L'inconnu du Luxembourg

De

Dans le Paris des années 20, un jeune étudiant en médecine se rend au Jardin du Luxembourg réviser son examen. Venu chercher un peu de calme dans cet éden de verdure, il se laisse néanmoins envoûter par le concert impromptu d’un jeune violoniste et s’installe près du kiosque. Il ne tarde pas à être accosté par un individu à l’allure fort singulière. Mélomanes et amateurs passionnés, les deux hommes sympathisent et décident de se revoir la semaine suivante. Pourquoi ne pas jouer Mozart ensemble ? Rendez-vous est pris, mais lorsque le jeune homme se rend chez son hôte rue de Vaugirard, rien ne le prépare à ce qu’il va vivre. Qui est réellement le maître de céans ? Quel secret, sa famille et lui, taisent-ils ? Qu’attendent-ils de lui et pourquoi l’avoir choisi ? Autant de questions auxquelles le jeune homme tentera de trouver des réponses. Mais toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire…

Publié le : vendredi 1 janvier 2016
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EAN13 : 9791031001418
Nombre de pages : 136
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CHAPITRE 1
Gracîeuse e égère comme e souLe du prînemps, une hîron-dee endî ’aîr. Pépîan avec maîce comme pour ener d’atîrer mon atenîon, ee se mî à vîrevoer joyeusemen devan ma enêre enrouvere. Dîsraî dans mes révîsîons par ce numéro de séducîon înatendu, je m’arrachaî à mon bureau avec paîsîr. Voîà bîen deux heures que je m’éveruaîs en efe à récîer sans reâche maadîes, sympômes e raîemens comme, pus peî, ’on égrène a îse des déparemens, préecures e sous-pré-ecures de France. J’esîmaî donc pouvoîr m’ocroyer un peî momen de répî. Après ou, j’éaîs dans es emps. À raîson de huî heures par jour e ce pendan sîx jours – e éaî mon savan cacu – je devaîs êre en mesure de ratraper e emps perdu, de core mes révîsîons e de réussîr mon examen de médecîne. Je me evaî e m’appuyaî conre a rambarde de mon dérîsoîre baconne. Où éaî donc passée a bee demoîsee ? Je sîLoaî maadroîemen, sans doue suIsammen aux d’aîeurs pour qu’ee ne me cononde avec un de ses préendans, e me pen-chaî un peu, espéran oemen qu’ee revîenne e me réponde. Ee n’en i évîdemmen rîen. a bee s’éaî enuîe, metan aus-sîô in à ma rêverîe naîssane. a vîe au-dessous se réveîaî sous un cîe respendîssan. Gaurîn sur a êe e besace en bandouîère, es premîers ra-vaîeurs arpenaîen es rotoîrs andîs que rîvaîsaîen sur a
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chaussée nore bon vîeux aîîer sur son ateage de orune e es dernîères De Dîon Bouon quî n’enendaîen pas s’en aîsser comper avec eurs dîx chevaux sous e capo. Parîs se moder-nîsaî, e en ce mardî 2 juîn 1925, s’apprêaî à perdre son înno-cence une nouvee oîs pour régner en maresse înconesée sur ses idèes sujes jusqu’à a nuî ombée. Une nouvee journée commençaî. es crîs de mon pus jeune rère s’éevèren soudaîn à ’îné-rîeur e euren ô aî de me