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CHAPITRE 1
Gracîeuse e égère comme e souLe du prînemps, une hîron-dee endî ’aîr. Pépîan avec maîce comme pour ener d’atîrer mon atenîon, ee se mî à vîrevoer joyeusemen devan ma enêre enrouvere. Dîsraî dans mes révîsîons par ce numéro de séducîon înatendu, je m’arrachaî à mon bureau avec paîsîr. Voîà bîen deux heures que je m’éveruaîs en efe à récîer sans reâche maadîes, sympômes e raîemens comme, pus peî, ’on égrène a îse des déparemens, préecures e sous-pré-ecures de France. J’esîmaî donc pouvoîr m’ocroyer un peî momen de répî. Après ou, j’éaîs dans es emps. À raîson de huî heures par jour e ce pendan sîx jours – e éaî mon savan cacu – je devaîs êre en mesure de ratraper e emps perdu, de core mes révîsîons e de réussîr mon examen de médecîne. Je me evaî e m’appuyaî conre a rambarde de mon dérîsoîre baconne. Où éaî donc passée a bee demoîsee ? Je sîLoaî maadroîemen, sans doue suIsammen aux d’aîeurs pour qu’ee ne me cononde avec un de ses préendans, e me pen-chaî un peu, espéran oemen qu’ee revîenne e me réponde. Ee n’en i évîdemmen rîen. a bee s’éaî enuîe, metan aus-sîô in à ma rêverîe naîssane. a vîe au-dessous se réveîaî sous un cîe respendîssan. Gaurîn sur a êe e besace en bandouîère, es premîers ra-vaîeurs arpenaîen es rotoîrs andîs que rîvaîsaîen sur a
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chaussée nore bon vîeux aîîer sur son ateage de orune e es dernîères De Dîon Bouon quî n’enendaîen pas s’en aîsser comper avec eurs dîx chevaux sous e capo. Parîs se moder-nîsaî, e en ce mardî 2 juîn 1925, s’apprêaî à perdre son înno-cence une nouvee oîs pour régner en maresse înconesée sur ses idèes sujes jusqu’à a nuî ombée. Une nouvee journée commençaî. es crîs de mon pus jeune rère s’éevèren soudaîn à ’îné-rîeur e euren ô aî de me ramener à ma rîse réaîé du mo-men : mes révîsîons. es huremens usaîen en ous sens de ’aure côé de a pore. Une oîs de pus, Pîerro ne vouaî pas prendre son baîn e e aîsaî savoîr à oue a maîsonnée. J’îmagî-naîs Charote, nore gouvernane, au désespoîr devan ’însup-porabe peî garçon caprîcîeux que pouvaî devenîr mon cade de seîze ans. ï me au me rendre à ’évîdence : repasser mes e-çons îcî aaî vîe s’avérer rès compîqué. Je devaîs me metre en quêe d’un endroî où je ne seraîs pas consammen dérangé. Je vîsuaîsaî dans ma êe es dîférens îeux où je pourraîs accom-pîr ma asîdîeuse âche. Peu m’împoraî en aî, du momen que ce û hors de ces murs. Déserer, uîr : ’uîme recours. Je croîsaî aors mon rele dans e mîroîr e m’approchaî de ’înâme vîsîon. Ce n’éaî guère brîan. Ma récene hîbernaîon orcée m’avaî rendu ours. ïmpossîbe de sorîr avec une barbe pareîe. Je ne ressembaîs à rîen. Pas assez pour une bee barbe, rop peu pour ne pas manquer de parare sae. Je me précîpîaî dans a sae de baîns metre in à mon dîemme : j’enevaî ou. Ayan rerouvé un vîsage vîrgîna, je is un sau dans ma chambre pour rassember queques afaîres e sorîs dîscrèemen, aîssan der-rîère moî a maîsonnée se réveîer dans e brouhaha des asses e es crîs. Nous habîîons Pace du Panhéon « côé Sorbonne » comme se paîsaî à e précîser mon grand-père avec un brîn de sno-bîsme. Ce n’éaî pas rîen. Nous aîsîons parîe d’une amîe de noabes, c’éaî donc nore résîdence de droî. Aucun de ses membres n’avaî pouran réussî à se aîre înhumer au Panhéon. Nous n’éîons pas encore parvenus à ce sade de reconnaîssance.
