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La Corne de gazelle

De
226 pages
Saïda a vingt-trois ans et vit dans une cité HLM. Ses parents, d’origine algérienne, sont un modèle d’intégration, mais ont un sens très strict de la morale musulmane. Lorsqu’ils découvrent que leur fille fréquente Sébastien, un Breton, ils décident de prendre des mesures radicales pour l’empêcher de vivre son amour. "La Corne de gazelle" est un roman moderne, une histoire d’amour contemporaine et proche des réalités sociales d’aujourd’hui. À travers la liaison contrariée entre Saïda et Sébastien, c’est une relecture de "Roméo et Juliette" dans les cités d’Ile-de-France qui se déroule sous nos yeux. Un récit et un dénouement que l’on aimerait croire possibles…
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Fatima Belhadj
LA CORNE DE GAZELLE
Mon Petit Éditeur
 
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http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0115524.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2010
À ma mère, À Aldrick, Yaël et Loam, mes trois fils adorés
 Eh Saïda, ty vas au mariage de Neijla ? Cest Nora qui minterpelle de son 3ème étage. Je suis moi-même à la fenêtre. Dans notre cité des Mimosas On na que ça à faire : se mettre au balcon et regarder les gens qui passent. Ca agrémente nos journées. Parce que sinon, le temps sécoule trop doucement. Sorties du ménage et des devoirs, on na pas trop dactivités ; Je réponds à mon amie que je me rendrais au mariage le lendemain. Elle propose quon se voie dans laprès-midi pour essayer nos tenues. Je lui réponds par laffirmative. Je regarde des jeunes de la Cité taguer les murs du vieux gymnase. Cest chouette ce quils font. Tout plein de couleurs vives. Cela contraste avec la grisaille des HLM. À coup sûr, le gardien va les attraper et leur demander de tout nettoyer. Parce quil nest pas commode, Monsieur Lambert. Malgré ses soixante ans, il arrive à imposer son autorité dans le quartier ; il faut dire quil nous a presque tous vus en couches-culottes. Il fait partie inté-grante de la vie des « citéens ». Il est convié à chaque mariage, chaque baptême Il connaît toutes les familles. Il a ses entrées chez tout le monde. Il nest pas bien grand, Monsieur Lambert. Un petit mètre 70 mais il sait se faire respecter. Nul doute quil viendra au mariage de Neijla. Elle, cest aussi une fille de la Cité. Elle va la quitter bientôt parce quelle épouse un Breton. Cest plus courant quon ne le croit, les mariages mixtes. Jai déjà ren-contré Gaëtan. Il est kiné à Quimper. Cest un bel homme. Il a été accepté relativement facilement par la famille. Neijla, elle est infirmière. Elle vient tout juste de finir lécole. Ca fait six mois quelle la présenté aux siens. Au départ, ils étaient un peu réti-cents ; ils espéraient que leur fille convole avec un gars qui a sa
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culture, ses origines ; ils craignaient que leurs différences soient une entrave dans leurs relations. Ils ont rapidement été soulagés quand ils ont fait la connaissance du garçon. Cest une crème. Il aime tellement Neijla quil est allé se faire circoncire. Le pauvre. Comme il a dû souffrir. À six ans, il paraît que certains gosses sen souviennent encore à lâge adulte ; imaginez à 28 ans. Il ne la pas fait par religion. Il est catholique. Il la fait pour prouver aux parents de Neijla létendue de son amour pour leur fille Et ça ne pouvait que conforter ceux-ci dans lidée que cétait un homme bien. Parce quils ont peur du racisme ; pour lavoir connu à travers lhistoire de leur nièce Fadila. Elle a dû se sépa-rer du père de ses enfants parce quil sest révélé violent et xénophobe. La pauvre fille a été humiliée au-delà de ce qui est possible. Elle a dû retourner chez ses parents après que son ex ait voulu la frapper à nouveau. Une histoire de dingues. Main-tenant, il faut montrer patte blanche. Nos parents sont devenus méfiants. Cest logique et triste en même temps. Tous les Fran-çais ne ressemblent pas au gugusse de Fadila ; heureusement Moi, je mappelle Saïda. Jai 23 ans et je suis en fac. Je pré-pare un D.E.A. de droit. Jespère être commissaire de police. Je suis de taille moyenne. 1,60 m. Brune aux yeux noisette Je suis née ici. Dorigine algérienne, je retourne régulièrement dans le pays de mes ancêtres. Jy vais tous les étés. Entre les deux pays mon cur balance. Quand je suis ici, je pense aux miens restés là-bas. Mes grands-parents, mes oncles et tantes, mes cousins et cousines Jy ai beaucoup dattaches. Ma grand-mère surtout me manque. Elle sappelle Fadma. Cest une vieille belle femme. Elle a de magnifiques yeux bleus, des cheveux blancs très longs quelle dissimule sous un foulard. Elle était blonde avant. Elle a des tatouages sur le visage. Au front, une croix qui symbolise la protection et léloignement des mauvais esprits. Sur chaque joue un petit losange et, sur le front, un petit dessin que je narrive pas à nommer. Tous ces tatouages ont une signification.