ramener à ma rîse réaîé du mo-men : mes révîsîons. es huremens usaîen en ous sens de ’aure côé de a pore. Une oîs de pus, Pîerro ne vouaî pas prendre son baîn e e aîsaî savoîr à oue a maîsonnée. J’îmagî-naîs Charote, nore gouvernane, au désespoîr devan ’însup-porabe peî garçon caprîcîeux que pouvaî devenîr mon cade de seîze ans. ï me au me rendre à ’évîdence : repasser mes e-çons îcî aaî vîe s’avérer rès compîqué. Je devaîs me metre en quêe d’un endroî où je ne seraîs pas consammen dérangé. Je vîsuaîsaî dans ma êe es dîférens îeux où je pourraîs accom-pîr ma asîdîeuse âche. Peu m’împoraî en aî, du momen que ce û hors de ces murs. Déserer, uîr : ’uîme recours. Je croîsaî aors mon rele dans e mîroîr e m’approchaî de ’înâme vîsîon. Ce n’éaî guère brîan. Ma récene hîbernaîon orcée m’avaî rendu ours. ïmpossîbe de sorîr avec une barbe pareîe. Je ne ressembaîs à rîen. Pas assez pour une bee barbe, rop peu pour ne pas manquer de parare sae. Je me précîpîaî dans a sae de baîns metre in à mon dîemme : j’enevaî ou. Ayan rerouvé un vîsage vîrgîna, je is un sau dans ma chambre pour rassember queques afaîres e sorîs dîscrèemen, aîssan der-rîère moî a maîsonnée se réveîer dans e brouhaha des asses e es crîs. Nous habîîons Pace du Panhéon « côé Sorbonne » comme se paîsaî à e précîser mon grand-père avec un brîn de sno-bîsme. Ce n’éaî pas rîen. Nous aîsîons parîe d’une amîe de noabes, c’éaî donc nore résîdence de droî. Aucun de ses membres n’avaî pouran réussî à se aîre înhumer au Panhéon. Nous n’éîons pas encore parvenus à ce sade de reconnaîssance.
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aîssan a Pace des Grands Hommes derrîère moî, e nez au ven, je dîrîgeaî mes pas sans grande orîgînaîé vers e Jardîn du uxembourg. Muser dans ce havre de verdure don je connaîs-saîs jusqu’au moîndre bosque resaî une de mes dîsracîons a-vorîes. Comme souven, je ne pouvaîs m’empêcher de penser à mon grand-père. Mon cher e bîen-aîmé grand-père ! Un monde à uî ou seu. e grand-père que ous es enans rêveraîen d’avoîr, non une de ces îmages d’Epîna quî ’auraî apparené à un genî vîeîard à a barbe leurîe. Non, un homme proondé-men bon. Rîen de pus, rîen de moîns. Je uî vouaîs un vérîabe cue. Jamaîs je ne connus homme pus doux maîs aussî pus érudî que uî – pas même mon père. C’éaî un sage, un puîs de scîence, e sa cuure me sembaî îninîe. Cependan s’appî-quaî-î à ne pas e monrer, sau peu-êre orsqu’î s’agîssaî de Parîs. ï devenaî aors înarîssabe. Juché sur ses genoux, e bou de chou hau comme roîs pommes que j’avaîs éé, avaî reîgîeusemen écoué, es yeux souven écarquîés, e bu es paroes du vîeux coneur des heures duran. De mon rône împrovîsé, mes yeux d’enan avaîen rêvé e recréé mîe oîs e sud du jardîn crouan sous a vîgne uxu-rîane au emps des Capéîens. Un peî vîgnobe sur ce vaon ! Quî ’eû cru ? Ceraînemen pas un peî îî parîsîen quî n’avaî connu aure jardîn que ’Eden de Marîe de Médîcîs.
