La Jouvence de Komodo

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Lorsque la rumeur de la présence, sur l’île de Ratibor, d’un élixir de jouvence se fait insistante, lorsqu’une expédition, menée par Leverrier, est montée afin de rentrer en possession d’un peu du précieux liquide, ce sont alors des intérêts tout à fait divergents, voire opposés, qui se nouent. Projets de commercialisation, fantasmes de richesse ou craintes quant à l’avenir de la foi s’emparent des hommes et de leur conscience… Pour la MOC, qui se pose comme un organisme visant à prévenir paix et bien-être pour l’humanité, la marchandisation de la vie éternelle pourrait toutefois occasionner des troubles sociaux d’envergure. C’est pourquoi elle accepte que deux de ses membres, Yoriko Aiba et son assistante, participent à la mission à laquelle Leverrier les a conviées. En sous-main, elles devront alors s’emparer du liquide convoité et le remplacer par un autre sur lequel les recherches ne donneront rien. Pourtant, le fait qu’elles aient été invitées dans cette quête n’est dû, en rien, à des intentions cordiales ou amicales… En sillonnant la jungle indonésienne, Yoriko et Miu ne devront pas seulement survivre à la faune et aux autochtones… Il leur faudra aussi se méfier des intentions cachées de leurs compagnons de route… Mêlant, avec habileté et dynamisme, le motif de l’expédition sauvage à celui du panier de crabes, "La Jouvence de Komodo" réussit, avec brio, à s’imposer comme une œuvre où l’urgence des situations, où la tension qui remue nerfs et cœurs, sont contrebalancées par quelques bémols humoristiques déroutants.
Publié le : vendredi 10 février 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748355000
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748355000
Nombre de pages : 256
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LA JOUVENCE DE KOMODO
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IDDN.FR.010.0115193.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2010
 
笑う門には福来るWarau kado niha kuku kitaru. (Le bonheur va vers ceux qui savent rire.)
Chapitre 1 Vivent les vacances Lamiral de Beaulieu plaqua sa carte « Pasmo » son abonne-ment de métro sur lil électronique du portillon. Au passage, il jeta un regard aux deux voyants du dispositif de contrôle des titres de transport. Lun lui indiquait combien de yens le par-cours lui avait coûté, lautre le renseignait sur le crédit qui lui restait sur sa carte.  Deux cent soixante-dix yens ! Le métro devient de plus en plus cher.  Par contre, le prix des carburants vient de diminuer, ré-pondit le capitaine de frégate Mitsukoshi qui accompagnait lofficier général.  Oui, partout le fioul augmente et ici, on baisse les prix. Je vous lai toujours dit, Commandant, le Japon est un pays de cocagne. Je laime, notre pays ! Mitsukoshi sourit, un peu surprise dun tel propos dans la bouche dun « étranger ».  Cest le moment dacheter une voiture, Excellence. Une japonaise, bien entendu, dit-elle sans laisser paraître son éton-nement. Que nenni ! Ma voiture de fonction me suffit. Et pour le reste, je trouve le métro bien agréable.  Cest parce que vous ne le prenez pas aux heures de pointe.  Soit, mais jaime observer les manies des voyageurs. Dans le métro, les gens ont à peu près tous les mêmes occupations. À
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peine assises, les femmes sortent leur tube de crème, en appli-quent la valeur dun pois sur le dos dune main et senduisent de cette pâte hydratante en se massant consciencieusement chaque doigt. Ensuite, elles se frottent les mains comme si elles ve-naient de réaliser une bonne affaire. Ou bien, elles refont le dessin de leurs sourcils au crayon gras ou se mettent avec pré-caution un collyre dans chaque il. Ou encore, elles écarquillent les yeux et adaptent leurs lentilles de contact avec une espèce de pince prévue à cet effet. Ou enfin, elles font semblant de dor-mir pour ne pas mettre leurs voisins mal à laise en les dévisageant. Les hommes lisent  même ceux qui sont debout accrochés aux poignées  de petits ouvrages de poche, tous coupés au même format, certainement écrits et imprimés pour être lus exclusivement dans le métro. Beaucoup dorment aussi ou contemplent en souriant leur téléphone portable dont lutilisation est interdite dans les rames sauf pour sadonner aux jeux électroniques. Avec frénésie, leurs pouces sactivent sur les touches. À les regarder, on ne doute pas que décidément, ces petits appareils leur apportent un divin plaisir.  Je ne savais pas que vous observiez aussi incisivement vo-tre prochain. Vous faites cela avec vos collaborateurs aussi ? demanda la jeune femme qui sentait poindre une légère inquié-tude.  Mais bien entendu, ma chère, répondit avec malice et un certain aplomb le chancelier général qui avait perçu le malaise de sa première assistante. Je vais donc passer moi aussi sur la sellette ?  Depuis le temps ! Je sais tout de vous. Tout en poursuivant leur conversation, les deux officiers M.O.C. étaient sortis de la petite gare de Higashi no Fuchu un des quartiers dune des nombreuses villes qui constituent la conurbation de Tōkyō.
