L'institution

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En réalité, il ne s'agit pas de faire le procès des parents. Il est plutôt question de réveiller l’homme sur ce lourd héritage qu'il subit malgré lui et qui leur fera un jour courber l'échine. Il faut le sensibiliser afin qu'il relève la tête pour se décharger et se libérer des contraintes et des carcans de ce sombre passé. Je rêvais que l’humanité s'engageât dans une révolution silencieuse pour freiner cette activité générique des parents, qui tronque notre humanité. La philosophie de cette révolution étant de ne pas rendre aux générations futures ce legs que les générations passées nous ont transmis et partant freiner cette nuit longue et épaisse de l'histoire de l'humanité. Il nous faut agir de telle sorte que le troisième millénaire marque une idée de rupture,la fin d’une hu
Publié le : jeudi 16 juin 2011
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EAN13 : 9782748110340
Nombre de pages : 73
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www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comL’institution© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1035-8(pour le fichiernumérique)
ISBN: 2-7481-1034-X (pour le livre imprimé)Mouhamadou-TallaFall
L’institution
NOUVELLEQuandvousleurdites,suivezcequeDieuafaitdescendre
survous,ilsrétorquent: «Non! Nousconformonsaux
traditionsquenosaïeuxnousontléguées!…»
Coran: SourateLaVache,Verset170.
«Nulneserasoumisàlatortureniàdespeinesou
traitementscruels,inhumainsoudégradants».
DéclarationUniverselledesDroitsdel’Homme: Article5.
Dix sept heures, Yaye Awa comme on l’appe-
lait sortait et disposait sa batterie de commerce dans
uncoinstratégiquedececarrefourdelaMédina;un
quartier populaire deDakar grouillantetcosmopo-
lite.
En ce lieu dominé par un concert de sons,
de bruits et d’odeurs, un monde bigarré s’affairait
comme dans une termitière. A cette heure, un flot
ininterrompu d’hommes et de véhicules descendait
deshauteursducentrevile.Ilyavaitlàundéfer-
lementdefoulesquedebrusquesarrêtsretenaient
devantlesétalagesoùfaisaientchangerdedirection.
Etlacohues’engouffraitdanslesruesavoisinantesoù
ellesenoyaitcontinuellement.
Les voitures de transport urbain, appelées
cars-rapides s’arrêtaient et repartaient sous la
conduite de chauffeurs harassés et obnubilés par la
recette journalière.
Les apprentis se bousculaient et bousculaient
lespiétonsdanslescriéesconcurrentespourembar-
querle plus de clients.
Dans cette atmosphère parfois sympathique,
parfois surchauffée, il arrivait fréquemment que
piétonsetvoituressedisputassentlachaussée.
Yaye Awa vendait du « foondé » avec ou sans
lait. Elle se levait de très bonne heure pour bê-
cher le mil afin de réduire les impuretés. Au mi-
lieu de la journée, elle le pilait dans un mortier.
Ensuite, elle faisait moudre le produit à la machine
6Mouhamadou-Talla Fall
aprèsl’avoirpréalablementséchésurdeséventailsen
fibredebambou. Elleprenaittoujourssoin depla-
ceraucentredeceséventailsunmorceaudecharbon
de bois par mesure de protection contre les djinns,
conformément à la pratique ancestrale…
L’ambiance qui prévalait dans ce carrefour lui
étaittellementfamilièrequ’ellenepouvaitpluspas-
serunejournéesansyvenir. Cependant,ellesesen-
taitdeplusenplusmalàl’aisedanscemilieuqu’elle
fréquentaitdepuisunedemi-douzained’année. On
seméfiaitd’elle. Elleavaitmêmesongéàtrouverune
place ailleurs. Finalement, elle s’était dit que s’abs-
tenirdesortir,semorfondreàlamaisonouchanger
deplace,équivalaitàunaveudeculpabilité. Or,elle
n’avaitrienàsereprocher."Jesuisproprecommeun
lingeblanc!"sedisait-ellesouventpoursecalmer.
Lamaladiedesonenfantétaitindépendantede
sa volonté. Par conséquent, elle sortait quand cela
s’avéraitindispensable,évitantleslieuxoùonluidi-
sait des horreurs en la vouvoyant. Elle s’astreignait
aussidenepasrépondreauxprovocationsenmaîtri-
sant
sonirritationdevantunecertainedébauchede
méchanceté.
Là, enfaced’elle, lavieilleSodalafusillaitdu
regard ; trop contente de savoir son éternelle rivale
en difficulté.
YayeAwan’avaitcuredesmanièresdelavieille
Soda. L’étrangetéduchangementdecomportement
desonfilsoccupaittoutessespensées. Ellefermales
yeuxetpoussaunlongsoupir. "MonDieu! Ahmed
va-t-ilguérirdecettemaladiequileronge?"
Ahmedprésentaitlessymptômesd’uneétrange
maladie.
Saphysionomietraduisaituneviveagitation. Il
maigrissait à vue d’œil. Ses vêtements demeuraient
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