L'Intermittent

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Un adolescent fou de jazz profitera d’une belle opportunité pour assouvir sa passion musicale. Après les déchirures consécutives à l’arrachement de son pays natal et à l’abandon poignant de son amour de jeunesse, les circonstances de la vie lui feront connaître de grandes émotions bien des années plus tard. Après "Les Larmes d’Alger", Paul Pérès signe ici son deuxième roman. Il nous fait voyager, au gré de son imagination, en Europe et au Moyen Orient où le héros de son livre fera de belles rencontres.
Publié le : jeudi 29 mars 2012
Lecture(s) : 46
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748382440
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748382440
Nombre de pages : 258
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Du même auteur
Les Larmes dAlger,2011
Paul Pérès
L’INTERMITTENT
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0117385.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
Je dédie ce livre à mon ami Joël Nicouleau, dit Jojo, musicien de grand talent, décédé brutalement le 18 février 2010 avant la rédaction de ce livre.
En souvenir dune complicité indéfectible de quarante-deux ans, tant sur le plan humain que musical.
Chapitre 1
 Daniel faisait partie de ceux qui avaient toujours rêvé. Un de ces rêveurs impénitents qui se complaisent dans une curiosité sattachant à tout, sans vouloir rien épuiser. Déjà là-bas il oscil-lait à longueur de journée entre rêve et réalité. Il ne se passait pas de journée sans que cette frontière tenue soit à plusieurs reprises franchie, au grand désarroi de ses copains dalors qui ne le comprenaient pas toujours. Il avait toujours été subjugué par laura et le charisme des grands musiciens de jazz américains. Cette attirance nétait sans doute pas étrangère au fait quun jour, des disques de jazz que son frère aîné avait rapportés dun périple lointain lui aient donné le goût de cette musique quil écoutait à longueur de journée. Quelquefois, comme dautres se substituent à la fin dun film au héros de cinéma, lui se projetait sur des scènes imaginaires et devant des publics enthousiastes virtuels, vibrant dans une communion musicale commune. Le football était une de ses autres passions, comme il pou-vait lêtre dans les pays du Sud, entier, exclusif et non discutable ! Que de fois navait-il pas parcouru la prairie située derrière chez lui, plantée de grands eucalyptus à lécorce blan-che dont lodeur lenivrait. Il la traversait pour se rendre sur un terrain vague, poussiéreux et caillouteux, flanqué dune haie de grands roseaux baignant dans un petit oued dont le mince filet deau suffisait à verdir abondamment ses flancs. De vieux po-teaux en bois en guise de buts en garnissaient les extrémités et tous les gamins du quartier se relayaient pour les entretenir, donnant ainsi lillusion à chacun deux dun stade professionnel.
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Des bagarres avaient souvent lieu avec les « yaouleds » dissi-dents du quartier, qui souvent, par pure provocation, renversaient les ouvrages si méticuleusement confectionnés, provoquant sa colère et celle de ses copains. Quand Daniel arri-vait seul à cet endroit, il en vivait intensément les moments et, balle au pied, procédant à des crochets imaginaires, il prenait à contre-pied des adversaires fictifs, ce qui ne lempêchait pas de les apostropher à chaque débordement. Le soleil était à ces ins-tants privilégiés, son unique compagnon et il sen accommodait, goûtant avec gourmandise et plénitude ces instants de solitude. Le miroir de son adolescence le renvoyait souvent à sinterroger sur les conditions de sa jeune existence quil trouvait somme toute agréable et quelque peu insouciante. La rue, qui développait devant chez lui son long manteau as-phalté dans une trouée débouchant jusquà la mer située en contrebas lui permettait de découvrir chaque jour une vision différente de la Méditerranée. Tantôt lisse et turquoise, cette dernière pouvait subir de grosses colères qui la rendaient sou-dainement moutonneuse et grise à souhait. Il aimait ces changements qui rendaient encore plus prometteurs la venue des alizés dest et dun panorama où bientôt, la mer sans une ride et le ciel gorgé de chaleur se confondrait dans un bleu écru. Devant une telle vue, il apprenait alors à respirer et à en intégrer la beauté. Il passait de longues heures à vouloir, au-delà de lhorizon marin, percer et appréhender le mystère de nouvelles terres quil savait pourtant présentes, mais que la courbe terrestre escamo-tait à sa vue. La frustration quil ressentait alors et limpuissance à la canaliser étaient à la mesure de ses rêves daventures. Les gros navires qui sortaient de la rade et quil voyait glisser à lhorizon de sa rue emportaient avec eux sa quête perpétuelle du voyage et leur dilution progressive dans le lointain lui provo-quait à chaque fois un petit déchirement.
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