La fausse mariée

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Midlands, 1204. 
Pour remercier l’ombrageux inconnu qui lui a sauvé la vie alors qu’elle était attaquée par une bande de brigands, lady Elizabeth d’Averette est prête à tout… ou presque. Car lorsque le prétendu sir Oliver lui demande son aide pour infiltrer le château de Wimarc, l’une des forteresses les mieux gardées de la région, Elizabeth hésite. Certes, Oliver défend une noble cause : il veut libérer son frère retenu prisonnier injustement par le cruel Wimarc, mais son plan est aussi risqué qu’indécent. Comment pourraient-ils se faire passer pour mari et femme alors qu’ils se connaissent à peine ? D’autant qu’un tel mensonge les obligerait à une intimité intolérable pour une lady de son rang…
Publié le : vendredi 1 mars 2013
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EAN13 : 9782280299268
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Les Midlands, 1204
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— Je crois bien que je serais devenue foe si j’avais dû rester dans ce chariot un instant de pus ! Dame Eizabeth d’Averette reeva es jupes de sa cotte de drap beu et se fraya déicatement un chemin vers a berge moussue, sans quitter des yeux e débit rapide du cours d’eau. — Ne pensez-vous pas, ma dame, que nous devrions putôt rester avec es hommes ? demanda Kedra, sa cham-brière, en jetant un regard anxieux en arrière, à ’escorte de sodats en cottes de maies qui étaient descendus de cheva non oin de à. Ees pouvaient es entendre qui paisantaient et juraient entre eux en menant boire eurs chevaux ou en es ais-sant brouter ’herbe abondante sur e bord de a route. Certains d’entre eux sortaient des morceaux de pain de eurs sacoches ou buvaient de a cervoise. Le chef du cortège, Iain Mac Kendren, ne faisait quant à ui ni ’un ni ’autre. I se tenait es pieds écartés et es poings sur es hanches à a manière d’une statue, et seus es mouvements de sa tête indiquaient qu’i était vivant et montait a garde. — Hier soir, j’ai entendu ’aubergiste parer d’un voeur qui attaque es voyageurs par ici, reprit Kedra,
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e soufle court et peine d’une excitation apeurée. Un homme immense, terribe et farouche ! Lizette, comme ’appeaient ses sœurs et es gens d’Averette dans une respectueuse famiiarité, ui décocha un sourire compatissant. Sa jeune chambrière n’avait que quinze ans et n’était pas habituée à voyager. Pas étonnant que toute histoire d’un queconque voeur, même bizarre ou exagérée, ’effraie ! — D’après une des servantes, décara-t-ee, c’est un très beau voeur. Ee a dit aussi qu’i renonçait à voer une femme si ee ui donnait un baiser, ce qui m’a fait penser à une baade de ménestre. Mais quee que soit ’apparence de ce voeur, nous avons cinquante hommes pour nous garder, sans compter Iain Mac Kendren… Nous sommes donc totaement en sécurité. — Je ’espère ! chuchota Kedra, comme si ee crai-gnait que e voeur ne ’entende. Heureuse d’avoir échappé un moment aux conîns étouffants du chariot, Lizette ôta son cerce en argent et son voie de soie, puis s’accroupit sur a berge. — A partir du moment où i prend un baiser au ieu de mes habits et de mes bijoux, je pourrais même apprécier de e rencontrer, ce voeur ! — Oh ! Ma dame, sûrement pas ! se récria Kedra, scandaisée, ce qui prouvait qu’ee connaissait bien peu sa maïtresse. Lizette recueiit de ’eau caire et fraïche dans ses mains et a porta à ses èvres avant de répondre. — Vous ne seriez pas disposée à embrasser un beau vaurien ? — Pas s’i est un hors-a-oi ! — Moi, je préférerais de oin embrasser un beau hors-a-oi putôt qu’un courtisan qui pourrait en concure que je veux ’épouser, dit Lizette en se reevant. Ee appréciait es hommes. Ee prenait paisir à eur compagnie et aux taquineries du badinage. Ee eur
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enviait eur facie camaraderie, mais pas autant qu’ee enviait eur iberté. Le mariage, cependant, était une tout autre chose. La pupart des femmes trouvaient peut-être que ces iens étaient un gage de sécurité, mais pas Eizabeth d’Averette, pas après avoir vu a parodie de mariage que constituait ’union de ses parents. — Je n’ai pas de bijoux, ma dame, ît remarquer Kedra en se baissant à son tour pour boire. Vous croyez qu’i pourrait aors m’obiger à ’embrasser ? — Etre embrassée contre son gré est assez dépaisant, concéda Lizette, bien pacée pour e savoir. Pus d’un soupirant espérant trouver une épouse fortunée à Averette avait tôt fait d’essayer de séduire a pus jeune îe du seigneur — censée être