La lumière de l'autre monde tome 2

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Ce livre nous fait part de la suite de la vie de Tony Martin et de sa petite famille. Loin d'être paisible et sans histoires, elle va être parsemée d'événements plus surprenants les uns que les autres, s'enchaînant sans jamais nous laisser le temps de souffler, nous faisant passer du rire aux larmes... mais surtout toujours avec beaucoup d'amour et de rebondissements. Nous allons découvrir cette femme, qui bien que toujours dans l'ombre, va guider les pas de Tony, le soutenir lorsque son passé lui apparaitra d'une façon aussi soudaine et qu'incongrue.
Publié le : lundi 20 juin 2011
Lecture(s) : 111
EAN13 : 9782748180541
Nombre de pages : 335
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2 Titre
La lumière de l'autre
monde

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Titre
Nathalie Fraissinede
La lumière de l'autre
monde
Tome 2
Roman
5Éditions Le Manuscrit
























© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-8054-2 (livre)
ISBN 13 : 9782748180541 (livre)
ISBN : 2-7481-8055-0 (livre)
ISBN 13 : 9782748180558 (livre)

6






.

.

8 La lumière de l’autre monde

A toi maman, A toi papa
A toi mon mari adoré
A vous mes enfants, prunelles de mes yeux,
A toi ma sœur,
A vous tous qui savez aimer tout
simplement… …
Vous êtes ma lumière à moi !






9 Partie 1 : santa maria’s beach club
PARTIE 1 : SANTA MARIA’S BEACH CLUB
Le petit Bradd est né depuis quelques heures
et déjà Tony à l’impression d’être un autre
homme ! Cette naissance lui a donné des ailes, il
a l’impression d’avoir reçu le plus beau cadeau
de sa vie après Nadia bien sûr. Il voudrait dire à
celle-ci combien il l’aime mais les mots ne sont
pas assez éloquents pour traduire son amour !
Il vient de laisser sa petite famille à la
maternité, il est 21 heures, le droit de visite est
terminé. Il les a embrassés tous les deux et a
promis d’être là demain matin à la première
heure. Nadia avait l’air en pleine forme, il est
parti rassuré.
Il veut maintenant informer la terre entière
de la naissance de son fils ! Il voudrait partager
son bonheur avec toute l’humanité, tant il est
grand, il y en aurait un bout pour chaque être
vivant de cette planète !
Il rentre chez lui, au Club, ce club de sports
qu’il a ouvert depuis quelques semaines. Fred et
Marina, les deux professeurs nouvellement
engagés, attendent son retour. Il leur propose
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de boire un verre à la santé de son fils et sa
femme. Il va également chercher un jeune
couple qu’il loge depuis quelques temps. Il
cherchait des ouvriers pour l’aider à
transformer l’étage supérieur, et ces jeunes ont
accepté de travailler à moindre coût s’ils étaient
logés gratuitement. Il faut savoir qu’à l’étage la
partie habitation doit faire environ 600 m², et
pour l’instant Tony et Nadia en occupent à
peine 100, il faut aménager le reste. Ils
partagent donc cet espace avec ce jeune couple
d’Américains qui aident Tony aux travaux.
Tony resplendit de joie et tous prennent un
verre dans la bonne humeur, décidant de fêter
cela plus dignement lorsque Nadia sera de
retour avec le bébé.
Tony, le soir une fois dans sa chambre,
décide d’écrire en France pour annoncer
l’heureux événement. Dans l’après midi, à la
clinique, avec Nadia, ils ont déjà téléphoné aux
parents de la jeune femme. L’accueil a été froid
mais le père a eu, pour la première fois depuis
l’annonce de la grossesse de sa fille, un soupçon
d’intérêt pour la santé de celle-ci et du bébé.
Cela a fait beaucoup plaisir à Nadia et Tony est
heureux de constater que leurs relations
semblent s’arranger.
Maintenant il veut informer tous ses amis qui
sont en France de la naissance de son fils, ce
premier fils dont il est si fier.
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Il écrit le premier mail à Valérie, cette jeune
femme qui était l’amie de sa sœur et qui depuis
le décès de Delphine a toujours gardé le contact
avec lui. Elle lui a même fait connaître Thomas,
son frère, qui est à l’origine de leur installation,
ici à Santa Maria et de l’ouverture de ce Club
qui lui permet de gagner sa vie et celle de sa
nouvelle famille. Il l’informe de la naissance,
laisse éclater sa joie d’être père et lui demande
d’en informer sa maman, la mémé, et bien sûr
Thomas.
Maintenant c’est au tour de Jérôme et de ses
parents. Il est content de leur annoncer la
nouvelle ! Jérôme, le fiancé « virtuel » de
Delphine, après la mort de cette dernière, a
terminé ses études et a dû intégrer l’armée qu’il
vient de quitter en novembre. Depuis ils ont
une correspondance suivie par mails, et le plus
surprenant une autre très soutenue avec les
parents du jeune homme par courriers qu’il leur
transmet par personnes interposées, très
souvent par Valérie, d’ailleurs. Mais là c’est à
Jérôme qu’il s’adresse :
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Le 6 mars
De Tony
A Jérôme
Salut Jérôme,
J’ai un grand scoop ! Depuis quelques heures je suis
papa !
Il s’appelle Bradd et se porte bien. Nadia va bien
aussi !
Je voudrais que tu le dises le plus vite possible à tes
parents. Je les appellerai mais je voudrais que tu leur
dises que je suis le plus heureux des hommes, et que je
tiens vraiment à partager cela avec eux, avec toi aussi
bien sûr.
Mon fils est beau, magnifique et même encore plus, je
crois que je n’ai jamais vu d’aussi beau bébé, même si en
réfléchissant je n’avais jamais vu de nouveau-né !
Je suis heureux même si les larmes me montent aux
yeux car Delphine me manque. Comme j’aurais voulu
partager ce grand bonheur avec elle ! Mais c’est la vie et
je vais me contenter de me réjouir et essayer d’oublier
cette peine pour qu’elle ne vienne pas troubler ces heures
magiques !
Je compte sur toi pour avertir tes parents, rapidement
s’il te plaît.
A bientôt
Un papa heureux
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Ensuite Tony rédige d’autres mails destinés à
Benoît, son ami d’enfance, David l’éducateur, et
bien sûr aussi à la petite Lucie, qui est très
souvent dans ses pensées. Il sourit à l’idée
d’imaginer sa réaction en lisant le mail qu’il va
lui envoyer. Très certainement elle va faire des
remarques mais il ne les entendra pas ! Il espère
qu’elle se trouve vraiment bien en famille avec
ce père réapparu subitement, qui est apparu
subitement pour l’enlever de la DASS et
l’intégrer dans cette famille bourgeoise !

