Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 2,50 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

L'Illusion du possible - Inattendu mais pas inespéré

De
206 pages


Stéphane Dernauts nourrit une passion dévorante pour l’écriture.
Avec elle, il se sent plus grand et plus fort pour tout affronter, tel
un guerrier bien armé qui ferait face à tous les dangers. D’observations
en réflexions, les convictions de cet idéaliste naissent et
renaissent sans cesse toujours plus grandes, toujours plus fortes
elles aussi. Et si notre monde était une personne, quel regard
porterions-nous sur elle ? Ne lui dirions-nous pas de se ressaisir
avant que n’arrive le pire ? Et si cette personne était nous…


L’Illusion du possible est une méditation enflammée sur notre
époque, sur l’existence, sur les hasards. C’est aussi une aventure
humaine à la fois légère et sérieuse qui s’articule autour de trois
rencontres qui marqueront de leur empreinte un projet fou.
Inattendu mais pas inespéré. Stéphane sait tout d’elle. Sauf
l’essentiel. De courriels en appels, l’envie de se voir fait
son chemin. Premier hasard, première ren contre. Et Audrey
se dessine…


Ses professeurs le voyaient suivre des études littéraires. Lui pas. Fasciné
par les nouvelles technologies, Thierry Mallamaci s’oriente alors
avec succès vers les métiers de l’informatique qu’il exerce encore
aujourd’hui. Autres envies, autres temps, ce citoyen du monde souhaite
à présent renouer avec ses élans d’antan en exprimant à sa façon son
amour des mots, des idées et des gens, dans un premier roman très
personnel qu’il voudrait universel. Désir effronté, utopie débridée ?
À vous de juger…

