La bourrelle

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Pantalons aux couleurs vives, sous-pulls collants, tennis plates et pattes d'éléphant, la mode des années 70, avec ses populations en mutation, ses adolescents rebelles, ses adultes rêveurs et entreprenants, c'est le cadre de "La bourrelle", deuxième roman de Béatrice Deparpe. L'auteur y verse nombre de retours sur une époque porteuse d'espoir et de renouveau. De construction aussi, mais également de ravages récurrents: ceux de l'alcool. Elodie et Antoine, nos guides, sont deux adolescents que la vie des adultes, mouvementée, trimballe d'une maison à l'autre, de chez leur mère au duplex du père, du taudis de la tante alcoolique à la maisonnette de Germaine, la tendre grand-mère. Joies et peines sont au rendez-vous de cette saga familiale.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 108
EAN13 : 9782748168426
Nombre de pages : 139
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La bourrelle
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Béatrice Deparpe
La bourrelle
ROMAN
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© Éditions Le Manuscrit, 2006 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 08 90 71 10 18 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-6843-7 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-6842-9 (livre imprimé)
Quand l’enfance s’enfuit, il faut trouver un autre soleil à sa vie.
BÉ A T R I C EDE P A R P E
1 – Antoine ! Antoine ? Où est-ce qu’il est ?… Élodie ? Élodie ! – Oui ? Zut ! Élodie referma son livre. Assise sur son lit, les pieds retrouvant l’aplomb du sol, elle corna sa page à regret avant de poser l’ouvrage sur son chevet encombré, poussant perles et colliers, laissant Barbie tomber si brusquement que la poupée en perdit un de ses minuscules souliers roses, lequel roula sous le lit. – Zut ! Zut et Zut ! Oh, et puis, elle n’a qu’à les ranger, ses jouets… Elle, c’était la petite Judith. Qui partageait sa chambre, ses bijoux, ses livres, ses secrets parfois. La petite sœur qui écoute tout docilement, même à n’y rien comprendre. Élodie n’avait pas le temps de chercher après les souliers de Barbie. De l’autre côté du mur, sa mère s’impatientait. – Qu’est-ce qu’il y a ? s’enquit la gamine, du milieu du couloir. Il lui fallut attendre de revenir sur la salle à manger pour que sa mère, les jambes au repos sur le tabouret, le reste du corps sur le canapé, lui réponde:
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L a b o u r r e l l e
– Ah ! Tu es là ! Où est ton frère ? demanda me M Lacoche, vaguement inquiète. – Je ne sais pas… il est pas devant ? – Il aurait dû, être devant ! Bon, habille-toi, il faut aller chercher ta sœur… Dépêche-toi, il est vingt ! – Mais… – Dépêche-toi ! Sans plus de résistance, Élodie se pressa d’enfiler ses tennis, restées sur la serpillière, dans l’entrée. – Tiens, prends le porte-monnaie ! Tu ramèneras le pain en même temps, la retint sa mère. – Une baguette ? – Deux. – J’y vais… mais si tu vois Antoine, dis-lui que c’était son tour ! Je ne vais pas encore y aller la semaine prochaine ! Station debout difficile, varices, rétention d’eau et phlébite avaient eu raison de la mobilité de la maîtresse de maison, pourtant vaillante. À force de traitements, de me repos et de régimes désodés, M Lacoche retrouvait lentement ses capacités motrices d’avant la maladie, mais il faudrait attendre encore des mois avant de la revoir se promener seule en ville ou faire ses commissions. Depuis qu’elle avait « perdu ses jambes », comme elle le répétait avec humour aux voisines qui venaient, encore trop souvent, lui tenir compagnie alors que le remède idéal aurait été le repos et uniquement le repos, Élodie et Antoine avaient été mis à contribution pour effectuer quelques tâches. Demi-pensionnaires tous les deux au collège Les Merisiers, à l’autre bout de e e la ville, respectivement en classe de 4 A et de 3 D, les adolescents assuraient le dépannage pour les courses
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