a pus innocente — pour servir ses desseins. — Je ne souhaite pas vraiment rencontrer un voeur, bien sûr, reconnut-ee en écoutant es oiseaux qui chan-taient comme s’is n’avaient aucun souci au monde. Ce serait effrayant. Comme cette fois où ord Smurton, ivre, ’avait coincée dans a chapee. I ne ’avait aissée partir, magré ses genties remontrances, que contre sa promesse de e retrouver pus tard, dans un endroit pus retiré. Sa sœur aïnée y était aée à sa pace et, bien qu’Adeade n’ait jamais révéé ce qui s’était passé exactement, eur visiteur indéicat et sa suite avaient quitté e château e endemain à ’aube sans même prendre congé de eur hôte. — Oh ! Ma dame ! Lizette eva es yeux et vit sa chambrière qui désignait e miieu de a rivière où son voie neuf s’éoignait sur ’eau. Avec un juron des pus ma seyants pour une dame de sa quaité, Lizette reeva ses jupes et avança sur a berge gissante pour e rattraper. Ee n’osait pas courir parce que es pierres étaient mouiées, mais i faait qu’ee rattrape son voie. Iain dirait sans doute qu’ee
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méritait de e perdre si ee était aussi insouciante, et i ne a quitterait probabement pus des yeux pour e reste du voyage jusque chez eux. Aors que ses yeux fouiaient es aentours à a recherche d’un bâton avec eque ’attraper, un homme apparut soudain sur a rive opposée, comme surgi du néant. — Ne craignez rien, ma dame ! cria-t-i tandis qu’ee s’arrêtait, surprise. I débouca son baudrier et e posa sur un rocher. — Je ne vous veux pas de ma. S’i ôtait son épée et qu’i était seu, i n’avait proba-bement pas de mauvaise intention, en effet. Et surtout, i paraissait éduqué et de haut rang — un chevaier, pour e moins, voire un seigneur ou un baron. Qui qu’i soit, i portait une simpe tunique de cuir sans chemise par-dessous, des chausses sombres et des bottes ordinaires. Ainsi debout près de a rivière, avec es bois derrière ui, i évoquait une sorte de dieu de a forêt — ou peut-être cette idée était-ee simpement venue à Lizette à cause de ses modestes habits et de ses cheveux noirs et ondués. I entra dans ’eau et, quand i atteignit son voie, i e cueiit aussi aisément qu’un autre homme aurait pu cueiir une pâquerette, puis i eva ’étoffe ruisseante comme un vainqueur brandirait un trophée. — Permettez-moi de me présenter… I s’approcha d’ee, ’eau capotant autour de ses moets. Sa voix grave et musicae, son éocution ui indiquaient de nouveau qu’i n’était pas un rustre grossier. — Je suis messire Oiver de Lesie, originaire d’Irande. Messire Oiver — un chevaier, donc… Irandais, ce qui expiquait ce éger et déicieux accent qui donnait ’impression qu’i chantait au ieu de parer. Ee e regarda hardiment, notant son front haut qui dénotait de ’inteigence, son très beau nez droit et son menton qui était exactement ce que e menton d’un homme
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devait être, tandis que ses èvres peines s’incurvaient en un sourire incroyabement séduisant. Queque chose aors, au fond de Lizette, semba oscier, comme si un éger trembement de terre faisait bouger e so sous ses pieds. Ou comme si a quaité de ’air avait subitement changé. Ou encore, comme si queque chose qui sommeiait en ee était en train de s’éveier. — Je chassais avec queques amis et j’ai été séparé d’eux, expiqua messire Oiver en atteignant a berge et en s’arrêtant à côté d’ee. De ’eau couait de son voie trempé, et ee ne put s’empêcher de remarquer a manière dont es chausses mouiées du gentihomme coaient à ses cuisses muscées. — Comme j’avais très soif, ajouta-t-i, je me suis arrêté ici et c’est aors que j’ai entendu vos… cris de désarroi. Hauts en coueur, je dois dire. Gente Mère de Dieu, i ’avait entendue jurer! D’ordinaire ee n’était pas faciement embarrassée, mais à ee ’était au point de souhaiter presque que a rivière monte et ’emporte. Presque… Ee n’était pas encine à rougir, non pus, mais se sentit rougir néanmoins, tout en se rendant compte qu’ee devait dire queque chose. Le remercier, au moins. Héas, es mots ne vinrent pas — une autre étrangeté —, et à a pace ee se retrouva fascinée par e regard ferme et brun de ce be étranger qui avait traversé a rivière vers ee comme s’i faisait ce genre de chose tous es jours, et comme si ’eau n’était pas gacée. — Vous devez être transi ! — J’ai eu pus froid maintes fois auparavant, ma dame, dit-i en ui tendant e voie trempé. Rendre service à une si charmante personne vaut bien un petit frisson. — Je… je vous remercie, messire, babutia-t-ee. Au nom du cie, que ui arrivait-i? Ee ne s’était jamais montrée aussi peu oquace !
