La Fille du roi araignée

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Le premier roman d'une jeune prodige nigériane

À dix-sept ans, Abike Johnson, la fille d'un richissime magnat de Lagos, a l'habitude de se laisser porter par l'immense Mercedes noire de son père dans les rues de la ville. Un jour, alors que la voiture est assaillie par des vendeurs à la sauvette, le regard d'Abike croise celui d'un colporteur : jeune, beau, élégant sous ses haillons, il détonne dans la foule.
Lui vit dans un quartier mal famé. Tous les jours, il parcourt des kilomètres en vendant des glaces pour subvenir aux besoins de sa sœur et de sa mère. Abike découvre un univers inconnu qui la fascine et invite à son tour le jeune homme dans son monde.
Mais le coup de foudre initial se transforme bientôt en un jeu de séduction mortel, entre amour et haine, tandis que des secrets de famille les obligent à choisir leur camp...



Publié le : jeudi 9 octobre 2014
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EAN13 : 9782365691345
Nombre de pages : 222
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Chibundu Onuzo

LA FILLE
DU ROI ARAIGNÉE

Traduit de l’anglais (Nigeria)
par Sylvie Schneiter

image

Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo.

Je dédie ce premier fruit à mon père qui est au ciel.

1

Je vais vous raconter l’histoire d’un jeu intitulé Frustration. Lorsque j’avais dix ans, un chien me suivait partout. Un jour, mon père ordonna à son chauffeur de l’écraser devant la maison, de façon à ce que j’assiste à la scène par la fenêtre. La voiture noire crissa sur le gravier ; les mains tremblantes, le chauffeur se prépara à le percuter une deuxième fois, sous les yeux attentifs de mon père, installé sur le siège arrière.

La voiture recula. Les pneus roulèrent de nouveau sur mon chien, et mon père envoya quelqu’un me chercher.

Je gardai mon calme jusqu’au moment où je me retrouvai en face de lui. Vêtu de son sempiternel costume de deuil, les bras croisés, il baissait la tête.

 Je suis vraiment désolé. Je sais ce que chien représentait pour toi. Je ne comprends pas comment cet imbécile ne l’a pas vu.

Je savais qu’il mentait. Il savait que je le savais. La colère me saisit alors, si violente qu’elle aurait sûrement tué l’un de nous si je lui avais donné libre cours. Consciente qu’il fallait au contraire me maîtriser, je m’approchai du chien que je poussai du pied. Le pelage maculé de sang, il gémissait. Mon père me scrutait, à l’affût du moindre signe de faiblesse. Après être restée immobile à regarder l’animal, je finis par demander :

 S’il te plaît Papa, c’est possible de recommencer ?

Ma demande choqua manifestement les deux hommes. Mon père acquiesça. Le chauffeur fit un signe de dénégation, les os ronds de ses phalanges saillaient sous sa peau noire.

 Fais ce qu’elle te demande, ordonna mon père.

 Vise la tête, recommandai-je, m’adossant à la voiture et prenant un plaisir pervers à la répugnance évidente du chauffeur.

Puis je me dirigeai vers la maison du pas sautillant qu’adoptent les enfants le premier jour des vacances d’été et lançai par-dessus mon épaule, comme si je venais d’y penser :

 Papa, assure-toi qu’il ne rate pas la tête cette fois.

Abike : 1

M. Johnson : 0

 

Tous les matins à mon réveil, je sais exactement quoi faire.

  1. Me laver.

  2. Veiller à ce que Joke fasse la même chose.

  3. Prendre mon petit déjeuner.

  4. Veiller à ce que Joke fasse la même chose.

  5. Idem pour ma mère.

  1. Emmener Joke à l’école.

  2. Quitter l’école pour aller à mon travail.

  3. Veiller à ce que Joke ne fasse jamais la même chose.

Une routine matinale que j’observe depuis environ deux ans.

Ces derniers temps, le point numéro cinq se révèle de plus en plus problématique. Ma mère pleure dès que j’insiste pour qu’elle se nourrisse parce que j’ai la voix de mon père – à en croire Joke – si bien qu’elle inonde de ses larmes salées la tranche de pain qui constitue son petit déjeuner. Lors de notre départ ce matin-là, elle était toujours en chemise de nuit et ébouriffée. Fut un temps, elle aurait détesté se montrer dans cet état ; elle ressemble aujourd’hui à un arbre en saison sèche. Chaque jour, une facette de son ancienne personnalité disparaît.

— Au revoir, Maman.

— Passez une bonne journée à l’école tous les deux.

J’ai beau l’avoir prévenue que je n’y allais plus, il lui arrive de l’oublier. Sitôt que j’ai eu refermé la porte, Joke s’est animée.

