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La demeure des âmes

De
155 pages
Mariée contre son gré au Prince héritier du Royaume de Vatamonde, Zélim-Dé, septième fille du monarque voisin, fuit humiliée le palais de son époux. Elle se réfugie dans un village au bord de la Rivière Sauvage, où l’on honore les esprits des Haïers. En s’échappant, Zélim-Dé devenue Arawa, doit faire face à une implacable magie mais dont elle seule a la clé. Au prix de sacrifices, Arawa deviendra la gardienne de son peuple d’adoption . Mais un jour, les ombres de son passé reviendront la chercher, l’entraînant loin du Fleuve, vers sa destinée et celle de tout un monde.
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La demeure des âmes
Valérie Coupland
La demeure des âmes
ROMAN
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2-7481-1347-0 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-1346-2 (pour le livre imprimé)
Avertissement de léditeur
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manuscrit.com 5bis, rue de lAsile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
PREMIÈRE PARTIE : ANANKÉS
Lair chaud coule comme un sang dor au fond des gorges des passants dans les rues tortueuses, blanches, escarpées et étroites. Parfois, une brise souffle, caressant pavés et chevelures, rafraîchissant doucement les pas et les gestes. Une ombre glisse entre les murs. Ombre fine se fondant avec celle des bâtisses construites en vastes cercles. Elle se dirige vers le port, vers une petite navire qui suivra le fleuve jusquà lIllimité. La femme est jeune, presque une enfant et ses pas sont vifs, ne semblant pas souffrir de la chaleur dArdricia. Parfois, elle jette des coups doeil discrets derrière elle comme pour vérifier quelle nest pas suivie puis repart dun pas plus alerte encore. Malgré la chaleur accablante, la jeune femme porte une longue cape grise de deuil, la cachant des pieds à la tête du regard des passants nonchalants.
La navire dérivait doucement sur les eaux calmes de lembouchure du Fleuve Sauvage, des mains de brouillard caressaient sa coque, semblant vouloir bercer la silhouette endormie à lintérieur. Lêtre frissonna dans son sommeil. La respira-tion des eaux rafraichissait la fugitive de son haleine dalgue et de poisson. Un courant tira la barque vers la rive bordée de saules-pleureurs et dombres aux aguets. Dans la navire, la jeune femme rêvait de la terre de ses ancêtres. Zélim-Dé se réveilla les joues mouillées de larmes brûlantes. Un bout de terre molle avait heurté sa barque.
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La demeure des âmes
Lorsquelle ouvrit les paupières, quatre paires dyeux couleurs de feuilles rousses la regardaient intensement. Peur ou menace ? Elle sursauta, terrorisée et dun mouvement leste se tassa dans le fond de sa barque. Un des quatre hommes éleva la voix. « Gantarak Vhâcgta ? Achalke ? » Zélim-Dé ne comprit pas un mot mais la rudesse des syllabes la fit tressaillir. Dinstinct, elle se blottit plus farouchement à lautre bout de sa navire. « Le Peuple Sauvage » Zélim-Dé ferma les yeux, sa tête tournait -elle était encore éprouvée par ses toutes récentes couches- et une faim sans merci la tenaillait. Elle sentit à peine des larmes séchapper de ses yeux et une main sans menace lui effleurer lépaule. Zélim-Dé osa enfin regarder les étrangers. Il lui souriaient, le plus jeune des quatre lui tendant un fruit violet. Elle considéra tour à tour lhomme et le fruit qui ressemblait à un énorme fruit dOrtonde. La jeune femme se détendit un peu et prit timidement lof-frande dhospitalité. Lorsquelle eut fini de manger son fruit qui était doux et acre à la fois, le plus âgé des chasseurs dis-parut dans les hautes herbes, se dirigeant en hâte en amont de la rivière. Quelques minutes plus tard, Zélim-Dé le vit réap-paraitre dans une longue barque plate. Les trois hommes, qui entre-temps lui avait donné deux autres fruits et répétaient inlassablement en fai-sant un geste du bras : « Ftermn, Ftermn » Elle sourit enfin et murmura : « Je Je vous suis » Zélim-Dé, sa faim à peine calmée, sa fatigue de-venue langueur, ne pouvait plus se débattre.
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