l'innocence d'une enfant

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Ce livre relate mon histoire avec mes sentiments mes mots. J'aimerai que les parents qui le lisent voit l'horreur que les enfants peuvent vivre avec des jeux considerés comme banals.

Publié le : mercredi 9 mars 2016
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J’ai 24 ans, je suis mariée et j’ai deux garçons. Je devrais être heureuse,
comblée, épanouie. Je m’occupe de mes enfants, de la maison et tout ce qui va
avec. Mes enfants sont encore dans l’âge de l’apprentissage des jeunes années.
Mon aîné est dans sa première saison d’écolier. Grâce au congé parental, je peux
m’occuper du dernier qui n’a guère de différence avec le premier. Ma journée
est réglée au rythme scolaire et aux vacances. J’ai une vie simple en apparence
et peuplée de complications en profondeur.

Mon mari est adorable, affectueux, gentil. C’est un homme séduisant. Il est à
peine plus grand que moi. Il est trapu avec des cheveux très courts de couleur
blond et des yeux verts. Mon époux a toujours le sourire quelle que soit la
situation présentée. C’est parfois un peu agaçant. Contrairement à moi il parle
peu. Il est plus du genre à observer et à attendre, plutôt que de partir au quart de
tour, comme moi. C’est un homme avec des principes que je respecte. Il est
droit, honnête. On pourrait croire que j’ai trouvé l’homme parfait ; il a quand
même quelques défauts. C’est un grand enfant et par-dessus tout, très
désordonné. Il est assez passif peut être trop. Je suis toujours derrière lui pour
tout et rien. Il ne gère rien dans le foyer. J’ai tellement pris les choses de la vie
en main que maintenant je suis la seule à décider dans la maison. Je n’aurai pas
du, moi, je lui aie enlevé toutes contraintes. Je suis débordée par ce que j’ai
instauré. Je voudrai lui donner une des rennes mais c’est trop tard il a pris
l’habitude que je gère du plus petit au plus gros détail.

Il travaille au sein de l'armée française. Son devoir l’oblige souvent à partir à
l’étranger. C’est quelque chose que j’apprécie. Ces départs cassent la routine.
Cela met du piment dans notre vie de couple. Avoir trouver cet homme est une
chance inespérée. Il m’a pris comme je suis. Nous, nous connaissions depuis
l’adolescence. Il connaissait parfaitement mon sale caractère, nos différences
d’opinions et nos goûts. Je devais accepter son métier, son engagement envers sa
patrie et le fait que ce dernier passerait toujours avant moi. Lui, en revanche
devait adopter mon plus gros défaut : le fait d’être comme je suis et pour rien au
monde en changer. Chacun avait accepté des concessions envers l’autre sans que
cela se répercute dans nos tempéraments. Pour ma part se fut l’arrêt de mon
activité pour élever nos enfants. Pour la sienne se fut d’accepter le fait que des
fois il était loin, et que je devais prendre des décisions sans lui.

Nous avons franchi beaucoup d’obstacles pour notre jeune âge. Peu de
personnes auraient parié pour une idylle à long terme. Après plusieurs avis
contraires, nous nous sommes mariés et nous avons fondé notre famille. Disons
plutôt que nous avons eut notre premier enfant avant notre mariage. En fait,
nous avions voulu nous marier bien avant la conception du bébé mais à l’époque
ses parents s’y étaient opposés, prétextant que nous ne nous connaissions pas
assez. Ils avaient oublié le fait que nous nous soyons connus à l’âge de la

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puberté. Moralité, nous nous sommes marié en quarante-huit heures, mais
ça c’est une autre histoire. Nos parents respectifs nous ont montré, chacun à
leurs manières, leur mécontentement à la venue de ce premier. Aux yeux de ma
mère j’étais devenue une fille indigne car je n’avais pas fini mes études et que
j’allais gâcher ma vie. Aux yeux des siens, ils avaient tant espéré que je ne
deviendrai jamais son épouse. Mais à ce moment précis, ils n’avaient pas d’autre
choix que de consentir à notre future union. Même si aujourd’hui encore, je lis
dans leurs yeux, que mon mari n’a pas épousé la bonne. Et de toutes les façons,
nous savons, mon mari est moi que la dernière roue du carrosse à épouser de la
mauvaise graine.

