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L'oeil de Phonsine

De
177 pages
Pour éviter de se laisser entraîner dans la folie de son mari, Emilie se résoud à consulter le docteur Haliotis. Remonter le cours de ses souvenirs l'amène à évoquer une enfance qui, malgré la survenue de la guerre, est restée gravée dans sa mémoire comme un lieu enchanté marqué par le rythme des saisons, dans une petite ville ouvrière soumise au pouvoir quasi absolu des patrons. Au cours de ces évocations, Emilie finira par faire remonter à la surface un événement qui va entraver sa jeunesse et l'amener à un mariage catastrophique...
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Titre
L'oeil de Phonsine
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Titre Marie Benoit
L'oeil de Phonsine
Roman
Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2009 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01380-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304013801 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01381-8 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304013818 (livre numérique)
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Chapitre 1
CHAPITRE1
Une giclée de musique rompt brutalement le silence de la chambre tandis que le hurleur du réveil se met en branle. Emilie, engluée dans un rêve qui n’en finit pas, se débat vainement pour remonter à la sur-face des choses. Un être maléfique semble se tenir au-dessus de son lit, l’empêchant de bou-ger ; dans sa conscience embrumée, les pulsa-tions du radioréveil s’identifient aux battements d’un cœur monstrueux. Lorsqu’elle arrive enfin à ouvrir un oeil, elle se rend compte qu’il est 7 h 15. A 8 h 30, elle doit voir son psy. Le Dr Haliotis semble prendre un malin plaisir à lui donner son premier rendez-vous de la journée, sous prétexte qu’il ne lui reste plus que ce cré-neau de libre. Depuis qu’Emilie est en congé de maladie pour fatigue nerveuse, ces tête-à-tête bihebdomadaires sont ses seuls repères. Ils lui permettent de ne pas se laisser dévorer par la bête qui a pris possession d’elle. Paul, son mari, n’est pas allé à son cours dix fois depuis la rentrée universitaire. Il passe ses
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L’oeil de Phonsine
journées dans la petite pièce du fond, à fumer. Son transistor est toujours branché sur le même poste périphérique. Lit-il les bandes dessinées, qu’il achète au Tabac Presse du coin avec ses Gauloises ? Emilie ne lui pose plus de ques-tions. Le Dr Haliotis a son cabinet dans un im-meuble cossu de l’Avenue Voltaire. Une petite secrétaire aux manières avenantes a fait entrer Emilie dans une salle d’attente austère où seule une reproduction d’un Gauguin aux tons fauves met une note de lumière. Elle a pris la décision de consulter le Dr. Haliotis sur les conseils de Simone Pradier à qui elle a parlé, dans un mo-ment de désarroi, du comportement de plus en plus incohérent de son mari. « J’ai fait un bout d’analyse avec lui, a dit Simone. Tu verras, il est très humain. » Emilie avait fait la connaissance de Simone Pradier dans le train. Elles travaillaient toutes les deux à B. et prenaient souvent le rapide de vingt-et-une heures pour rentrer à Rouen. Elles s’étaient retrouvées plusieurs fois dans le wagon de tête et avaient fini par sympathiser. Simone était documentaliste dans une école privée de B., son mari enseignait le Latin et le Grec dans un lycée de Rouen. Leur petite fille Catherine était chez la mère de Simone une grande partie de la semaine et Simone vivait mal cette sépara-tion. Elle en avait particulièrement souffert après la naissance de Catherine, et elle avait
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