— Tu savais que Mme Alabi avait eu un bébé ? Celle qui habite ici, a-t-elle précisé, désignant du doigt une porte à la peinture écaillée. C’est un garçon, et elle est très contente parce que ses beaux-parents vont enfin la laisser tranquille.

— Joke, je t’ai demandé de ne pas écouter les ragots.

— C’en est pas un puisque c’est Funmi qui me l’a dit.

— Qui est-ce ?

— Tu ne te souviens pas des filles de M. Alabi, Funmi, Femi et Funke ? Elles sont passées quand on s’est installés ici. Tu ne les avais pas aimées. Tu les avais trouvées trop maquillées. En fait, c’est seulement vrai pour Femi. Les autres, ça va.

 

Nous nous tenions au bord de la grand-route, prêts à traverser. Nous n’empruntions plus la passerelle pour piétons qui se trouvait à quelques mètre depuis le premier jour où j’avais accompagné Joke à l’école et découvert, une fois de l’autre côté, que ma poche était vide. Une Toyota est passée devant nous, suivie d’une Mercedes, puis d’un petit break. J’ai attrapé la main de Joke et on s’est dépêchés de traverser.

— Ne parle pas à ces filles, ai-je lâché dès que nos pieds eurent touché le trottoir.

— Pourquoi ?

— C’est comme ça, un point c’est tout. D’autant que j’en ai surpris une en train de fumer.

— Laquelle ?

— Son prénom commence par F.

— Ils commencent tous par F.

— Je sais.

— Pourquoi tu ne me le dis pas ? Je ne vendrai pas la mèche, la dernière fois que tu m’as demandé de tenir ma langue…

 

Tandis que Joke bavardait, j’observais Wednesday, un marchand ambulant, un habitué de cette route, courir après une Jeep noire, sa caisse de produits plaquée sur le torse, ses jambes musclées martelant la chaussée. Le conducteur se moquait de lui, il ralentissait et accélérait vers l’autoroute, brandissant l’argent de Wednesday. Pendant une seconde, celui-ci a semblé sur le point de réussir puis, de guerre lasse, il est passé du pas de course au trot, sans renoncer tant il avait du mal à croire que le propriétaire d’une voiture aussi luxueuse puisse le voler. Quand la Jeep s’est engagée en trombe sur l’autoroute, des nairas flambants neufs ont voltigé, on aurait dit de la manne, avant de tomber par terre.

Le salaud !

 

— Tu m’écoutes ?

— Oui.

— Alors, c’est quoi ta réponse ?

— À quel sujet ?

 

Un homme portant une chemise jaune amidonnée nous a bousculés et a failli nous pousser sur la route.

— Joke, je dois faire gaffe. C’est dangereux par ici.

— Super ! Que tu m’écoutes ou pas, ça m’est égal. Je vais à la fête d’Obinna.

— Qui est-ce ?

— Je viens de te le dire !

— Peu importe qui c’est, tu n’iras pas à la fête de cet Obinna.

 

Depuis quand avait-elle l’âge de sortir ? Je l’avais emmenée acheter son premier soutien-gorge au marché et, au réveil, je découvrais parfois des taches rouges de son côté du lit. N’empêche qu’elle n’avait que quatorze ans, c’était à peine une adolescente.

 

— Tant pis. De toute façon, je n’aime pas Obinna. Il a plein de boutons.

Je lui ai repris la main, constatant avec plaisir qu’elle ne la retirait pas. Ç’a été trop bref, car on est vite arrivés à la grille de son école. Elle s’est éloignée de quelques pas à la recherche de ses copines.

— Amuse-toi bien au boulot.

Elle le disait tous les jours même si je ne lui avais jamais expliqué ce que je faisais. Je m’étais borné à définir mon travail par le terme vague de commerçant, qu’elle n’avait pas approfondi.

— Travaille bien à l’école. Et n’oublie pas d’attendre Mlle Obong.

J’avais tout organisé pour qu’elle rentre à la maison avec son professeur d’anglais qui habitait près de chez nous.

— C’est obligé ? Les autres, ils rentrent seuls. J’ai l’air d’un bébé.

— Oui, ça l’est.

— Dès que j’aurai quinze ans, ce sera terminé. Salut Deola ! a-t-elle crié en franchissant la grille.

2

Je n’ai pas l’habitude d’acheter ce qu’on vend sur la route. Une règle enfreinte aujourd’hui à cause d’une rencontre avec un colporteur. Il y avait un embouteillage, nos regards se croisèrent, et il n’en fallut pas plus pour que ce garçon, qui vendait des glaces bon marché, esquisse un mouvement vers ma voiture. J’eus beau tourner la tête, il ne s’arrêta pas. Une brèche s’ouvrit dans la circulation, mon chauffeur s’y engouffra.

Avance.

 Vous pas envie acheter quelque chose1 ?

Avance.

