La fille du grand

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Sylvain Cassado appréhende anormalement cette journée particulière. Une journée anniversaire marquée par la traditionnelle battue au sanglier. Pourtant ce n'est pas sa première chasse. Comme tout natif d'ici il a tiré son premier gibier en culotte courte. Pour les habitants de ce pais du fond de France la chasse est inscrite dans les gènes. Elle est viscéralement transmissible. Une hérédité de groupe. Un rituel coutumier. Une fête annoncée que perturbe une vague intuition. Une confuse prémonition. Une angoisse confortée par un regard. Le regard clairvoyant de la fille du grand. Elle a vu quoi la Noëlle ?
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 103
EAN13 : 9782748179149
Nombre de pages : 347
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Éditions Le Manuscrit
La Fille Du Grand
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Guy Busquets
La Fille Du Grand
Roman
Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : livre imprimé 2-7481-7914-5 ISBN 13 : livre imprimé 9782748179149 ISBN : livre numérique 2-7481-7915-3 ISBN 13 : livre numérique 9782748179156
Les protagonistes et les péripéties ce roman sont purement imaginaires, toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.A celles qui ont le don, A ma femme.Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie. Sénèque (Lettre à Lucilius)
. Silence on tourne ! Les bruits sont retenus. Intériorisés. Claustrés. Et pour cause, les maisons sont closes. Une fermeture qui n’a rien de putassière même si elle confine dans l’attente du mâle toute la gente féminine du pays. Elles sont femmes, elles sont mères elles sont épouses, elles sont néanmoins sans homme. Ils ont tous rejoint le lieu du rendez-vous. Un lieu à quelques lieux du village que je traverse. Une traversée balisée d’éclairage public. Le soleil pour l’instant se cache derrière la nuit. Derrière l’horizon. Derrière une froidure qui blanchit le sol et picote les yeux. Des yeux gélifiés de contemplation. Un glaçage nostalgique. Un miroir qui me renvoie le village de mon enfance. Un village où il n’y a aucune rue, aucune maison, aucune cochère, aucune encoignure qui m’échappe. Il est captif de ma nostalgie. Prisonnier de mon souvenir. Il est en moi. Il est moi. Je l’ai dans la peau. Dans le cœur. Dans les tripes. Au fond de l’œil. Un œil qui le reconnaît. Une reconnaissance lointaine. Aussi loin que remonte mon souvenir je retrouve le même conglomérat de battisses qui
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La fille du grand presse l’église comme pour en faire gicler son clocher. Une érection architecturale qui identifie le village. Qui le situe. Qui le repère. On le voit de partout. On l’entend également. Son horloge me le rappelle. Un rappel d’heure sonnant et tintant. Je ne suis pas à la bourre mais peu s’en faut. A grandes enjambées je marche vers le sud freinant de la semelle et des cuissots pour ne pas me laisser entraîner par la descente plongeante. Je quitte le bourg par un raccourci qui évite l’interminable pente douce de la rue principale. Mes chaussures accrochent le sol. Elles tiennent la route et les chevilles. Du souple et du sportif esthétiquement plus prés des rangers de parachutistes que des lourdaudes bottes de chasse traditionnellement utilisées. A quoi bon se chausser d’habitude. Il faut vivre avec son temps. Sortir des sentiers battus. A propos de sortir, ça faisait belle lurette que je n’étais pas sorti aussi matinalement. Une sortie à froid. Un froid vif de nouvelle lune qui me plonge dans le souvenir des cailloux chauffés qu’on serrait dans les mains en se rendant à l’école. On faisait avec les moyens du bord. Un bord commun à toute une génération. Une génération d’après guerre fringuée de minimum. Un minimum empaqueté de tablier. Tous égaux. Vestimentairement du moins. Scolairement c’était autre chose. En dehors de
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