La chambre d'ami

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Oh ! maman, je ne sais pas comment tu tiendras le choc. Je suis désolé, vraiment, je viendrai te voir le dimanche, c'est tout, tout ce que je peux faire pour toi.

Je mangerai à la grande table tous les soirs. J'amènerai des gens dans la chambre du beau Philippe, je leur ferai monter l'escalier. Je n'aurai plus jamais honte.

Je suis désolé, maman. Je ne pouvais plus supporter d'avoir envie comme ça, avec désespoir, d'être quelqu'un d'autre.

Je vais pouvoir exister, maman. A la place de leur fils. Je vais apprendre comment ça se fait, une vie, une belle vie. Réussite. Comment on peut vivre trente ans ensemble, sans se détester, sans dire des horreurs sur l'autre. Comment on fait pour être intelligent, et riche, et enviable.

Et peut-être que j'y arriverai comme eux, maman. Qu'au moins, si j'ai été dégueulasse, si je me suis conduit comme un salaud - et probablement, probablement que c'est la vérité -, au moins ça ait servi à ça.

Que je puisse ne pas te ressembler, jamais, maman. Ni à toi. Ni à papa. Mais que je devienne comme eux. Comme lui. Comme Philippe. Mon...ami.

Publié le : mercredi 21 mars 1984
Lecture(s) : 29
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246804314
Nombre de pages : 248
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Oh ! maman, je ne sais pas comment tu tiendras le choc. Je suis désolé, vraiment, je viendrai te voir le dimanche, c'est tout, tout ce que je peux faire pour toi.

Je mangerai à la grande table tous les soirs. J'amènerai des gens dans la chambre du beau Philippe, je leur ferai monter l'escalier. Je n'aurai plus jamais honte.

Je suis désolé, maman. Je ne pouvais plus supporter d'avoir envie comme ça, avec désespoir, d'être quelqu'un d'autre.

Je vais pouvoir exister, maman. A la place de leur fils. Je vais apprendre comment ça se fait, une vie, une belle vie. Réussite. Comment on peut vivre trente ans ensemble, sans se détester, sans dire des horreurs sur l'autre. Comment on fait pour être intelligent, et riche, et enviable.

Et peut-être que j'y arriverai comme eux, maman. Qu'au moins, si j'ai été dégueulasse, si je me suis conduit comme un salaud - et probablement, probablement que c'est la vérité -, au moins ça ait servi à ça.

Que je puisse ne pas te ressembler, jamais, maman. Ni à toi. Ni à papa. Mais que je devienne comme eux. Comme lui. Comme Philippe. Mon...ami.

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