Mon chauffeur accéléra. Le colporteur courut derrière nous. La circulation devint fluide et on fila sur la route. Dans le rétroviseur latéral, j’aperçus une silhouette qui nous poursuivait. Au bout d’une cinquantaine de mètres, bien que plus petite, elle était toujours là.

Ralentis.

Hein ?

 Je t’ai dit de ralentir.

Le colporteur fonçait, il ne restait que dix mètres entre nous.

Accélère.

Hein ?

Accélère !

La voiture fit une embardée. L’imbécile allait trop vite maintenant. Le colporteur disparaissait derrière nous.

 Plus lentement ! Plus lentement !

Mon chauffeur appuya sur la pédale de frein de sorte qu’il pila brutalement. J’attrapai l’accoudoir mais le choc me propulsa sur les genoux.

 Oh, d’solé, tantine.

 Tu n’es pas fichu d’exécuter les instructions les plus simples.

Alors que je me rasseyais péniblement, je pressai un bouton avec mon coude. La vitre s’abaissa.

Mais…

 Mais quoi ? Tu n’écoutes pas ? Je ne t’ai pas dit de t’arrêter.

 Moi pas comprendre.

 Espèce d’idiot ! Je t’ai dit de ralentir.

En me retournant, je découvris le colporteur près de ma voiture. Il était très beau. Le teint foncé, les traits ciselés, il ressemblait à un mannequin de magazine. Je jetai un coup d’œil à ce qu’il vendait : des pochettes en plastique remplies de lait glacé et sucré destinées aux passants.

 Je peux en avoir une, s’il te plaît.

 Quel parfum ?

Vanille.

 C’est cent nairas.

Je tendis par la fenêtre un billet de deux cents nairas et attendis. Il ne faut jamais payer un colporteur avant d’avoir ce qu’on lui achète en main. Il me rendit la monnaie puis me donna la glace.

Merci.

Lorsqu’il s’éloigna, la circulation était de nouveau bloquée, les véhicules pare-choc contre pare-choc. Sitôt que je fus sûre qu’il était parti, je balançai le machin par la vitre.

 Demain, tu prendras le même chemin pour rentrer à la maison.

 

À une époque, je voulais être avocat, mais d’un autre genre que mon père. Piètre orateur, il se rendait rarement au tribunal et louchait à force de déchiffrer les petits caractères de contrats. Non, mes modèles, c’étaient ses collègues. Ils venaient parfois chez nous, toujours en robe, au sortir d’une affaire à propos de laquelle j’avais lu un article dans le journal du matin.

J’ai dû renoncer au droit. À la place, je suis colporteur, marchand ambulant, je vends au détail. Un travail auquel je me suis habitué. Parfois il pleut tellement à verse que l’eau m’arrive aux genoux ; parfois on me roule carrément sur les pieds et souvent les gens me hèlent pour finalement refuser de m’acheter quoi que ce soit. Aussi ai-je appris à apprécier les rares clients qui me traitent comme un être humain.

Aujourd’hui, j’ai vendu une glace à une fille assise à l’arrière d’une Jeep, dont elle ne pouvait être la propriétaire vu son âge.

Elle était petite, si bien qu’appuyée contre la portière, la banquette était quasiment inoccupée. Comme je l’observais, elle a levé les yeux. Nos regards se sont croisés une fraction de seconde et, avant qu’elle n’ait le temps de me congédier, je me suis approché avec mon sac de glaces. Je me trouvais à quelques mètres quand la route s’est mystérieusement dégagée. La Jeep a démarré en trombe.

Je me suis lancé à sa poursuite. Sans conviction tout d’abord, mais j’ai forcé l’allure dès que j’ai remarqué que la Jeep perdait de la vitesse. Dix mètres m’en séparaient lorsqu’elle a de nouveau accéléré. J’ai continué à courir. À mesure que la voiture s’éloignait, ma fureur se dissipait. Mais elle se mit alors à ralentir. J’ai disjoncté. Je n’avais plus qu’une seule envie, celle de cracher à la gueule de cette fille assise sur la banquette arrière. Un gros mollard bien glaireux qui coulerait sur son visage épouvanté. Une fois au niveau du véhicule, j’ai compris que la salive serait la dernière chose à sortir de ma bouche.

J’ai entendu qu’on criait dans la Jeep. Je me suis approché davantage. La fille fulminait : « Je t’ai dit de ralentir ! » Soudain, tout est rentré dans l’ordre.

— Je peux en avoir une, s’il te plaît ?

— Quel parfum ?

— Vanille.

— C’est cent nairas.

 

Je l’ai dévisagée le temps qu’elle sorte son portefeuille. Sa peau semblait si douce que j’aurais aimé l’effleurer du doigt. Elle m’a filé un billet de deux cents nairas, et son sourire a révélé ses dents blanches, parfaites. Ç’aurait été un jeu d’enfants de filer avec son fric. Je lui ai rendu la monnaie avant de fourrer la glace au creux de sa main. Qu’un autre lui montre que le monde n’est pas peuplé de colporteurs honnêtes et de licornes.

