La fleur au ventre

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Sa langue est une rose écarlate, dévoilée indécemment d'entre ses lèvres humides. Elle tente de m'embrasser, de m'atteindre, mais je n'ai aucune confiance. Alors, sa colère fait surface. Figé, elle force l'entrée de ma bouche et je sens la douleur de son baiser épineux s'infiltrant au-delà de ma gorge. Il y a dans ces châteaux d'outre-temps, des atmosphères tantôt ardentes tantôt glaçantes, qui vous colorent les pensées d'un rouge sang à l'odeur mentholée.
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 172
EAN13 : 9782748102208
Nombre de pages : 215
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La fleur au ventre
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748102215 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748102207 (pour le livre imprimé)
Sophie Parneix
La fleur au ventre
ROMAN
L’enfant s’ennuyait sagement. Alors, il m’a montré la vie, elle suin  tait au bout de mes doigts.
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DOUX RIVAGES
L’aurore vient embrasser ma fenêtre. Tendre ment, à pas feutrés, le sol se met à respirer sous sa ca resse. D’un souffle humide et tiède, elle ondoie, elle frôle, libérant la forêt de son coma apparent. Dans la chambre, l’ombre traîne encore. Au pied du lit, le drap en tâche blanche est tout de plis effaré, cette nuit je me suis encore battue avec mes rêves. Pieds nus sur le parquet crissant, je dévale les es caliers. C’est une vaste maison coloniale, un labyrinthe de pièces infernales, des recoins inattendus sans portes et sans vitres, où parfois quelques paravents de bois es saient désespérément de cacher un lit, une baignoire. Ici, je vis, au creux d’une forêt de troncs centenaires dont les branches comme de longs bras osseux s’entor tillent à la toiture de mon antre. On pourrait croire au château de la belle au bois dormant, façon tropiques, émergeant majestueusement de ces ronces amicales.
Ce matin, la princesse est d’humeur rose. Les yeux écarquillés par le jour blond, j’enfile un "mouchoir", la chaleur ici nous habille d’un rien. Alerte, je passe le seuil et gambade en biche affolée vers des laies introuvables. Chemin faisant, un chasseur hy bride apparaît verticalement sur mon horizon. Sur nommé Robin, son arc est un fusil scintillant et son sourire une arme fatale.
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La fleur au ventre
 Bon jour Princesse ! Vers quel nid volestu par ce soleil si bas ? Je pointe mon ongle vers l’audelà, cette île aux reflets d’argent où les gratteciel omnivores se répandent impassibles comme un virus.  En ville ? Sur l’asphalte, tes petons nus de nouveauné faibliront. Une primitive lâchée au milieu d’une autoroute et la civilisation t’avalera d’une bou chée. On ne se promène pas, ma mignonne écervelée, de cette manière accoutrée. En hérisson, je me dresse de toutes mes épines. Son ricanement retors ainsi craché au visage m’insulte. Je scrute l’assaillant. Des gouttes de sueur roulent sur sa peau lisse, là, rien ne peut s’y agripper. Son regard, celui des lions, celui des hommes fièrement insatiables qui veulent tout et ne gardent rien. Le cœur en passoire, il colmate ses failles avec des femmes.  Tu pavoises de tes épaules d’Apollon, et je su bodore émanant de tous tes pores les froufrous capiteux de ta tribu. Je vais en ville, là où les vitres sont des éclats de miroir, les gens des fourmis affairées et les choses comme les étoiles se multiplient à l’infini. Pieds nus, je veux sentir l’argile rouge me frayer un passage jusqu’aux plateaux de bitume. Je ris car tes pieds aveuglés et lourds te traînent tel un mammouth apeuré. Moi, je suis une plume, je sens la terre qui me soulève et je respire avec elle.  Passe ton chemin ma rose ! Tu es plutôt fa rouche. Viendra l’instant où j’attraperai ton frêle cou de tourterelle et entre mes bras serrés en étaux, tu seras à ma guise une soumise. D’un bond, je virevolte et cours.
Aujourd’hui, c’est le jour du marché. Entre les immeubles se dressent des étalages de couleurs qui contrastent joliment avec les passants bla fards, des fruits attrayants, des tissus charmeurs, des
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