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La loi d'exil

De
192 pages

Il n'est pas nécessaire, pour connaître la condition du banni, d'être chassé au loin, il suffit de tomber de quatre étages, d'être chassé de la maison-tanière où l'on a vécu près de quarante ans, et où l'on s'attendait à mourir. Arraché à ses rites et à ses ombres, on n'est plus qu'un naufragé sans espérance.

Pour un écrivain, l'épreuve est encore plus rude : il n'avait jamais pu écrire ailleurs que devant une fenêtre perchée sur les toits. L'adieu aux aîtres est également un adieu aux livres. La plume est bloquée à jamais.

Jusqu'au jour où, deux ans après ce coup sur la tête, pour secouer cette mélancolie dangereuse qui le détruit peu à peu, il tente de récrire, comme un invalide, arrachant ligne après ligne aux pesanteurs de la loi d'exil.

La vie a repris, vaille que vaille, un peu d'air y pénètre grâce à cette médication de l'écriture. Quand le livre est achevé, l'écrivain est redevenu presque libre.

Reste que la vieillesse s'était glissée parmi les caisses du déménagement : c'est elle qu'il faudra, "à l'avenir" (mot de dérision), affronter.

Voici un récit sobre et sans complaisance. L'insouciance d'une vie se paie au dernier guichet.

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Il n'est pas nécessaire, pour connaître la condition du banni, d'être chassé au loin, il suffit de tomber de quatre étages, d'être chassé de la maison-tanière où l'on a vécu près de quarante ans, et où l'on s'attendait à mourir. Arraché à ses rites et à ses ombres, on n'est plus qu'un naufragé sans espérance.
Pour un écrivain, l'épreuve est encore plus rude : il n'avait jamais pu écrire ailleurs que devant une fenêtre perchée sur les toits. L'adieu aux aîtres est également un adieu aux livres. La plume est bloquée à jamais.
Jusqu'au jour où, deux ans après ce coup sur la tête, pour secouer cette mélancolie dangereuse qui le détruit peu à peu, il tente de récrire, comme un invalide, arrachant ligne après ligne aux pesanteurs de la loi d'exil.
La vie a repris, vaille que vaille, un peu d'air y pénètre grâce à cette médication de l'écriture. Quand le livre est achevé, l'écrivain est redevenu presque libre.
Reste que la vieillesse s'était glissée parmi les caisses du déménagement : c'est elle qu'il faudra, "à l'avenir" (mot de dérision), affronter.
Voici un récit sobre et sans complaisance. L'insouciance d'une vie se paie au dernier guichet.