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aîssan a Pace des Grands Hommes derrîère moî, e nez au ven, je dîrîgeaî mes pas sans grande orîgînaîé vers e Jardîn du uxembourg. Muser dans ce havre de verdure don je connaîs-saîs jusqu’au moîndre bosque resaî une de mes dîsracîons a-vorîes. Comme souven, je ne pouvaîs m’empêcher de penser à mon grand-père. Mon cher e bîen-aîmé grand-père ! Un monde à uî ou seu. e grand-père que ous es enans rêveraîen d’avoîr, non une de ces îmages d’Epîna quî ’auraî apparené à un genî vîeîard à a barbe leurîe. Non, un homme proondé-men bon. Rîen de pus, rîen de moîns. Je uî vouaîs un vérîabe cue. Jamaîs je ne connus homme pus doux maîs aussî pus érudî que uî – pas même mon père. C’éaî un sage, un puîs de scîence, e sa cuure me sembaî îninîe. Cependan s’appî-quaî-î à ne pas e monrer, sau peu-êre orsqu’î s’agîssaî de Parîs. ï devenaî aors înarîssabe. Juché sur ses genoux, e bou de chou hau comme roîs pommes que j’avaîs éé, avaî reîgîeusemen écoué, es yeux souven écarquîés, e bu es paroes du vîeux coneur des heures duran. De mon rône împrovîsé, mes yeux d’enan avaîen rêvé e recréé mîe oîs e sud du jardîn crouan sous a vîgne uxu-rîane au emps des Capéîens. Un peî vîgnobe sur ce vaon ! Quî ’eû cru ? Ceraînemen pas un peî îî parîsîen quî n’avaî connu aure jardîn que ’Eden de Marîe de Médîcîs.
Moî, j’avaîs eu es yeux de mon grand-père pour recréer ces mondes perdus, e c’éaî par e ruchemen de son regard que j’avaîs un après-mîdî découver supéaî que ’édîicaîon du uxembourg e que nous e connaîssîons ne s’éaî pas aîe sous es cîeux bîenveîans que ma naure généreuse s’éaî pu à e uî prêer. Nous avîons remoné ensembe e emps jusqu’au Xï sîèce, époque où Rober e Pîeux avaî vouu épouser sa chère e endre Berhe, sa cousîne au quarîème degré. Une bee hîsoîre damour quî avaî aî rémîr en son emps ous es préas de Rome ! Faîsan i des oudres ponîicaes devan cete unîon consanguîne, Rober e Berhe séaîen marîés, provoquan ’îre du pape Grégoîre V. Aînsî baoué, ce dernîer es avaî excom-
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munîés e avaî jeé ’înerdî sur e royaume sans pus atendre. Sî ’amour avaî rîomphé, e cîe s’éaî brusquemen assombrî sur Parîs. Aspîran pour ’heure à une vîe pus paîsîbe, oîn des amenaîons de ses proches, des afres e des cancans d’une cour omnîprésene, e après mou recherches pour vîvre eur amour, e souveraîn avaî jeé son dévou sur e Va Ver e sy éaî aî consruîre un déîcîeux peî pavîon quî devaî passer à a pos-érîé sous e nom de Châeau Vauver. Maheureusemen, son nouveau proprîéaîre n’avaî pu en goûer es paîsîrs à oîsîr, Dîeu e rappean prompemen à ses côés. e Châeau voué à ’abandon, e bruî n’avaî pas ardé à courîr que e dîabe y avaî éu domîcîe. ï n’en avaî pas au pus pour aîre déserer es dernîers curîeux. Un îeu maéique, pensez-vous, quî auraî encore osé s’y avenurer ? e emps avaî aî naureemen son œuvre sur a bâîsse de ’excommunîé. Tomban en ruînes, cee-cî s’éaî méamorphosée en vraîe cour des mîraces. J’avaîs sans peîne îmagîné ce nouveau repaîre de brîgands e de mendîans de haîons vêus… e ce quand mon grand-père n’en avaî pas proié pour convoquer sorcîères e aures créaures maéiques au abeau ! J’avaîs enendu aors eurs crîs besîaux résonner dans mes oreîes, eurs huremens pourendre e sîence de a nuî e errorîser a poîgnée d’habî-ans avoîsînans don j’îmagînaîs sans peîne es vîsages déi-gurés par a peur. J’en avaîs souven même rembé à mon our. Voîà donc e genre d’hîsoîres que m’avaî raconées mon cher aeu. ’îgnorance es e léau de ’humanîé, me répéaî-î à ’en-vî. Dîs-oî que sî ces gens avaîen eu un mînîmum de jugeoe e d’esprî crîîque, îs n’auraîen jamaîs poré crédî à ce genre de baîvernes. Aer au dîabe Vauver ! Comme sî e dîabe n’avaî rîen de mîeux à aîre que de s’însaer au beau mîîeu d’un verger pour semer a panîque auour de uî. Rîdîcue… En atendan, na e crédue à souhaî, j’avaîs éé bon pubîc. Je n’avaîs pas marché, maîs couru. Ma mère n’avaî guère vu d’un bon œî que ’on me raconâ par e menu es heures sombres e gauques de Parîs. Ayan ceraînemen craîn pour a sérénîé de mes nuîs, ee avaî însîsé pour que ’înarîssabe coneur