Voir plus Voir moins
1 Comme notre histoire est tendrement ridicule. Un mot, un point de vue et voilà que l’on se met à y croire. Un silence, une inquiétude et déjà le doute s’installe. Sans nouvelles de toi depuis hier soir, je ne sais plus où j’en suis. Ce matin, je t’ai envoyé un mail pour te dire combien notre dernière conversation me tourmentait mais tu n’as pas réagi. Le bruit sourd de ce que je n’entends pas me fait peur. J’aimerais tant que tu me rassures. Ces mots, je me les écris comme pour te parler. Une feuille blanche, l’envie de me confier et je te dis tout, sur le papier… Je pense à toi et à Justine. Je ne fais que ça, penser. Mais c’est très égoïstement aussi que je médite sur autre chose. Et tu sais quoi ? Eh bien, je m’en veux. Oui, je m’en veux de m’être à nouveau laissé piéger par ce monde absurde qui n’est pas le mien, cette construction mentale où tout semble si facile alors que rien n’y est vraiment possible. Parfaitement à l’aise dans ce vide sidérant, notre imagination peut à loisir embellir ce qu’elle ignore et en-visager ce qu’elle désire. Que ça l’arrange ou que ça lui
13
fasse plaisir, avec elle, c’est toujours le même idéal qui ressemble à un portrait-robot sans défaut, les mêmes voix qui encensent le meilleur et surtout pas le pire. Ces artifices en trompe-l’œil, ces miroirs aux alouettes, ces promesses aux allures de certitudes, il faudrait les empêcher de nuire car il y a danger à se laisser séduire. Tu veux que je te dise, chaque rencontre me déçoit. Réellement trop ceci. Réellement trop cela. Jamais réelle-ment comme je l’imagine. Même la réalité me laisse un goût amer quand elle rejoint la fiction seulement pour ce qu’elle a de plus flatteur. La beauté qui se voit ne montre pas tout. Rien ne dit que ce qu’elle cache n’est pas plus laid ou plus beau encore. Pour me plaire, il faut autre chose de plus subtil qu’une simple façade qui flatte mon ego. Alors les faux-semblants, oui, mais pour combien de temps et surtout pour quoi faire ? Qu’il faut être naïf tout de même pour courir après l’ombre d’un mirage. Internet crée des leurres qui dé-passent nos espérances. Impossible de les suivre très longtemps car ils vont trop vite et meurent trop tôt. D’où les espoirs déçus ou en demi-teinte. La science ne labellise pas tout et ce n’est pas parce qu’une relation est estam-pillée « haute technologie » qu’elle est humainement acceptable. La vérité, c’est que les amours virtuelles se racontent des histoires qui demandent confirmation. Et oui, on parle de sentiments. Mais lesquels ? Et sur quelle base ? Et pour quelles sensations ? C’est oublier un peu
14
vite qu’un être tout entier ne rentre pas dans un câble et que les émotions par procuration ne touchent pas grand monde ou alors pas au bon endroit. Une personne, c’est une atmosphère, une ambiance. C’est aussi une présence que l’on capte, que l’on ressent, dès les premiers regards, dès les premiers instants. Rien à voir avec le binôme glacial de l’écran-clavier qui n’excite que la partie la plus imagi-native de nous-mêmes au moment où l’on est le plus vulnérable. Avant de connaître l’autre vraiment, on l’idéalise toujours beaucoup trop. Même dans la vraie vie. Une voix, une atti-tude, un physique, ensemble ou séparément, tout est bon pour y voir le meilleur présage. Ah la belle illusion quand tout s’effondre parce que le rêve était trop beau ! Dans une relation virtuelle, c’est la même chose mais en pire. Sim-plement parce que tout se passe uniquement dans la tête et à des années-lumière des vraies réalités. C’est que le retour sur terre sans parachute peut faire très mal si on est allé trop vite et trop haut au moment du décollage ! Et ce n’est pas parce que l’on s’attache par la pensée à quel-qu’un que l’affaire est entendue. Un joli cliché, un discours qui plaît, une voix pleine de sensualité peuvent encourager mais pas rassurer. La belle et le beau peuvent bien briser la glace et se retrouver au grand jour face à face, rien ne dit que ça va coller. Au contraire, la formalité annoncée de-vient rapidement une situation embarrassante dans laquelle personne ne sait plus quel rôle jouer. Après s’être tout dit pour de faux, voilà que pour de vrai on ne sait plus quoi se
15
raconter. Pas facile à assumer quand une vie antérieure de chatteurs a laissé croire que l’on était déjà fait l’un pour l’autre… Tu vois, on a beau dire mais le subtil algorithme qui dé-clenche à coup sûr la belle histoire ne se programme tou-jours pas sur ordinateur. Personnellement, ça m’arrange. Tout le monde peut être ainsi naturellement touché par la grâce sans être connecté. Ça prouve aussi que l’alchimie humaine est bien trop complexe pour qu’un jour la science la rationalise. Mais je m’avance peut-être un peu. Quoi qu’il en soit, les internautes restent aujourd’hui d’authentiques points d’interrogation majuscules qui ont intérêt à se concrétiser rapidement pour à nouveau faire connaissance et s’apprivoiser quand c’est encore possible, faute de quoi la désillusion sera brutale si elle est totale. Pas facile d’essayer de donner vie à un trop joli rêve. Généralement ça passe ou ça casse. Entre les deux, je ne sais pas. Audrey, je sais combien ces lignes seraient cruelles à lire pour toi. Je me sens coupable de ne pas te suivre dans tes chimères même si parfois j’avoue sentir un certain plaisir à y aller. L’immersion totale me fait peur. Pas envie d’y rester. Chat échaudé craint l’eau froide. Moi, je crains les profondeurs abyssales des mondes parallèles auxquels je ne crois plus. Toi, au contraire, elles t’enivrent parce que tu ne doutes de rien. J’aurais tant aimé partager avec toi cette même insouciance, ce même enthousiasme. Un jour, peut-être.
16
23 h 48. J’écris, j’écris, mais mon problème reste entier. Toujours pas de frémissement dans ma boîte à coucou et c’est bien dommage. Ah, un message. Et si c’était toi…