— Merci, m’a-t-elle dit.

Un mot que j’entends rarement. Je lui ai adressé un signe de tête et suis retourné sur le bas-côté.


1. Le chauffeur s’exprime en pidgin – langue vernaculaire des anciennes colonies britanniques de l’Afrique de l’Ouest – de même que les vendeurs ambulants ou les personnages issus de milieux populaires du roman. (Toutes les notes sont de la traductrice.)

3

 Funke, dans quelle université tu vas aller ?

 Ma mère me conseille de choisir Brown1, mais je trouve que c’est trop cher. Il faut compter quarante mille dollars rien que pour les frais de scolarité. Et toi, Chisom ?

 Duke2, je crois. Les frais sont encore plus élevés.

Toute la classe entendit la note triomphale qui vibrait dans sa voix.

 Et toi, Abike, me demanda Funke. Tu as pris ta décision ?

Yale.

L’avantage, quand on postule depuis le Nigeria, c’est que quelqu’un d’autre peut le faire à notre place. Mon père avait payé un titulaire de doctorat pour qu’il remplisse mon dossier et passe l’examen de fin d’études secondaires. Je l’avais fait aussi sous un autre nom et, à ma grande satisfaction, mes notes auraient suffi à mon admission.

 Ouah ! Dis-donc, Abike, combien ça coûte ?

 Aucune importance, Chisom. Pour mon père, c’est du pareil au même.

L’école Forest Hill était remplie d’élèves du même genre que ces filles : peu d’argent, mais beaucoup de fanfaronnades.

*

 Du calme, du calme, lança M. Akingbola, tout en entrant l’air affairé, le postérieur moulé dans son pantalon. J’ai dit du calme !

 Monsieur Grosses Fesses est dans la place, cria un élève du fond de la classe.

 Qui a dit ça ?

Il se retourna face à nous, les narines dilatées :

 Qui a dit ça ? demanda-t-il à nouveau, en tapant sur le bureau. Et que je n’aie ppas à me réppéter.

Dès l’instant où il était agité, M. Akingbola redoublait ses consonnes. Ce qui ne manquait pas de faire glousser les filles et d’inciter les garçons à imiter les rires graves de leurs pères.

 Ppardonnez-moi, m’sieu, vous avez déjà voyagé ?

 C’est impossible, pas vrai ? Il est trop rembourré pour un siège d’avion.

Les rires fusèrent de nouveau dans la classe.

 Silence ! C’est ainsi que vous vous adressez à vos pères ?

Il s’empressa d’entonner sa diatribe de prédilection. Nous étions des enfants gâtés, nous étions nuls, nous n’arriverions jamais à rien.

 Même si vos parents ont réussi, vous…

La moitié du cours s’était déjà écoulée. Un avion en papier fendit l’air et atterrit sur son bureau. Le cours tournait au ridicule.

 Écoutez M. Akingbola.

Il suffisait qu’un élève m’entende.

 Écoutez Abike.

 Elle a raison.

 Un peu de respect, s’il vous plaît.

D’accord.

Les élèves se turent.

 Vous ne réussirez pas.

La voix de M. Akingbola retentit dans notre silence chargé de réprobation à son égard. Il tripota ses documents, les classa et les reclassa jusqu’à ce qu’il eut recouvré son sang-froid.

 Aujourd’hui, nous allons continuer le cours sur le titrage. C’est une technique de dosage qui sert à déterminer la concentration d’acide d’une substance. Quel autre procédé est-il possible d’utiliser, Chike ?

Chike répondit. M. Akingbola poursuivit d’un ton monocorde ; les questions qui suivaient chacun de ses énoncés ne retenaient absolument pas mon attention. Je n’éprouvais pas le besoin d’étaler ma science. Il avait bien essayé, auparavant, de me prendre par surprise avec ses questions pièges, mais la classe en avait toujours profité pour devenir incontrôlable. Il apprenait vite.

 La prochaine fois, prévint-il à la fin, nous allons nous livrer à une expérience sur le titrage acide-base. Veillez à…

Le colporteur serait-il sur la route aujourd’hui ?

 

La Datsun a freiné brutalement, manquant ma jambe de peu.

— Dégage, a gueulé le conducteur, en klaxonnant.

— Toi fou ? Toi pas vu route ?

— Casse-toi, mec, ou moi te rentrer dedans.

— Toi cinglé ? Vas-y, fais-le.

— Fiche le camp.

— J’ai dit toi me rentrer dedans aujourd’hui.

L’homme a fait une embardée et s’est engagé sur une autre voie.

— Imbécile.

— Ta mère !

J’ai écarté les cinq doigts de ma main droite et craché par terre.

 

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