Moî, j’avaîs eu es yeux de mon grand-père pour recréer ces mondes perdus, e c’éaî par e ruchemen de son regard que j’avaîs un après-mîdî découver supéaî que ’édîicaîon du uxembourg e que nous e connaîssîons ne s’éaî pas aîe sous es cîeux bîenveîans que ma naure généreuse s’éaî pu à e uî prêer. Nous avîons remoné ensembe e emps jusqu’au Xï sîèce, époque où Rober e Pîeux avaî vouu épouser sa chère e endre Berhe, sa cousîne au quarîème degré. Une bee hîsoîre damour quî avaî aî rémîr en son emps ous es préas de Rome ! Faîsan i des oudres ponîicaes devan cete unîon consanguîne, Rober e Berhe séaîen marîés, provoquan ’îre du pape Grégoîre V. Aînsî baoué, ce dernîer es avaî excom-
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munîés e avaî jeé ’înerdî sur e royaume sans pus atendre. Sî ’amour avaî rîomphé, e cîe s’éaî brusquemen assombrî sur Parîs. Aspîran pour ’heure à une vîe pus paîsîbe, oîn des amenaîons de ses proches, des afres e des cancans d’une cour omnîprésene, e après mou recherches pour vîvre eur amour, e souveraîn avaî jeé son dévou sur e Va Ver e sy éaî aî consruîre un déîcîeux peî pavîon quî devaî passer à a pos-érîé sous e nom de Châeau Vauver. Maheureusemen, son nouveau proprîéaîre n’avaî pu en goûer es paîsîrs à oîsîr, Dîeu e rappean prompemen à ses côés. e Châeau voué à ’abandon, e bruî n’avaî pas ardé à courîr que e dîabe y avaî éu domîcîe. ï n’en avaî pas au pus pour aîre déserer es dernîers curîeux. Un îeu maéique, pensez-vous, quî auraî encore osé s’y avenurer ? e emps avaî aî naureemen son œuvre sur a bâîsse de ’excommunîé. Tomban en ruînes, cee-cî s’éaî méamorphosée en vraîe cour des mîraces. J’avaîs sans peîne îmagîné ce nouveau repaîre de brîgands e de mendîans de haîons vêus… e ce quand mon grand-père n’en avaî pas proié pour convoquer sorcîères e aures créaures maéiques au abeau ! J’avaîs enendu aors eurs crîs besîaux résonner dans mes oreîes, eurs huremens pourendre e sîence de a nuî e errorîser a poîgnée d’habî-ans avoîsînans don j’îmagînaîs sans peîne es vîsages déi-gurés par a peur. J’en avaîs souven même rembé à mon our. Voîà donc e genre d’hîsoîres que m’avaî raconées mon cher aeu. ’îgnorance es e léau de ’humanîé, me répéaî-î à ’en-vî. Dîs-oî que sî ces gens avaîen eu un mînîmum de jugeoe e d’esprî crîîque, îs n’auraîen jamaîs poré crédî à ce genre de baîvernes. Aer au dîabe Vauver ! Comme sî e dîabe n’avaî rîen de mîeux à aîre que de s’însaer au beau mîîeu d’un verger pour semer a panîque auour de uî. Rîdîcue… En atendan, na e crédue à souhaî, j’avaîs éé bon pubîc. Je n’avaîs pas marché, maîs couru. Ma mère n’avaî guère vu d’un bon œî que ’on me raconâ par e menu es heures sombres e gauques de Parîs. Ayan ceraînemen craîn pour a sérénîé de mes nuîs, ee avaî însîsé pour que ’înarîssabe coneur
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changeâ de suje. Mon grand-père avaî rendu à regre es armes devan sa bru e s’éaî résou à atendre que jeusse ateîn un âge pus « avancé », c’es-à-dîre ceuî auque je ne seraî pus suscep-îbe de mouîer mes draps à a moîndre rayeur nocurne. Quand j’eus ateîn mes onze ans, mon grand-père décîda qu’î éaî emps de roquer es haîons conre es robes de bure e se décîda à me raconer a suîe de ’hîsoîre : a ameuse « ruse des moînes ». Ne jamaîs aîre coniance à une souane, ison ! Des bonîmeneurs, ces