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Introduction
Le bonheur tient à un fil.
Pour ne pas rompre ce fil si fragile, il faut savoir vivre avec tolérance, respect et amour pour l’autre.
C’est ce chemin étroit qui permet d’échanger, de partager et de cultiver le bonheur.
Qu’au travers de ces lignes chacun trouve la petite étincelle qui lui permettra de rallumer ces valeurs.
Chapitre 1 Histoire de gosses
1947 à 1951
Je suis née en 1947, période baby-boom de l’après-guerre. Ma grande sœur Yolande avait eu moins de chance, née en 1940 sous les bombardements. Moi, les bombardements, je les ai connus bien plus tard. Mais ce ne furent pas les mêmes.
Nous demeurions, mes parents, Yolande et moi dans une cité ouvrière de la banlieue de Barancourt. J’avais la peau très blanche, très fragile et criblée de tâches de rousseur. Ma che-velure était d’une teinte rare, « auburn » avaient dit mes tantes coiffeuses, mais à l’école j’étais « la rouquine ». Des tantes, j’en avais plus qu’un prêtre peut en bénir, des oncles et des cousins aussi d’ailleurs, ma mère étant issue d’une fratrie de douze enfants, mon père de huit. Nous vivions très modestement. Mon père, après dix années de travail au fond de la mine, avait pu acquérir un poste de gardien de prison à Barancourt. Ma mère ne travaillait pas.
La guerre venait de terminer ses ravages et j’entendis beau-coup d’horreurs à ce sujet de la bouche de ma mère. Ses frères, sœurs et père avaient activement participé à la résistance. Ces prouesses auraient mérité de grandes distinctions honori-fiques, mais ne furent pas récompensées parce que mon grand-père était « communiste ». Ce qui lui valut plusieurs dénonciations. J’adorais entendre ces histoires racontées par ma tante
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Lucienne qui avait fait preuve de beaucoup de courage à cette époque.
Je pointai mon nez juste après cette mauvaise guerre. Encore une fille ! Ma mère m’a souvent dit que je n’avais pas été désirée, et qu’il valait même mieux ne pas avoir d’enfant du tout pour être tranquille. Mes parents allaient souvent au cinéma, aux matches de boxe, à la pêche, il fallait bien rattraper cette foutue période ! Dans ces cas-là, ma sœur était chargée de s’occuper de moi. Celle-ci me reprocha bien plus tard de lui avoir gâché sa jeunesse, étant toujours obligée de me trimballer dans mon landau et ensuite d’avoir un chaperon derrière elle. Avec ses sept ans de plus que moi, elle me considéra toujours comme un fardeau et ne me témoigna jamais de complicité fraternelle.
Nous avions un chien appelé « Tchou » parce qu’il éternuait de joie, un caniche royal marron que mes parents avaient adop-té je ne sais où, mais qui était devenu mon fidèle compagnon. J’avais une autre passion : je dessinais dès que j’avais un crayon et du papier. Mon sujet favori était une femme qui pousse un landau. Plus tard, je voulais être danseuse et j’adorais les tutus, les froufrous et les ballerines en satin.
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1952 à 1954
En 1952, une des sœurs de mon père proposa de nous prêter sa maison de Normandie. C’était la tante « riche », elle avait réussi. Je ne sais pas dans quoi elle avait réussi, mais elle était « riche ». Mes parents, ravis d’habiter au bord de la mer acceptèrent l’offre, et nous nous lançâmes dans notre premier déménagement. Mon père fut muté à la prison de Dieppe, et nous emménageâmes dans la petite maison à colombages au toit d’ardoise très typique du pays, à Longeville.
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