La conquistadora

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L'histoire tumultueuse d'un personnage qui fut une légende dans l'Espagne du XVIIe siècle : Catalina de Erauso, une nonne qui s'illustra dans l'armée et se fit passer pour un homme toute sa vie.






Séville, 1630. Miguel de Erauso n'a jamais connu son père, tué en duel trois mois avant sa naissance. Le jour de sa mort, sa mère lui confie une terrible mission : venger son père, retrouver l'assassin qu'elle-même s'est en vain épuisée à chercher. Un assassin que son identité rend encore plus haïssable : la propre sœur du défunt, Catalina de Erauso. Une femme ? une nonne ! Une bretteuse impitoyable qui se fait passer pour un homme depuis qu'elle s'est évadée d'un couvent, à l'âge de quinze ans. Un lieutenant récompensé par Philippe IV pour ses faits d'armes dans l'armée espagnole au Nouveau Monde. Et disparu depuis.
Pour retrouver Catalina, Miguel ne dispose que de ses Mémoires, publiés du temps de la gloire de la nonne militaire. Porté par son désir de vengeance, il va refaire le parcours tumultueux de cette femme faite homme, de l'Espagne au Nouveau Monde, en passant par Panamá, le Pérou, le Chili..., interrogeant ceux qui l'ont connue afin de retrouver sa trace.
Mais peu à peu, la poursuite va se teinter de curiosité, les questions vont fragiliser les certitudes, la fascination pour cette tante ambiguë et indomptable se mêler à la haine. Transformé en chasseur par sa proie ? toujours en fuite après quelque aventure scandaleuse, ne se liant durablement à aucun lieu ni à personne ?, Miguel va insensiblement partager un destin qu'il réprouve.
Eduardo Manet, Cubain ayant adopté la France comme patrie et le français comme langue, s'est imposé au cours des dix dernières années comme une importante figure de la fiction française contemporaine. Il nous livre ici un magnifique roman épique.





Le colonel Perez-Huerta était dans un état d'ébriété tel, qu'il me parut incapable de m'apprendre quoi que ce soit sur Catalina. Mais lorsque j'évoquai Païcabi, la brume qui obscurcissait ses yeux se dissipa, et, fendant l'air de ses bras comme s'il donnait des coups de sabre, il commença le récit de cette terrible bataille où Catalina, sous le nom de Diaz, fit preuve d'un héroïsme qui nourrit longtemps sa légende.
" Le lieutenant Diaz était un homme modeste, don Miguel... il n'a jamais raconté tous ses exploits. Moi, je me souviens de tout comme si c'était hier. Nous voulions mettre fin aux attaques répétées des Indiens dans cette partie du Chili. Mais ils étaient bien plus nombreux, nos troupes étaient affaiblies, et cette fois encore, ils avaient donné l'assaut par surprise. Nous étions débordés, assaillis par leurs cris et leur désordre. Ils attaquaient de toutes parts sans que nous puissions organiser utilement nos troupes. A plusieurs reprises, le lieutenant Diaz a tenté de les prendre à rebours avec quelques hommes qu'il entraînait de sa ferveur. Nos hommes tombaient en nombre. Il persistait. Lorsqu'un chef Indien a tué notre lieutenant d'enseigne... emportant le drapeau de la compagnie. En voyant notre emblème partir dans ces mains païennes, la rage m'a pris, j'ai tué deux de ces incrédules qui criaient déjà victoire. C'est alors que, profitant de l'indécision du moment, Diaz s'est lancé à la poursuite du cacique. Une vraie folie ! Nous n'étions plus que quelques-uns à pouvoir le couvrir. Deux des nôtres ont eu le courage de le suivre. Tandis que je me battais contre deux nouveaux attaquants, j'ai pu le voir franchir une première barrière d'Indiens massés sur son passage, le cheval au galop, son épée tourbillonnant... rien ne semblait pouvoir l'arrêter. Mais des hommes... combien étaient-ils ? au moins vingt... cinquante, sont parvenus à arrêter Diaz et ses compagnons. Ceux-ci sont tombés. Mais Diaz, cet enragé de Diaz, se battait comme un dieu, plus sauvage que les sauvages. Il répondait à chaque coup. Les Indiens n'ont pas tardé à l'atteindre. Mais même blessé, il continuait. Rendez-vous compte ! Il est parvenu a décapiter le cacique et à lui arracher le drapeau des mains ! Cet acte d'héroïsme a réveillé notre courage et notre espoir, tandis que la mort du cacique provoquait la panique chez les siens. Ils ont fui devant notre assaut. Diaz s'est effondré dans mes bras. Couvert de sang. Blessé en six endroits. Qui peut oublier un tel exploit ? "








Publié le : jeudi 28 octobre 2010
Lecture(s) : 61
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782221120347
Nombre de pages : 206
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La conquistadora
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