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www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comL’institution© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1035-8(pour le fichiernumérique)
ISBN: 2-7481-1034-X (pour le livre imprimé)Mouhamadou-TallaFall
L’institution
NOUVELLEQuandvousleurdites,suivezcequeDieuafaitdescendre
survous,ilsrétorquent: «Non! Nousconformonsaux
traditionsquenosaïeuxnousontléguées!…»
Coran: SourateLaVache,Verset170.
«Nulneserasoumisàlatortureniàdespeinesou
traitementscruels,inhumainsoudégradants».
DéclarationUniverselledesDroitsdel’Homme: Article5.
Dix sept heures, Yaye Awa comme on l’appe-
lait sortait et disposait sa batterie de commerce dans
uncoinstratégiquedececarrefourdelaMédina;un
quartier populaire deDakar grouillantetcosmopo-
lite.
En ce lieu dominé par un concert de sons,
de bruits et d’odeurs, un monde bigarré s’affairait
comme dans une termitière. A cette heure, un flot
ininterrompu d’hommes et de véhicules descendait
deshauteursducentrevile.Ilyavaitlàundéfer-
lementdefoulesquedebrusquesarrêtsretenaient
devantlesétalagesoùfaisaientchangerdedirection.
Etlacohues’engouffraitdanslesruesavoisinantesoù
ellesenoyaitcontinuellement.
Les voitures de transport urbain, appelées
cars-rapides s’arrêtaient et repartaient sous la
conduite de chauffeurs harassés et obnubilés par la
recette journalière.
Les apprentis se bousculaient et bousculaient
lespiétonsdanslescriéesconcurrentespourembar-
querle plus de clients.
Dans cette atmosphère parfois sympathique,
parfois surchauffée, il arrivait fréquemment que
piétonsetvoituressedisputassentlachaussée.
Yaye Awa vendait du « foondé » avec ou sans
lait. Elle se levait de très bonne heure pour bê-
cher le mil afin de réduire les impuretés. Au mi-
lieu de la journée, elle le pilait dans un mortier.
Ensuite, elle faisait moudre le produit à la machine
6Mouhamadou-Talla Fall
aprèsl’avoirpréalablementséchésurdeséventailsen
fibredebambou. Elleprenaittoujourssoin depla-
ceraucentredeceséventailsunmorceaudecharbon
de bois par mesure de protection contre les djinns,
conformément à la pratique ancestrale…
L’ambiance qui prévalait dans ce carrefour lui
étaittellementfamilièrequ’ellenepouvaitpluspas-
serunejournéesansyvenir. Cependant,ellesesen-
taitdeplusenplusmalàl’aisedanscemilieuqu’elle
fréquentaitdepuisunedemi-douzained’année. On
seméfiaitd’elle. Elleavaitmêmesongéàtrouverune
place ailleurs. Finalement, elle s’était dit que s’abs-
tenirdesortir,semorfondreàlamaisonouchanger
deplace,équivalaitàunaveudeculpabilité. Or,elle
n’avaitrienàsereprocher."Jesuisproprecommeun
lingeblanc!"sedisait-ellesouventpoursecalmer.
Lamaladiedesonenfantétaitindépendantede
sa volonté. Par conséquent, elle sortait quand cela
s’avéraitindispensable,évitantleslieuxoùonluidi-
sait des horreurs en la vouvoyant. Elle s’astreignait
aussidenepasrépondreauxprovocationsenmaîtri-
sant
sonirritationdevantunecertainedébauchede
méchanceté.
Là, enfaced’elle, lavieilleSodalafusillaitdu
regard ; trop contente de savoir son éternelle rivale
en difficulté.
YayeAwan’avaitcuredesmanièresdelavieille
Soda. L’étrangetéduchangementdecomportement
desonfilsoccupaittoutessespensées. Ellefermales
yeuxetpoussaunlongsoupir. "MonDieu! Ahmed
va-t-ilguérirdecettemaladiequileronge?"
Ahmedprésentaitlessymptômesd’uneétrange
maladie.
Saphysionomietraduisaituneviveagitation. Il
maigrissait à vue d’œil. Ses vêtements demeuraient
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