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Mais e fait était, ee sembait dans ’impossibiité de former des paroes cohérentes ou d’avoir a moindre pensée caire — à part cee de se dire qu’i était e pus be homme qu’ee avait jamais rencontré. — Je vous suis très reconnaissante de m’avoir repêché ce voie, messire. Je ’ai payé très cher — trop, dirait ma sœur — et j’aurais été très afligée de e perdre. C’est une chance que vous ayez été à, même si vous êtes très oin de ’Irande. Et maintenant ee disait n’importe quoi ! Seigneur… — Oui, ma dame, j’en suis oin, acquiesça-t-i, une ueur amusée dans ses yeux bruns. Et qui êtes-vous donc? Sotte ! — Lizette… Simplette ! — Je veux dire, je suis dame Eizabeth d’Averette. I ît un signe de tête, puis jeta un coup d’œi à Kedra. — Et voici votre chambrière, je présume ? Je suppose que vous ne voyagez pas seue avec ee ? — Oui, non, c’est-à-dire… oui, c’est ma chambrière. Et bien sûr, j’ai une escorte. De… Doux Jésus, de combien ? — De cinquante hommes. Is sont tout près. — Je suis content de ’entendre. Car i y a des voeurs tapis par ici, et vous seriez pour eux un morceau très tentant, dit-i avec dans es yeux une expression qui ui assécha a gorge et ui ît taper e cœur comme jamais auparavant. — C’est ce que j’ai entendu dire. Enîn, qu’i y a des voeurs, pas que je sois… Je ne voudrais pas paraïtre vaniteuse, ni sous-entendre… Ee renonça à poursuivre, se traitant une nouvee fois intérieurement d’idiote. Messire Oiver rit doucement. — Modeste autant que bee. Une combinaison puissante. Mais c’est qu’ee pourrait bien se pâmer comme
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une écerveée s’i continuait à a regarder ainsi, et dire n’importe quoi ! Si cet homme ’avait coincée dans a chapee, qui pouvait présumer de ce qu’ee aurait été capabe de faire ? — Averette… C’est dans e Kent, n’est-ce pas ? demanda-t-i. — Oui, en effet ! Y êtes-vous déjà aé ? Quee question stupide ! S’i était venu en visite à Averette, ee se serait souvenue sans ma de ui. — Non, je ne suis jamais aé dans e Kent. Mais j’ai rencontré votre sœur à a cour. Une bouffée de désarroi saisit subitement Lizette. S’i était aé à a cour, et s’i avait rencontré Adeade, i devait es comparer — en apparence, au moins —, et personne ne pouvait surpasser Adeade en beauté. Les hommes qui avaient recherché a main de Lizette ne ’avaient fait qu’après avoir tenté de séduire Adeade, et avoir été refusés par ee. Le sourire de messire Oiver s’éargit, et ee supposa que c’était à ’évocation de sa sœur. — En vérité, je ui ai demandé de s’enfuir avec moi, mais ee n’a pas vouu. I y avait un autre homme qu’ee préférait, voyez-vous… Toute a coère et ’envie de Lizette disparurent d’un coup. Etre rejeté par Adeade devait être, ee n’en doutait pas, très mortiîant pour un homme. — Comme c’est regrettabe pour vous ! répondit-ee tandis que son assurance ui revenait, et qu’ee ui décochait un sourire de son cru. Pourquoi ne me e demanderiez-vous pas à moi, maintenant ? C’était une suggestion très hardie, et i aait sûrement rire et faire un commentaire habie, comme es courtisans et es beaux nobes étaient encins à e faire. Mais i perdit sa joviaité et demanda d’une voix douce et sourde qui agit sur ee comme une caresse intime : — Diriez-vous oui si je e faisais ?