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Ma grand-mère est une sage ; elle appréhende la vie avec philosophie Cest une maîtresse femme aussi. Elle a de la trempe ; cest elle qui gère le budget familial et toute sa petite tribu. Aux dernières vacances, elle ma fait tout un speech sur les relations hommes-femmes. Et je peux vous assurer quelle nest pas rétrograde du tout. Cest une féministe convaincue et con-vaincante. Elle prône des valeurs quelle applique dans sa vie quotidienne. Cest une avant-gardiste, ma « nana » (grand-mère en langage familier). Le soir, jaime me blottir dans ses bras pendant quelle me raconte des légendes berbères jusquà tard dans la nuit. Cest un déchirement quand je la quitte pour ren-trer chez moi Mes parents travaillent tous les deux. Ma mère est auxiliaire de vie ; mon père est contremaître dans une usine. En Algérie, ils ont fait des études universitaires tous les deux. Ils se sont connus à la fac. Mon père était prof de français ; ma mère prof de mathématiques. Donc lintégration sest bien faite. Il ny a pas eu de souci. Pas le barrage de la langue. Ils sont arrivés en France il y a 23 ans et demi. Jai été conçue là-bas. Ce qui pour-rait justifier mon attachement à ce pays. Ils ont dû fuir les événements, comme pas mal dintellectuels de lépoque. Mal-heureusement, leurs diplômes nont pas été validés en France. Ils devaient intégrer une 3èmeannée de fac. Ce nétait pas possi-ble ; ils avaient deux bouches à nourrir, ma sur et moi. Jai une sur de deux années mon aînée. Elle sappelle Kenza. Elle est mariée depuis 3 ans maintenant. Elle a également rencontré son mari sur les bancs de luniversité ; ils faisaient leur droit tous les deux. À présent, il est maître de conférences et elle, juriste dans une grande boîte. Farès est dorigine algérienne. Ils ont une petite fille de deux ans, Inès. Ils habitent Bordeaux ; ils y ont acheté une belle maison. Moi, je nai personne dans ma vie. Je ne songe pas à lAmour pour le moment. Ma grand-mère me fait rire, elle est persuadée
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que je vais bientôt rencontrer quelquun ; comme si elle était voyante. « Tu verras, ma-t-elle dit, lamour te tombera dessus comme ça, sans crier gare et bouleversera ton cur ». Il mest arrivé de flasher sur des garçons ; seulement, je suis quelquun qui ne sait pas gérer plusieurs choses en même temps. Pour linstant, je préfère me consacrer à mes études. Jai bien sûr eu des flirts. Sans conséquences et sans intérêts. Mes parents sont ravis ; cest vrai que je ne leur ai jamais posé de problèmes, de quelque ordre que ce soit. Je ne sors pas, je ne fréquente pas, je ne fume pas, jaide à la maison. Je suis une gentille « fifille » ! Bien quils soient relativement jeunes, mes parents sont assez tatoués : ils ont des principes et des idées bien figées. Je pense que mon père aurait du mal à admettre que je ne suive pas la ligne de conduite quil nous a tracée. Une fille doit se marier ; hors de question quelle envisage davoir un enfant illégitime. Chez nous, ça ne se fait pas. Et de préférence quelle épouse un musulman. Mon paternel ne croit pas en la réussite des couples mixtes. À cause des exemples dans lentourage. Je suis majeure, vous penserez. Sauf que chez nous, on ne tient pas compte de la majorité. 18 ans, ça ne veut rien dire chez nous si ce nest quon est adulte. Tant quon habite encore la maison familiale, on a des comptes à rendre. Pour éviter le déshonneur. Pour linstant, les hommes ne sont pas ma préoccupation principale, donc Cet après-midi, ma copine Nora va passer chez moi pour les essayages de robes en prévision du mariage. Nora est dorigine marocaine. Elle ne bosse pas en ce moment ; elle recherche un poste dassistante commerciale. Cest une belle plante. Elle a de longs cheveux bruns très raides qui lui tombent bas dans le dos, des yeux noirs magnifiques ; elle doit mesurer près d1,75 m et na pas un seul bourrelet. Cest la coqueluche du quartier. Mais elle nen a cure ; elle fréquente depuis trois ans. Il sappelle San-tiago. Un beau garçon dorigine brésilienne. Il a 28 ans, soit cinq
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