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changeâ de suje. Mon grand-père avaî rendu à regre es armes devan sa bru e s’éaî résou à atendre que jeusse ateîn un âge pus « avancé », c’es-à-dîre ceuî auque je ne seraî pus suscep-îbe de mouîer mes draps à a moîndre rayeur nocurne. Quand j’eus ateîn mes onze ans, mon grand-père décîda qu’î éaî emps de roquer es haîons conre es robes de bure e se décîda à me raconer a suîe de ’hîsoîre : a ameuse « ruse des moînes ». Ne jamaîs aîre coniance à une souane, ison ! Des bonîmeneurs, ces hommes d’égîse ! Combîen de oîs devaîs-je ’enendre ? Je ’îgnore, maîs ’îdée i sî bîen son chemîn dans mon esprî que je me reuseraî pus ard à aîre ma communîon au grand dam de ma chère e endre mère. Quoî qu’î en soî, pour en revenîr à a grande Hîsoîre, es pères charreux quî résîdaîen à Genîy euren ven – on ne saî pas rop commen – des ragos quî enouraîen Vauver. Sour-noîs e maîns comme îs ’éaîen, îs n’avaîen pas ardé à voîr ’avanage qu’îs pouvaîen îrer de ces hîsoîres de maédîcîons. S’emparer des îeux éaî devenu eur bu uîme. Rusés comme des renards, îs manîpuèren an e sî bîen es esprîs des gens du coîn qu’îs însaurèren une peur sans précéden. Une égîon d’esprîs dîaboîques peupa aînsî e châeau à eur commande-men, inîssan de semer a erreur. On enendî même, para-î, des pores caquer dans a vîeîe demeure. Saîn ouîs, pîeux s’î en es, ne i guère preuve de émérîé en cete occasîon. Cré-due, î consenî à céder Vauver aux charreux sî ceux-cî par-venaîen à exorcîser avec succès e îeu. ïnuîe de dîre que es moînes menèren rondemen ’afaîre : îs învesîren es îeux e 21 novembre 1258 e s’y enermèren roîs jours duran. Dîeu seu saî s’îs prîèren ou non, (après ou, n’avaîen-îs pas eu beaucoup de péchés sur a conscîence à se aîre pardonner ?) ou s’îs atendîren paîemmen e roîsîème jour, maîs eur peî numéro eu ’efe désîré : ous es esprîs maîns dîsparuren comme par enchanemen. Devenus du jour au endemaîn es heureux proprîéaîres de Vauver, îs enamèren une vague de grands ravaux : une égîse, deux cores, aînsî que de muîpes dépendances. À a veîe de a Révouîon, nos charmans e însî-
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gnîians peîs moînes d’aors éaîen devenus pus opuens que Crésus e possédaîen un des pus rîches couvens de a capîae ! ïs s’éaîen même doés d’un mouîn à ven, de vergers, de pépî-nîères, de jardîns e bîen sûr d’un vîgnobe pour e vîn de messe bîen enendu. ïs avaîen bîen œuvré ces peîs proieurs en robe de bure ! e uxembourg u oujours un obje de caprîces e de convoîîses. ’ïaîenne i pus ard une enrée en scène des pus remarquées. asse des mondanîés de a cour aors însaée au ouvre, e un rîen nosagîque, Marîe de Médîcîs îmagîna re-créer à Vauver un paaîs de sye lorenîn e des jardîns înspîrés de ceux de Boboî. Acquérîr e erraîn ne u pas une sînécure. Oure es charreux, ee du baaîer sans reâche avec e duc Françoîs de uxembourg quî devaî inaemen aîsser son nom à ’acue jardîn. a ute u âpre e ongue, maîs Marîe în bon e réaîsa son rêve, aîssan e jardîn aux bons soîns de Beyceau de a Bareauderîe. N’oubîons pas que « ce que emme veu, Dîeu e veu ». Pouran, ous ses efors uren réduîs en poussîère par es ravaux d’Haussmann. Heureusemen pour ee, ee ne u pas à pour voîr ’éendue des dégâs qu’aaî provoquer e grand archîece. e jardîn u raboé, perdî sa pépînîère e son jardîn boanîque. Ampué de ses atrîbus, î ne perdî pouran jamaîs son âme. es saues de Chagrîn veîaîen. Mon grand-père se paîsaî à répéer à quî vouaî ’enendre que e uxembourg éaî une afaîre de emmes e que rîen ne uî arrîveraî pus an qu’ees seraîen à. ï avaî une vîsîon rès romanesque du îeu, oubîan déîbérémen que e uxembourg avaî aussî aî oIce de prîson pendan es heures sombres de a Révouîon. Maîs peu-êre avaî-î raîson ? Mîeux vaaî conser-ver de ceuî-cî son îmage îdyîque.
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