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La fille de là-bas...

De
306 pages
Nous sommes en 1956. Les « évènements d’Algérie » que l’on n’ose pas qualifier de guerre ont débuté depuis deux ans. Simon Laharie, avec des milliers d’autres appelés, se retrouve dans une unité combattante engagée dans les opérations dites de « pacification ». Il sera même de l’expédition franco-anglaise en Egypte après la nationalisation du canal de Suez par Nasser. Il rencontre Josie. C’est la fille d’un petit agriculteur, un pied noir dont la famille est installée dans un petit village de la Mitidja depuis plusieurs générations. Un amour puissant naît entre les deux jeunes gens que rien ne semble devoir entraver…
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la fille de là bas
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Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2005 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com ISBN : 2-7481-5461-4 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-5460-6 (livre imprimé)
BE R N A R DMA U R I N
CHAPITRE 1 Simon entrouvrit les yeux. La vitre embuée lui livrait un paysage flou qui lui parut aussi inexpressif que ces cartes postales anonymes que l'on feuillette d'une main distraite dans les boîtes des bouquinistes. Depuis le départ, il essayait vainement de s'endormir ... Impression de ne plus exister par lui– même ... Sensation trouble d'être entraîné dans un enchaînement d'événements sur lesquels sa volonté n'avait plus aucune prise. Depuis des mois, la situation en Algérie faisaient l'objet, des conversations passionnées de ces jeunes hommes issus de milieux disparates et que les obligations militaires avaient rassemblés. Théoriquement, les appelés du contingent étaient partis pour dix-huit mois, mais avec le rappel des classes précédentes, ils voyaient se profiler la possibilité d’un allongement indéterminé de leur temps de service. Les propos désabusés des militaires de carrière, rentrés d’Indochine depuis peu, n'étaient pas faits pour les encourager à l’optimisme… Et pourtant, cette fatalité inéluctable qui l'emportait vers des horizons inconnus, lourds de menaces, n'était pas aussi angoissante qu'il avait pu le craindre dans les jours précédant le départ. Rêveur idéaliste ! C'était l'invective suprême que Fernand, à bout d'arguments, lançait à Simon, lorsqu'ils s'affrontaient à propos de l'Algérie. Pour lui, la justice, c'était avant tout le respect et la protection de ce que la France devait à la sueur des colons–paysans ... Solidement campé dans une dialectique rodée par quatre années d'Ecole Normale dInstituteurs, Simon, quant à lui, affirmait avec force qu'une répression armée ne
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LAFI L L E D E L A-B A S
pouvait en aucun cas être la réponse à un soulèvement populaire. « Bien au contraire, disait-il, l'exemple de l'Indochine en est la cruelle illustration ... La seule solution c'est une intégration totale et sans arrière pensée des populations.... Bien entendu, il faut demander aux algériens de se prononcer clairement. Alors seulement, ces départements pourront véritablement être proclamés français ! » Fernand, qui avait passé une partie de son enfance au Maroc où son père était officier des affaires indigènes, mettait vigoureusement en avant sa connaissance des pays du Maghreb. – Vision angélique du problème algérien clamait–il avec indignation !... Tu fais table rase des réalités historiques et humaines !. Les Français ont fait la richesse de ce pays ! – Mais le principe de base c'est le droit de vote ! Pourquoi refuserait-on aux Arabes cette dignité élémentaire, s'acharnait Simon ?... – Si on leur donne la main, ils voudront le bras, s'indignait son ami! Ces terres n'étaient que des étendues de pierraille inculte ! –... Je ne connais qu'une arme, c'est la scolarisation, martelait Simon ! Education ! Education ! Elle est là, la solution !... – Et bien scolarisons-les ! En apprenant l'histoire ils verront que les Français n'ont pas à rougir... Bien au contraire !... Et la bagarre s'éternisait pendant des soirées entières. Bref, ils avaient vingt ans et que des certitudes ! Le train spécial venait de passer Dijon où un arrêt trop court n'avait pas permis de renouveler les
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