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I devait paisanter. I ne pouvait pas être sérieux. Pourtant, son cœur s’agita à ces paroes comme s’i vouait s’échapper de sa cage thoracique. Ses poumons sembèrent cesser de fonctionner. Dieu du cie ! Ee avait aspiré toute sa vie à ’excitation et à ’aventure, et ees étaient à, en chair et en os! Une chair bee et séduisante… — Ma dame ! Ee avait compètement oubié Kedra. Et Iain. Et tout e reste dans e monde à part messire Oiver de Lesie, venu d’Irande. Ee jeta un coup d’œi par-dessus son épaue et vit Iain Mac Kendren qui marchait vers eux d’un pas martia, son gaive tiré, une expression hostie sur son visage hâé. Kedra avait dû aer e chercher, car ee arrivait en trottinant derrière ui. Iain, qui avait bien quarante-cinq ans, avait passé a pupart du trajet depuis e château de messire Deapont à ignorer ses paintes. Le rouis du chariot ui donnait en effet ma au cœur. I avait aussi étabi très cairement qu’i n’appréciait pas d’avoir été envoyé pour a ramener à Averette, bien qu’i ne puisse être pus irrité qu’ee ne ’était d’être sommée de rentrer comme si ee était une enfant. Messire Oiver ne parut toutefois pas troubé e moins du monde, et i a regarda de nouveau avec de ’amusement dans ses yeux sombres. — Qui est-ce donc ? demanda-t-i en haussant un sourci. Pas un père ou un mari outragé, j’espère ? — Non ! Ee s’écaircit a gorge et, prenant un ton qui seyait mieux à une dame, ee ajouta : — C’est e commandant de a garnison d’Averette, e chef de mon escorte. Ee se tourna vers Iain et s’adressa à ui avec ce qu’ee espérait être de ’autorité.
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— Iain, rengainez votre ame. Voici messire Oiver de Lesie, et i ne nous veut pas de ma. Iain s’arrêta, une main sur a hanche tandis qu’i mesurait du regard e nouveau venu. Magré e titre du chevaier, i ne parut pas impressionné — mais après tout, i faait au moins risquer sa vie dans pusieurs bataies pour espérer impressionner ’Ecossais. — Bonjour à vous, messire, grommea-t-i avec juste une pointe de courtoisie. Vous voyagez seu ? Un peu dangereux, non ? — Comme je ’expiquais à votre dame, je chasse avec des amis, répondit messire Oiver, toujours aussi cordia magré e ton brusque et même insoent d’Iain. J’ai été séparé d’eux. Mais i se fait tard, et je vais repartir à eur recherche, sous peine d’être surpris par a nuit dans es bois et d’être obigé de manger des noisettes pour mon souper. — Nous serons à ’auberge du Renard et du Chien ce soir, dit Lizette, se rendant seuement compte qu’i était trempé. Peut-être pourriez-vous nous faire dire demain matin comment vous aez. Je n’aimerais pas que vous tombiez maade pour m’avoir rendu service. Messire Oiver jeta un coup d’œi à Iain qui fronçait es sourcis, méîant. — Je suis latté de votre soicitude, mais j’ai une robuste nature, ma dame. — Comme ’a souigné messire, s’empressa d’ajouter Iain, i se fait tard, ma dame, et nous avons traïné assez ongtemps ici. A moins de vouoir rester sur a berge de a rivière et se quereer avec son chef d’escorte, ee devait s’en aer. En outre, i ne pouvait pas être bon pour messire Oiver de rester ongtemps dans des chausses et des bottes trempées. — Adieu donc, messire Oiver, dit-ee avec pus de regret qu’ee n’en avait jamais éprouvé en prenant congé de qui que ce soit auparavant. Comme ee souhaitait qu’is se soient rencontrés
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aieurs, dans un endroit où is auraient pu parer, dans une grand-sae durant un festin par exempe ! I aurait sûrement été un compagnon très amusant. Peut-être qu’is auraient dansé… qu’is se seraient touchés… qu’is se seraient écipsés dans un recoin sombre pour partager un baiser… Le chevaier s’incina avec éégance avant de s’adresser à Iain. — Je vous féicite du soin que vous prenez de votre dame, Mac Kendren, et vous n’aurez pas à craindre que je me fauîe dans ’auberge sous e couvert de a nuit. Je ne suis pas ce genre de gentihomme. Iain se contenta de grommeer une réponse inaudibe. Une tee chose aurait été en effet très inconvenante ; néanmoins, Lizette dut combattre une bouffée de déception. Ee avait peut-être rencontré un homme qui aurait pu a tenter de faire ’amour hors des iens du mariage, et voià qu’i était pus honorabe que beaucoup ! Magré ses regrets secrets, ee convint à part soi que c’était une insute de penser que messire Oiver était homme à essayer de se gisser dans a chambre d’une femme sans y être convié. — Vous devez pardonner au commandant son manque de courtoisie, messire Oiver. I prend ses devoirs très au sérieux. — Pour votre bien, ma dame, j’en suis heureux, répondit Oiver avec un nouveau sourire. Les temps sont dangereux, et de mauvais hommes errent dans e pays. I recua vers a rivière. — A présent, je dois vous dire adieu. Se rendant compte qu’ee n’avait pas e choix, Lizette incina a tête tandis qu’Iain ui offrait son bras pour a raccompagner au chariot. — Adieu, messire Oiver, répéta-t-ee en posant a main sur ’avant-bras d’Iain, et en e aissant ’emmener. A mi-parcours, ee regarda en arrière, mais messire
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