La baie des fumées

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Georges Blin, joueur invétéré, fait sauter les banques, à la roulette, au casino de Nice, pour venger la mort de Clara, accro du jeu. Qui le délivrera de sa passion insatiable des salles, où l'on joue de l'argent ? Il part pour l'Islande, dans l'intention de guérir. Margét, d'abord, à Amsterdam, le séduira, avec son gerfaut, à vendre, puis sa soeur jumelle Dùa. En Islande, sur cette terre volcanique, ébranlée de secousses sismiques, engloutie par la lave, ou ravagée par les coulées glaciaires, l'amour de Dùa le libère, enfin. Il ne jouera plus.
Publié le : lundi 12 novembre 2007
Lecture(s) : 162
EAN13 : 9782304007244
Nombre de pages : 165
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Titre
La baie des fumées
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Titre Bernard Tellez
La baie des fumées
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00724-4 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304007244 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00725-1 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304007251 (livre numérique)
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Il s’arrêta devant les façades, à redans, les lampadaires qui illuminaient le profil des rues, comme s’il ne devait jamais sortir de ce labyrin-the urbain. A ce carrefour de Zeedijk, le trafic était singulièrement ralenti… Avant de poursui-vre son chemin, il hésita à prendre, à droite, à gauche, puis se décida à longer l’avenue, dans la direction de l’hôtel. Devant lui, le canal se dé-roulait en courbe légère, avec son feuillage d’ormes, sa nuée de ponts éclairés… Il aperçut, de loin, le seul pont à bascule d’Amsterdam, le « Pont maigre », à cheval sur les deux rives de l’Amstel, serti de ses lampions… L’envie de boire d’autres bières, le taraudait, même s’il n’y avait-il plus de bars ouverts, à part des bouges, aux rideaux tirés. Il remarqua, au passage : « Till, Eulenspiegel’s bar », bar de Till, l’espiègle… Il recula, pour ne pas être tenté d’entrer… Pourquoi cette appréhension lui ve-nait-elle de mettre les pieds dans un troquet mal famé ? A cause des arrières salles de cafés mi-nables, pleines de dockers, de marins, assoiffés, ou gorgés de bière, et de genièvre, qui avaient, sans doute, quelque chose, à revendiquer ? De
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toute façon, les rideaux des devantures étaient baissés, ne laissaient filtrer qu’une lumière fai-ble, appauvrie. Georges Blin ne voulait pas d’une rixe, avec des tordus, des revanchards, prêts à se figurer, qu’ils pouvaient plaisanter avec un étranger. Son état d’esprit le mettait, à l’abri, de se pencher sur le sort d’un autre, en confidence, comme de se battre pour un rien, pour un regard… Il lui restait le canal tranquille, dans sa perspective bordée d’arbres, la vue des ponts, qui l’enjambaient… Il éprouva l’urgence de satisfaire un besoin, quelque part, trouva l’endroit, et défit sa braguette… Personne, alentour, pas même un chat… Personne, pour le déranger… Une voiture passa sur la chaussée, en giclant de gerbes d’eau… Un silence feutré suivit, propre à soulager le repos des dormeurs, dans ce coin proche du port… L’éclat brumeux des réverbères, donnait à la perspective de l’avenue, un regard statique, presque définitif… Des véhicules continuaient de passer, leur va et vient adouci par le silence, et le poids de la nuit. Dans sa position, le dos tourné, il n’avait pas fini de… Il se revit à Nice, où il avait tout perdu, avant de tout gagner… A rester dans le cadre de la baie des Anges, le mauvais sort aurait finit par le rattraper, il le pensait, autant qu’il lui était impossible de nier cette histoire, la mort de Cla-ra, sa compagne, sa complice, durant des jours,
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