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 Je sais par exemple, poursuivait lamiral, que vous aimez la cuisine chinoise, quil est midi et que vous avez faim. Je sais aussi quà cinquante mètres dici il y a un bon petit restaurant chinois où on mange très bien. Et je sais enfin que vous êtes mon invitée. Quen dites-vous ?  Amiral, vous êtes un père, pour moi !  Nexagérons pas. Disons un frère aîné. Sumimasen(Excusez-moi), Excellence. Loin de moi lidée de vouloir vous vexer.  Je ne suis pas vexé. Mais Ne mangez pas trop, Keiko san. Il me semble que vous avez profité, de ces temps-ci.  Amiral, votre tact est quelque peu étonnant. Je traduis en clair : non seulement vous me dites que je suis grosse mais en plus, je ne peux pas vous coûter trop cher !  Je nai rien dit de semblable. Je parle uniquement du point de vue diététique. Je veille sur votre santé et vous men faites le grief. Et sur celle de votre portefeuille, dit-elle non sans imper-tinence. Par jeu, Beaulieu afficha une mine renfrognée. Il bougonna :  On my reprendra à vous inviter. Quand partez-vous en congé, déjà ? dit-il avec lintonation de celui qui va bientôt être débarrassé dune importune. Je suis en congé depuis Elle regarda sa montre De-puis dix minutes ! Pendant un mois, nous ne nous chamaillerons plus. Mais je ne prendrai probablement que deux semaines. Vous allez me manquer, Amiral. Elle lui décocha un sourire qui métamorphosa complètement sa physionomie plate, caractéristique des Yamato. Cétait comme une embellie dans un ciel dautomne.  Mais je plaisante, bien sûr. Je suis ravie de votre invitation et Je suis très contente de travailler avec vous.
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 Moi aussi, Commandant, répondit-il en lui rendant son sourire. Entrons. Je crois bien que je vais manger un buf en-tier. Je meurs de faim. Lamiral descadre de Beaulieu et sa première collaboratrice pénétrèrent dans le restaurant chinois. Ils allèrent sasseoir près dune des fenêtres. De loin, la serveuse leur souhaita joyeuse-ment la bienvenue, comme dans tous les restaurants au Japon. La salle ne comptait que cinq à six tables. Deux seulement étaient occupées par des hommes seuls en train dabsorber avec grand intérêt et une attention particulière une sorte de potage consistant et fumant, servi dans un énorme bol. Le breuvage dégageait un parfum particulièrement agréable aux narines des deux nouveaux convives qui avaient précisément lestomac dans les talons.  Je vous ai préparé vos réunions pour les deux semaines à venir, Amiral. Elles se tiendront pour la plupart sur Gunsushi-ma.  Oui, je sais. Je dois rencontrer les grands-amiraux.  En fin de mois, il y aura une petite réunion avec les six métropolites de Tōkyō, au sujet du niveau de pollution en ville. Lamiral Aiba ne sera pas là. Ce sera le commodore Suzuki de TōkyōCentre qui la remplacera.  Pourquoi ne sera-t-elle pas là ?  Larchipolite sera en congé. Cest programmé de longue date.  Oui, en effet. Puis, après une courte réflexion : « Elle part en voyage avec son nouveau mari ? »  Je ne crois pas, Excellence. En tout cas, elle ne men a rien dit. La serveuse, qui respirait la joie de vivre, apportait les pre-miers plats : des lamelles de buf, des légumes colorés, deux grands bols de riz blanc.  Non, dit Keiko Mitsukoshi à la serveuse, une portion de riz seulement. Monsieur na pas très faim.
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