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La hackeuse

De
260 pages
Aujourd'hui, chaque acteur peut user du télé-sabotage, de l'espionnage, du hacking, de l'arme chimique (j'ai choisi le dérisoire sel de table), du harcèlement moral et d'un usage intensif et pervers d'Internet. Ce livre place ces outils entre les mains des salariés d'une entreprise confrontée à une OPA hostile et à des méthodes de gestion du personnel musclées. Cette histoire ne s'est jamais passée. Mais ce livre s'ancre dans le quotidien des entreprises. Pour les jeunes, la tentation de bousculer les règles du pouvoir est grande. L'intelligence, la connaissance, la puissance de destruction et la faiblesse sont désormais partagées.
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La hackeuse
Michèle Créoff
La hackeuse
ROMAN
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748116356 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748116348 (pour le livre imprimé)
Avertissement de l’éditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre. D’éventuelles fautes demeurent possibles ; manuscrit.com, respectueuse de la mise en forme adoptée par chacun de ses auteurs, conserve, à ce stade du traitement de l’ouvrage, le texte en l’état. Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com 5bis, rue de l’Asile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
PRÉAMBULE
1 Non, les hackers, crackers, mobbers ne sont pas des nouveaux gâteaux apéritifs à déguster autour d’un verre entre amis. Ils affrontent leurs pouvoirs au sein de l’entreprise et chacun son ver ou son virus. Le ver informatique, mutant redoutable du virus vir tuel du hacker contre le virus mental du mobber qu’il introduit dans l’inconscient de ses victimes jusqu’à destruction complète. Dans les deux cas, souvent la victime n’a pas complètement conscience de la des tructionsauf quand il est trop tard
Le mobber connaît les faiblesses de ses victimes et les exploite. Le hacker connaît les faiblesses du système informatique du mobber et les exploite.
Il était inévitable qu’ils se rencontrent un jouret qu’ils s’affrontent
1. Le mobber est la traduction anglaise du mot français entré plus vite dans les entreprises que dans le dictionnaire « le harceleur ». Deux mots différents, une même réalité.
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PARDONS
Catherine tira ses cheveux vers l’arrière d’un geste machinal. Elle longea le parking de l’église. C’était bien là. Ces cinquante kilomètres lui avaient paru interminables. Cet enterrement serait une épreuve. Elle ne connaissait ni le défunt, ni ses proches. Mais d’une certaine façon, elle savait qu’elle aurait pu, ou dû, être le défunt. Le parking était saturé. Elle gara péniblement sa voiture à cheval sur le trottoir.
Seize heures. Les cloches de l’église de Blaye sonnaient lentement. Sur le parvis, une foule inhabi tuelle se pressait en cette fin d’après midi. Un so leil bas chauffait les larges dalles de pierre polies par des siècles de dévotions. Contre le mur, un ta pis de feuilles amassées par le vent de la nuit, ex halait, sous le soleil une forte odeur d’automne. Un mouvement lent se dessina vers la lourde porte prin cipale en chêne sculpté. Une main libéra le second battant de l’intérieur, la porte s’effaça complètement. La foule s’engouffra, en masse compacte, sous le double porche. Ni Les femmes, ni les hommes ne portaient de signe de deuil ou de cérémonie. La plu part étaient venus à l’église directement de leur lieu de travail. Ils avançaient lentement vers les bancs encore libres, graves, les yeux fixés vers le sol. Ils
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se plaçaient sans préférence, selon les places dispo nibles. Pas de saluts furtifs, pas de poignées de main, pas de condoléancesLe cercueil, voilé de noir, se détachait sur le sol clair de l’église.
Charles les avait quittés sans un mot d’explica tion. Il laissait sa femme, seule avec ses trois enfants adolescents. Tous les trois regardaient d’un air ab sent se dérouler une cérémonie, qui, pour le moment encore, leur semblait étrangère. Tout cela ne pouvait les concerner. Leur père aimait et savait faire la fête. Il avait passé toute sa vie dans le bordelais. Il avait tissé, au fil des années, des liens solides, que la vie avait transformé en amitiés d’homme. Ils savaient se retrouver autour de bonnes bouteilles. Petit, large d’épaules, les jambes massives développées à l’ex cès par la pratique du rugby, le corps de Charles sem blait promener sa large tête d’un air conquérant sur le monde. Il avait toujours raison.
Charles faisait la fête. Parfois trop, parfois à l’ex cès, jusqu’à prendre le volant sérieusement éméché. « Je fais 2 000 kilomètres par semaine, et je peux vous dire que les repas avec mes clients sont plutôt arrosés ! disaitil. Si je n’avais pas su conduire, je serais mort depuis longtemps ! ». Charles aimait la vie, la fête, les gens, la bonne chère. Aucun de ses enfants n’avait imaginé que cela puisse finir brutale ment.
La famille du défunt était déjà installée, au pre mier rang, et terminait les préparatifs du service fu nèbre. Les amis et connaissances s’asseyaient en si lence sur les premiers bancs. Quelques signes de croix furtifs, quelques timides génuflexionsLa plupart d’entre eux semblaient n’avoir plus qu’un vague souvenir des pratiques du culte. De peur de se
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