Nous avons encore une barrière à outrepasser. Il ne sait même pas la détresse
que j’ai en moi. Il s’aperçoit de mon amertume, de ma désolation, de mes
tourments. Quand il m’a connu j’étais une battante, une gagnante, en apparence
bien évidement. Pendant mon adolescence, j’avais l’impression que rien ne
pouvait m’arriver et peu m’importais ce que pensaient les gens. Avec les
garçons je me comportais comme une allumeuse. Je l’assumais très bien. J’en
rigole encore et je ne changerai pour rien au monde mes années de collèges et de
lycées qui étaient si superficiels. C’était des années de décompression et de
cauchemars oublier. J’avais un énorme pouvoir sur les hommes et je faisais ce
que je voulais d’eux. Je vivais selon mes envies tout en respectant les désirs de
mes parents. Un dicton que j’aimais beaucoup à l’époque, l’homme propose et la
femme dispose. Ils ne disposaient jamais de moi… Adulte, je me suis
découragée. Je suis devenue si négative, si amère. Je lis dans les yeux de mon
homme, que ma morosité lui est incompréhensible. Je n’arrive pas à lui parler.
Les gens me prennent pour une grande bavarde. Néanmoins, c’est dans mes
verbiages insoucieux que j’ai trouvé refuge. En réalité, quand j’ai une
conversation, je fais beaucoup de bruit pour rien. Les gens pensent que je me
confie. Dans le contenue de ces dialogues, il n’y a que des futilités, des
banalités. Pourtant au fond de moi, je sais qu’il me comprendrait, cependant
c’est plus fort que tout. Il fait tout pour me rendre heureuse, tout ce qu’il veut
c’est mon bien-être et celui des petits. Je devrais être satisfaite de cette vie. C’est
tout le contraire. Je suis inapaisée. Je ne mets pas la faute sur ma vie de famille,
seulement sur un secret que j’ai trop longtemps gardé.

Par où commencer... Surtout quand on a peur des conséquences ! Je l’ai refoulé
depuis si longtemps. C’est tellement humiliant, salissant et confus que
moi-même j’ai du mal à mettre mes souvenirs dans l’ordre... Je pense que j’ai
finalement trouvé le courage d’ignorer ma honte, enfin j’espère. Je sais que je
vais réouvrir des casiers de ma mémoire. J’ai mis tant de temps à les fermer.
C’est ce que je pensais. En réalité ils n’ont jamais été verrouillés. Plus la vie
passait, plus je m’apercevais que ce n’était qu’illusion de croire que l’on pouvait
oublier. Le temps qui c’est écoulé m’a rendu saoule de mon passé. Mais il a bien

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fallut que je me réveille. Plus on grandit, plus c’est vague, mais plus c’est
présent. Je pensais que j’étais en train de construire ma vie. Ce n’était qu’une
ébauche. Rien ne sera constructible tant que mes fondations ne seront pas
stables. Je suis si effrayée en écrivant. Mes plaies ne sont pas cicatrisées.
Certaines vont se développer alors que je les croyais desséchées.

Il faut que j’en parle. J’ai attendu trop longtemps. C’est un poids que je ne peux
plus porter toute seule. Mon enfance me détruit. Il faut que je parle. Je n'ai pas
envie que ma famille ait du chagrin. Pourtant ils souffrent de mon silence. Ils ne
me comprennent pas, et moi je n’arrive pas à leur dire. Comment leur expliquer
ce qui s’est passé sans que les personnes que j’aime le plus ne me jugent ?
Comment réagiront ils? Je ne supporterais pas de lire de la pitié dans leurs
yeux... Je ne peux plus reculer. J’ai décidé de le dire par l’écriture. C’est une
angoisse de plus. Si je me tais, c’est moi qui subis. Si je parle, beaucoup de
monde va me haïr. J’ai enduré trop d’humiliation. Je sais que jamais je n’aurai
été cette personne si j’avais trouvé quelqu’un pour en discuter. Je ne veux pas
que les secrets de familles passent encore par une generation. Ils bouffent la vie
familiale : les contacts sont froids, interrompus à causes de ces non dits, de ces
cachotteries. Il ne faut pas que j’aie peur du, quand dira t’on ! Le dialogue peut
prendre différents chemins. J’ai essayé de m’exprimer autrement quand j’étais
enfant. Les adultes sont restés aveugle devant mes gestes. Cette fois je suis
prête à aller jusqu’au bout. J’ai largement réfléchi à cette conséquence. Je dois
penser à moi et au foyer que nous essayons de bâtir. Le début d’une chanson de
Maxime le forestier m’a toujours tenue en haleine. Dans les paroles d’être née
quelques part, il dit : »On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille »…
Certes, je les sort de leur contexte mais je ne prends pour référence que la
première ligne de cet air. Moi, j’ai choisi ma famille et je veux la construire. Si
ceux qui étaient avant ne suivent pas ou ne comprennent pas, tant pis ! C’est
l’affection que l’on donne qui fait la parenté pas l’inverse.

