La lettre à Anna

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Samuel, un jeune violoniste, hante le Paris des années folles. Il a le swing dans le sang. Avec Anna, une pianiste, sa compagne, ils partent en tournée. C'est la gloire.
Sa vie paraît toute tracée et comme réglée sur du papier à musique : elle aura la forme d'un violon et il la traversera en smoking.
Mais c'était sans compter l'Histoire et ses fausses notes. Raflé durant l'Occupation, comme tant d'autres, c'est armé de son instrument et de son seul archet qu'il va devoir aller jusqu'au bout de l'enfer.
De ce voyage naîtra une oeuvre l'oeuvre ultime, la plus intime qui puisse être : La lettre à Anna.
Après tant de mots et d'images qui ont tenté d'évoquer l'inexprimable, le bref récit de Didier Goupil résonne comme un point d'orgue. À mesure, la blancheur envahit les pages, comme la neige et les cendres, là-bas, ont enseveli les morts.

Didier Goupil est l'auteur de deux recueils de nouvelles et de trois romans (La Mie des livres, Femme du monde et Le jour de mon retour sur terre)

Publié le : mercredi 31 août 2005
Lecture(s) : 21
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782213674704
Nombre de pages : 224
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© Librairie Arthème Fayard, 2005.
978-2-213-67470-4
DU MÊME AUTEUR
Femme du monde, Le Serpent à Plumes, 2003.
Le Jour de mon retour sur Terre, Le Serpent à Plumes, 2003.
Maleterre, Le Serpent à Plumes, 2005.
L’auteur tient à remercier Anne Rotenberg, le CNL et le Festival de la Correspondance de Grignan pour l’aide précieuse qu’ils ont apportée à l’écriture de ce livre.
I
Ce n’est pas au Conservatoire ni même dans une quelconque salle de concert, mais dans la rue, que sa carrière débuta vraiment.
La Grande Guerre venait de se terminer, et Samuel, qui devait penser à gagner sa vie, jouait tous les jours dehors, passant sans état d’âme des restos ouvriers aux immeubles des beaux quartiers.
L’école, pour lui, était finie. Le violon était devenu sa vie, toute sa vie, mais, ayant toujours mieux compris les notes que les mots, il n’en éprouva jamais de regrets.
D’autant que, le soir venu, il écumait les clubs de Montparnasse, et que c’était l’anglais, voire l’américain, qu’il pratiquait alors.
À l’affût du moindre musicien à remplacer, il acceptait tous les cachets qu’on lui proposait et trouvait, chaque nuit ou presque, une scène où s’exprimer.
Bien sûr, on ne venait pas l’écouter ; avant tout, c’est sa discrétion que l’on réclamait. On ne devait pas l’entendre. Ou à peine. Il était là pour accompagner le mouvement, pour embellir l’atmosphère.
Un client, une fois, avait même envoyé le serveur lui demander de baisser le ton, le son de l’instrument dérangeant sa conversation.
Les consignes de la direction sur ce point étaient on ne peut plus claires : les bouchons de champagne devaient faire plus de bruit que les cordes de son violon.
 
« Le violon, ne l’oublie jamais, l’avait prévenu un jour Grégor, son vieux professeur, était à l’origine un instrument rustique, presque vulgaire, uniquement réservé aux domestiques. »
C’est la viole, alors, qui était aristocratique et raffinée.
Mais la roue tourne, les temps changent, et l’heure aujourd’hui était davantage au swing.
Si l’on savait s’adapter, ce n’étaient pas les bals et les soirées qui manquaient, et Samuel subvenait maintenant correctement à ses besoins.
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