La brûlure de cigarette

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Mélissa Costier se livre sans concession dans cette autobiographie bouleversante.

Elle nous décrit son enfance entourée d’une mère indifférente et d'une soeur trop distante. Adulte, battue par son mari, détestée de sa belle-mère et oubliée de sa famille, Mélissa lutte pour que ses deux enfants Romuald et Marina ne souffrent pas de la situation désespérée de leur mère. Elle a à coeur de les éduquer correctement, avec des valeurs de non-violence et de respect des autres. Finalement, au terme de nombreuses épreuves, elle trouve la force de se séparer de l’homme qui la bat et rencontre l’homme de sa vie, Christophe, qui sait la respecter et l'aimer comme elle le mérite. Pourtant, cette vie idyllique ne dure pas.

Selon les médecins que Mélissa consultait, la violence se transmettrait dans les gènes : sa belle-mère, son premier mari, et aujourd’hui ses enfants. Quand trouvera-t-elle la paix ?

Écrire ce livre fut un parcours long et douloureux pour Mélissa Costier, mais à travers lui et aux côtés de Christophe, elle espère oublier et tourner la page, pour trouver de nouvelles raisons de vivre.


Publié le : dimanche 1 janvier 2006
Lecture(s) : 242
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9999998670
Nombre de pages : non-communiqué
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Introduction
Le bonheur tient à un fil.
Pour ne pas rompre ce fil si fragile, il faut savoir vivre avec tolérance, respect et amour pour l’autre.
C’est ce chemin étroit qui permet d’échanger, de partager et de cultiver le bonheur.
Qu’au travers de ces lignes chacun trouve la petite étincelle qui lui permettra de rallumer ces valeurs.
Chapitre 1 Histoire de gosses
1947 à 1951
Je suis née en 1947, période baby-boom de l’après-guerre. Ma grande sœur Yolande avait eu moins de chance, née en 1940 sous les bombardements. Moi, les bombardements, je les ai connus bien plus tard. Mais ce ne furent pas les mêmes.
Nous demeurions, mes parents, Yolande et moi dans une cité ouvrière de la banlieue de Barancourt. J’avais la peau très blanche, très fragile et criblée de tâches de rousseur. Ma che-velure était d’une teinte rare, « auburn » avaient dit mes tantes coiffeuses, mais à l’école j’étais « la rouquine ». Des tantes, j’en avais plus qu’un prêtre peut en bénir, des oncles et des cousins aussi d’ailleurs, ma mère étant issue d’une fratrie de douze enfants, mon père de huit. Nous vivions très modestement. Mon père, après dix années de travail au fond de la mine, avait pu acquérir un poste de gardien de prison à Barancourt. Ma mère ne travaillait pas.
La guerre venait de terminer ses ravages et j’entendis beau-coup d’horreurs à ce sujet de la bouche de ma mère. Ses frères, sœurs et père avaient activement participé à la résistance. Ces prouesses auraient mérité de grandes distinctions honori-fiques, mais ne furent pas récompensées parce que mon grand-père était « communiste ». Ce qui lui valut plusieurs dénonciations. J’adorais entendre ces histoires racontées par ma tante
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Lucienne qui avait fait preuve de beaucoup de courage à cette époque.
Je pointai mon nez juste après cette mauvaise guerre. Encore une fille ! Ma mère m’a souvent dit que je n’avais pas été désirée, et qu’il valait même mieux ne pas avoir d’enfant du tout pour être tranquille. Mes parents allaient souvent au cinéma, aux matches de boxe, à la pêche, il fallait bien rattraper cette foutue période ! Dans ces cas-là, ma sœur était chargée de s’occuper de moi. Celle-ci me reprocha bien plus tard de lui avoir gâché sa jeunesse, étant toujours obligée de me trimballer dans mon landau et ensuite d’avoir un chaperon derrière elle. Avec ses sept ans de plus que moi, elle me considéra toujours comme un fardeau et ne me témoigna jamais de complicité fraternelle.
Nous avions un chien appelé « Tchou » parce qu’il éternuait de joie, un caniche royal marron que mes parents avaient adop-té je ne sais où, mais qui était devenu mon fidèle compagnon. J’avais une autre passion : je dessinais dès que j’avais un crayon et du papier. Mon sujet favori était une femme qui pousse un landau. Plus tard, je voulais être danseuse et j’adorais les tutus, les froufrous et les ballerines en satin.
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1952 à 1954
En 1952, une des sœurs de mon père proposa de nous prêter sa maison de Normandie. C’était la tante « riche », elle avait réussi. Je ne sais pas dans quoi elle avait réussi, mais elle était « riche ». Mes parents, ravis d’habiter au bord de la mer acceptèrent l’offre, et nous nous lançâmes dans notre premier déménagement. Mon père fut muté à la prison de Dieppe, et nous emménageâmes dans la petite maison à colombages au toit d’ardoise très typique du pays, à Longeville.
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