La fleur du secret (Harlequin Prélud')

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La fleur du secret, Inglath Cooper

« J'ai toutes les raisons de penser que c'est ma femme qui a mis au monde la petite fille que vous avez adoptée il y a trois ans. Je veux la récupérer. »

Caleb Tucker a perdu Laney, son épouse adorée, dans des circonstances tragiques : avant de mourir, elle a accouché de l'enfant d'un autre. Trop déchiré pour assumer ce bébé qui n'était pas le sien, Caleb l'a confié à l'adoption avant même de l'avoir vu. Mais les mois passant, il a le sentiment d'avoir commis une terrible erreur. En dépit des conditions de sa naissance, la petite Grâce n'est-elle pas le seul lien qui l'unit encore à Laney ? Laney ne continue-t-elle pas de vivre à travers Grâce ? Pour Caleb, retrouver l'enfant, saisir ainsi la chance de redonner un sens à sa vie, devient bientôt aussi nécessaire que l'air qu'il respire. Et lorsqu'il rencontre Sophie Owens, la mère adoptive de Grâce, il se sent prêt à se battre. Même si, pour obtenir la garde de l'enfant, il doit aller jusqu'à lever le noir secret qui pèse sur sa naissance.

Publié le : dimanche 1 avril 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280262200
Nombre de pages : 352
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Prologue
Laney Tucker s’éteignit au terme d’une des journées les plus radieuses qu’on ait connues dans le comté d’Albemarle, en avril.
Mais pour Caleb, le mari de Laney, ce temps splendide n’était qu’un sarcasme supplémentaire de la part du destin qui semblait s’acharner sur lui et avait transformé son existence en cauchemar.
Dans la chambre d’hôpital, il était assis sur une chaise, une main crispée sur la barre de métal du lit où reposait sa femme. Il faisait un froid glacial dans cette chambre où soufflait l’air conditionné.
Combien de personnes étaient restées là, comme lui, hébétées, refusant de se rendre à l’évidence ! Au cours de ces huit derniers mois, il en était venu à détester cette chambre, cette chaise, avec la même force que si elles avaient été responsables de la souffrance de Laney.
Il étouffa un sanglot et serra la main inerte de sa femme entre les siennes, avec une telle intensité et un tel désespoir que les jointures de ses doigts blanchirent.
Une demi-heure auparavant, deux médecins à la mine sombre avaient pénétré dans la pièce où il attendait en compagnie de ses parents et de ses beaux-parents. Caleb avait écouté les mots qui s’échappaient de leur bouche, sans vraiment en comprendre la portée.
— Nous sommes navrés, monsieur Tucker. Nous avons été obligés de procéder à une césarienne. Votre femme n’a pas supporté l’anesthésie… Il y a eu des complications… Nous l’avons perdue.
Il avait hurlé : Non ! Ce n’était pas possible !… Pas après tout ce qu’elle avait enduré. Son état allait s’améliorer. Elle s’en sortirait… Il le fallait… Il avait demandé à voir Laney.
Seul.
Alors, les médecins l’avaient escorté jusqu’à la chambre où elle reposait désormais, comme s’ils craignaient qu’il n’y parvienne pas sans leur aide. Pour sa part, Caleb ne voulait qu’une chose : qu’ils s’en aillent et le laissent seul avec sa femme.
Une fois la porte fermée, il s’était tenu là, à contempler le beau visage de Laney. On n’y décelait plus ni trace de vie ni marque de l’acte odieux qui était à l’origine de cette grossesse. Laney semblait apaisée, soulagée. Le souvenir de son calvaire avait glissé sur elle, laissant place à la sérénité.
Et c’était bien la seule chose que Caleb voyait de positive dans tout ce malheur.
Le jour fatidique était arrivé, après des mois et des mois d’angoisse pendant lesquels il avait si souvent souhaité que le temps s’arrête, tant prié pour que sa femme lui soit rendue. Hélas, Laney, sa compagne de toujours, n’était plus.
A cet instant, la porte s’ouvrit si violemment qu’elle alla cogner le mur. Mary se tenait sur le seuil, hagarde. Elle avait vieilli de dix ans, ces dernières heures. Emmitt Scott, le père de Laney, arriva précipitamment derrière elle. Il posa une main sur son épaule.
— Calme-toi, Mary… Je t’en supplie.
Peine perdue. Mary posa sur Caleb un regard chargé de reproche.
— C’est ta faute, lança-t-elle d’une voix aiguë. C’est à cause de toi que notre petite fille est morte !
Caleb laissa les mots flotter entre eux, mais l’accusation l’avait atteint aussi sûrement qu’un coup de poignard en pleine poitrine.
— Si tu avais été le mari dont elle rêvait, rien de tout cela ne se serait produit. Sais-tu combien de fois elle est venue se réfugier auprès de moi, en larmes, parce qu’elle ne te voyait jamais ? Combien de fois elle m’a dit que ton fichu boulot passait avant tout, y compris elle ?
Mary avait prononcé ces derniers mots sur un ton proche de l’hystérie. Emmitt lui attrapa le bras.
— Ça suffit maintenant, Mary !
Pourtant, Mary se dégagea d’un geste brusque et, traversant la pièce, alla gifler son gendre à toute volée.
Caleb resta assis, d’abord trop abasourdi pour ressentir plus qu’une douleur passagère, puis soulagé à l’idée qu’il éprouvait encore quelque chose.
— Mary ! s’écria Emmitt, scandalisé.
Il referma ses bras autour de sa femme, le visage crispé par la colère et le désarroi.
— Désolé, Caleb… Nous… Nous reviendrons quand tu seras prêt, annonça-t-il avant d’entraîner sa femme hors de la pièce.
*  *  *
Caleb resta immobile, à contempler la porte d’un regard fixe, bien longtemps après qu’elle se fut refermée. Mary pouvait l’accuser de tous les maux de la terre, elle ne parviendrait jamais au niveau de reproche dont il s’accablait lui-même.
Anéanti, il posa le front sur le barreau du lit. Le cri qu’il sentait monter en lui, du plus profond de son être, était presque inhumain. Pourtant, il ne pleurait pas. A aucun moment, il n’avait versé de larmes. En tout cas, pas depuis que la police avait retrouvé le corps désarticulé de Laney à une trentaine de kilomètres du parking où sa voiture avait été abandonnée, la porte du conducteur ouverte et le contenu de son sac à main éparpillé sur le trottoir.
Caleb s’était demandé des milliers de fois pourquoi il ne l’avait pas accompagnée, ce soir-là. Dans l’arrogante insouciance du moment, il avait dû penser qu’ils auraient d’autres soirées, d’autres occasions de sortir ensemble. Il l’entendait encore, comme si c’était hier :
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