculen t dan s le n oir, com m e des en fa n ts jouan t des coudes p our se faire de la p lace. Tout en ten an t sa m ain dan s la sien n e, Uilleam sen t son ap p ré-hen sion . Il a goûté la douceur de l’alcool m êlée à son souffl e et l’urgen ce de son baiser. Il sait que ce soir elle s era à lui. M ais le tem p s p resse. Le sabbat est p roche. Trop p roche. Il regarde sa m on tre à la dérobée av an t qu’ils n e laissen t der rière eux les lum ières de la rue. À p ein e un e dem i-heure. Ceit resp ire fort. Effray ée, n on p as p ar le sexe, m ais p ar son p ère qu’elle s’im agin e, assis à côté du feu, en tra in de regarder
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m ourir les braises du foy er qui, com m e à l’accoutum ée, s’étein -dron t v ers m in uit, av an t que n e débute le jour de r ep os. Elle p eut p resque ressen tir son im p atien ce qui se tran sform e p eu à p eu en colère tan dis que l’heure tourn e et qu’elle n ’est t oujours p as ren -trée. Sur cette île dév ote, rien n e chan ge. Ses p en sées se bousculen t, lutten t p our se faire un e p lace au m ilieu du désir qui s’est im m iscé dan s sa tête et d e l’alcool qui ém ousse sa résistan ce. Il y a à p ein e quelques heur es, ce sam edi soir sem blait p ouv oir durer étern ellem en t. M ais le tem p s p asse si v ite lorsqu’on en a p eu. Et là, ils n ’en on t p lus. La p an ique et la p assion m on ten t à l’un isson dan s s a p oitrin e tan dis qu’ils se glissen t, p rès de l’eau, à l’om bre d’un v ieux cha-lutier p resque couché sur les galets. À trav ers la p artie du han -gar à bateaux en cim en t située à l’air libre, ils v oien t la p lage en con trebas qu’en cadren t des fen êtres san s carreau x. La m er sem ble éclairée de l’in térieur, p resque lum in euse. Uilleam lâche sa m ain et fait glisser la p orte en bois, juste ass ez p our qu’ils p uis-sen t p asser. Il p ousse Ceit à l’in térieur. Le local est som bre. Un e forte odeur de gasoil, d’eau salée et d’algues em p lit l’air, com m e le p arfum aigre du sexe adolescen t, bâclé. L’om bre d’un bateau p osé sur sa rem orque se découp e au-dessus d’eux, deux p etites fen êtres rectan gulaires sem blen t surv eiller la côte. Il la p laque con tre le m ur et aussitôt elle sen t sa bouche sur la sien n e, sa lan gue qui force le p assage en tre ses lèv res et ses m ain s qui lui saisissen t les sein s. Cela lui fait m al et elle le rep ousse. « Pas com m e un e brute. » Le bruit de sa resp iration reten tit dan s l’obscurité. « On n ’a p as le tem p s. » Elle sen t la ten sion dan s sa v oix. Un e ten sion m asculin e, faite à la fois de désir et d’an xiété. C’est alors qu’elle com m en ce à regretter. Est-ce qu’elle v eut v raim en t que sa p rem ière fois ressem ble à ça ? Quelques in stan ts glauques dan s un han gar à bateaux délabré ? « N on . » Elle le p ousse sur le côté et s’éloign e v ers la fen être p our y trouv er un p eu d’air. S’ils se dép êchen t, ils p euv en t en core être de retour av an t m in uit.
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Elle p erçoit alors un e p résen ce, m olle, froide et lourde et, au m êm e in stan t, elle v oit un e form e n oire ém erger de l’obscurité. Elle laisse échap p er un cri. «de Dieu, CeitN om d’elle. De la frustra-s’ap p roche ! » Uilleam tion se m êle m ain ten an t à son désir et à son an gois se. Soudain , ses p ieds se déroben t com m e s’il v en ait de m archer sur de la glace. Il tom be et son coude en caisse tout le choc. La douleur lui tran sp erce le bras. « M erde ! » Le sol est couv ert de gasoil. Il sen t l’arrière de son p an talon s’en im p régn er p etit à p etit. Il en a sur les m ain s. San s réfl échir, il fouille ses p oches à la recherche de son briquet. Ce n ’est que lorsqu’il fait tourn er la m olette av ec son p ouce et que la fl am m e ap p araît qu’il réalise le risque de se tran s-form er en torche v iv an te. M ais il est trop tard. La lum ière jaillit soudain em en t dan s le n oir. Il se p rotège av ec ses b ras. M ais les v ap eurs de gasoil n e s’en fl am m en t p as. R ien n e s’em brase. La lueur de la fl am m e rév èle alors un sp ectacle si ign oble que son esp rit a du m al à saisir. L’hom m e est pen du par le cou aux poutres de la char pen te, un e corde effi lochée en plastique lui fait pen cher la tête d’un e étran ge m an ière. C’est un hom m e de gran de taille, com plètem en t n u, la chair bleuâtre de sa poitrin e et de ses fesses pen d en plis, com m e un costum e deux fois trop gran d. Des boucles lisses et brillan -tes s’échappen t d’un e en taille qui trav erse son v en tre d’un côté à l’autre et resten t suspen dues en tre ses jam bes. Son om bre, pro-jetée sur les m urs graffi tés et décrépis, dan se au ry thm e de la fl am m e com m e si des fan tôm es fêtaien t l’arriv ée d’un n ouv eau v en u. Derrière le corps, Uilleam aperçoit le v isage de Ceit. Pâle, les y eux cern és, pétrifi é par l’horreur. Pen dan t quelques in stan ts, il se persuade que la fl aque de gasoil autour de lui est du carbu-ran t agricole, tein t en rouge par l’accise pour sig n ifi er qu’il est libre de taxes. M ais il fi n it par se ren dre com pte que c’est en fait du san g, épais, poisseux et qui, déjà, sèche et brun it sur ses m ain s.
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