hommes d’égîse ! Combîen de oîs devaîs-je ’enendre ? Je ’îgnore, maîs ’îdée i sî bîen son chemîn dans mon esprî que je me reuseraî pus ard à aîre ma communîon au grand dam de ma chère e endre mère. Quoî qu’î en soî, pour en revenîr à a grande Hîsoîre, es pères charreux quî résîdaîen à Genîy euren ven – on ne saî pas rop commen – des ragos quî enouraîen Vauver. Sour-noîs e maîns comme îs ’éaîen, îs n’avaîen pas ardé à voîr ’avanage qu’îs pouvaîen îrer de ces hîsoîres de maédîcîons. S’emparer des îeux éaî devenu eur bu uîme. Rusés comme des renards, îs manîpuèren an e sî bîen es esprîs des gens du coîn qu’îs însaurèren une peur sans précéden. Une égîon d’esprîs dîaboîques peupa aînsî e châeau à eur commande-men, inîssan de semer a erreur. On enendî même, para-î, des pores caquer dans a vîeîe demeure. Saîn ouîs, pîeux s’î en es, ne i guère preuve de émérîé en cete occasîon. Cré-due, î consenî à céder Vauver aux charreux sî ceux-cî par-venaîen à exorcîser avec succès e îeu. ïnuîe de dîre que es moînes menèren rondemen ’afaîre : îs învesîren es îeux e 21 novembre 1258 e s’y enermèren roîs jours duran. Dîeu seu saî s’îs prîèren ou non, (après ou, n’avaîen-îs pas eu beaucoup de péchés sur a conscîence à se aîre pardonner ?) ou s’îs atendîren paîemmen e roîsîème jour, maîs eur peî numéro eu ’efe désîré : ous es esprîs maîns dîsparuren comme par enchanemen. Devenus du jour au endemaîn es heureux proprîéaîres de Vauver, îs enamèren une vague de grands ravaux : une égîse, deux cores, aînsî que de muîpes dépendances. À a veîe de a Révouîon, nos charmans e însî-
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gnîians peîs moînes d’aors éaîen devenus pus opuens que Crésus e possédaîen un des pus rîches couvens de a capîae ! ïs s’éaîen même doés d’un mouîn à ven, de vergers, de pépî-nîères, de jardîns e bîen sûr d’un vîgnobe pour e vîn de messe bîen enendu. ïs avaîen bîen œuvré ces peîs proieurs en robe de bure ! e uxembourg u oujours un obje de caprîces e de convoîîses. ’ïaîenne i pus ard une enrée en scène des pus remarquées. asse des mondanîés de a cour aors însaée au ouvre, e un rîen nosagîque, Marîe de Médîcîs îmagîna re-créer à Vauver un paaîs de sye lorenîn e des jardîns înspîrés de ceux de Boboî. Acquérîr e erraîn ne u pas une sînécure. Oure es charreux, ee du baaîer sans reâche avec e duc Françoîs de uxembourg quî devaî inaemen aîsser son nom à ’acue jardîn. a ute u âpre e ongue, maîs Marîe în bon e réaîsa son rêve, aîssan e jardîn aux bons soîns de Beyceau de a Bareauderîe. N’oubîons pas que « ce que emme veu, Dîeu e veu ». Pouran, ous ses efors uren réduîs en poussîère par es ravaux d’Haussmann. Heureusemen pour ee, ee ne u pas à pour voîr ’éendue des dégâs qu’aaî provoquer e grand archîece. e jardîn u raboé, perdî sa pépînîère e son jardîn boanîque. Ampué de ses atrîbus, î ne perdî pouran jamaîs son âme. es saues de Chagrîn veîaîen. Mon grand-père se paîsaî à répéer à quî vouaî ’enendre que e uxembourg éaî une afaîre de emmes e que rîen ne uî arrîveraî pus an qu’ees seraîen à. ï avaî une vîsîon rès romanesque du îeu, oubîan déîbérémen que e uxembourg avaî aussî aî oIce de prîson pendan es heures sombres de a Révouîon. Maîs peu-êre avaî-î raîson ? Mîeux vaaî conser-ver de ceuî-cî son îmage îdyîque.
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