Je ne voudrais pas vivre sans échanges avec mes propres enfants. J’aimerai que
nous puissions discuter de tout, sans craintes. Je m’enfonce dans un monde que
j’ai créé. J’évite les contacts. Ma froideur grandie. Je m’aperçois que je
m’éloigne de mes proches. Certaines personnes de ma famille me sont devenues
étrangères, au point de ne ressentir aucune émotion envers elles. Je suis peut-être
méchante ou égoïste mais je me trouve réaliste. C’est à peine si je peux les
supporter dans la même pièce que moi. Je trouve des excuses pour éviter les
visites. Et quand on se voit ça tourne toujours en dispute. Il faut faire attention
de ne pas blesser untel ou untel. Je ne le supporte plus. C’est dur de se sentir
différente d’autrui. Je ne dis pas que je suis la plus intelligente ou autres, bien au
contraire. Juste que mon cerveau est surchargé et que je risque à tout moment de
faire comme une cocotte minute : D’exploser ! Quand je parle aux personnes de
ma famille, j’ai comme l’impression d’être une inconnue, une incomprise. Je

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suis figée du monde dans lequel ils bougent. Je les regarde passer mais je ne
peux m’attendrir. Ces sentiments s’amplifient de jour en jour. Je dois réagir. Je
vais devenir schizophrène à force de me recroqueviller sur ma propre personne.
Comment puis -je continuer à rire devant les autres alors que j’ai envie de leur
jeter de l’eau à la figure! Il faut que je m’enfuie de cet univers irréel. Je dois
faire partie de ma vie. Je dois le raconter c’est une question de survie.

Mes parents venaient de déménager en Corse. C’était en 1980. Nous habitions
un petit village que j’adorais. J’avais la sensation d’être libre car il était entouré
de champs, pleins de majestueux oliviers. Sur les côtés, il y avait les collines
ainsi que les ruines d’un vieux couvent et de l’autre des rochers, sur lesquels
nous faisions de l’escalade. En face la mer, avec une presqu’île de couleur
rousse avec un somptueux paysage au moment ou le soleil se couchait. Et
derrière un lac se coupait grâce à son barrage. Le panorama était magnifique
avec à l’arrière plan les fameux maquis célèbres dans le monde entier. L’odeur
était enivrante à n’importe quelle saison : des mélanges de senteurs salées
entrelacées avec la châtaigne et l’olive. Les yeux fermés je reconnaîtrais cette
odeur, si spéciale, entre mille. Cette senteur qui fait que la Corse soit si belle. Je
ne l’ai jamais trouvé ailleurs. C’est un endroit magique qui vous enivre. C’est un
parfum que je n’ai jamais retrouvé. Le bruit des mouettes résonnaient dans le
vallon qui nous séparait de ce gigantesque étendu d’eau. J’y aie vécue plus de
neuf ans et je ne connais, qu’à mon grand regret, que la région de mon village.
Dans les années 80, les routes étaient trop scabreuses. Les gens lui ont fait une
sublime réputation et l’ont surnommé : l’île de beauté. Je ne puis la détailler
plus. Je crois que la plus belle des descriptions et d’aller la visiter, tant les
paysages sont divers et variés.
Les parents nous faisaient confiance. On allait où on voulait. Quand on se
baladait, on croisait toutes sortes d’animaux, d’élevage ou sauvage. Cela pouvait
aller du simple berger sur son mulet avec son troupeau. Ou d’une rencontre
avec des cochons élevés en pleine nature, les fameux cochons sauvages. Sans
parler de la multitude de chats errant qui vivaient aux alentours. Le chant des
ânes remplaçait celui des coqs du matin. Je buvais du lait de brebis, ( jusqu’à
mon empoisonnement de ce breuvage. Le ciel était d’un bleu azur. Au moment
où le soleil ressortait de son hibernation la mer était aussi chaude que l’extérieur.
Que rêver de mieux comme terrain de jeux ! Quelle liberté ! On s’inventait
toutes sortes d’aventures. Les gens savaient qui était qui ! Les parents étaient
rassurés car la bande d’enfants que nous étions, comprenait tous ceux du village.
On avait entre trois et quatorze ans. Tout ce petit monde se surveillait sans être
indiscret. En fait si, ils étaient indiscrets que pour les commérages : mentalité
villageoise oblige.

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