Le lendemain Nadia sort de la maternité car
aux Etats-Unis, l’hospitalisation est très courte
s’il n’y a pas de problème de santé particulier, et
c’est le cas !
Ils rentrent chez eux avec le bébé et ce
moment est très émouvant, car ils y sont
arrivés ! Ils ont leur famille. Nadia resplendit de
bonheur. Pour elle cet enfant est le fruit de son
amour immense pour cet homme qui l’envahit
depuis des années. Pour Tony il est celui de
l’amour, bien sûr, mais aussi la raison qui va lui
donner envie de se reconstruire et de donner un
sens à sa vie.

Tony et Nadia avaient prévu de se marier le
16 mars. Encore une fois Thomas avait obtenu
l’autorisation écrite nécessaire auprès du père de
Nadia et la leur avait transmise. Ils avaient fixé
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cette date afin d’être mariés avant la naissance.
Mais, que cela ne tienne ! Ils se marient le jour
prévu mais avec en sus la présence de leur fils à
la Mairie de Santa-Maria, en Californie. Ils ont
pour tout témoin, leurs deux employés et le
couple qu’ils hébergent. Cela peut paraître
triste, mais ils s’en font une fête. Ils sont unis
légalement pour la vie et cela n’a pas de prix. Ils
se promettent de faire un jour un grand mariage
à l’église en présence d’un maximum de monde.
Mais pour l’instant la mairie suffit pour légaliser
leur situation et surtout pour faire de Tony le
père officiel de Bradd. Cela est très important
pour lui, car cela pourrait rassurer les parents de
Nadia et peut être les faire changer d’attitude à
son égard et surtout vis-à-vis de leur fille !
Il ne s’est pas trop trompé car le dimanche
qui suit le mariage, Nadia décide de rappeler ses
parents et elle est très surprise par la tournure
de la conversation :
« Allô.
– Allô papa, bonjour c’est Nadia.
– Bonjour ma fille ! » La voix est enjouée,
Nadia est agréablement surprise
« Bonjour ! Vous allez bien ?
– Oui ça peut faire ! Ta mère est fatiguée
mais les garçons vont bien et moi je continue
toujours à travailler dur, mais c’est ma vie ! Et le
bébé ?
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– Il va bien papa, il pleure la nuit mais c’est
normal, mais il va très bien, il est très beau
– Ha il te ressemble ?
– Non je ne crois pas, il tient plutôt de son
père ! Mais il est magnifique !
– Ha, si tu le dis
– Je voulais t’apprendre que je me suis
mariée hier !
– Je m’en doutais un peu, Thomas est venu
chercher l’autorisation l’autre jour !
– Oui Merci papa de l’avoir faite
– Sache que je n’approuve pas du tout cette
union Nadia et rien ne pourra y changer mais je
préfère que tu sois mariée car tu as un enfant,
même s’il ne pourra jamais être considéré
comme vraiment de notre famille
– Papa ! ne dis pas de bêtise !
– La preuve ! Je ne peux même pas le voir !
Tu es à des milliers de kilomètres, tu crois que
c’est normal cela ?
– En fait on ne peut pas venir pour l’instant
mais peut être plus tard, à moins que vous ne
veniez ? »
Nadia venait de lancer cela sans y avoir
jamais réfléchi avant et s’attendait à un refus
catégorique, quelle fût sa surprise en entendant :
« Hé bien en fait j’y ai un peu pensé, et je vais
avoir des vacances, nous serions bien venus
chez toi pour voir comment tu vis ? »
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Nadia est sidérée, elle ne s’attendait pas à
cette réaction, et n’en avait pas parlé avec Tony,
elle ne sait que répondre !
« Oui bien sûr ! Ce serait une idée. Il faut que
j’en parle avec Tony papa !
– Comment cela ? Tu ne veux pas de ton
père chez toi ? Et puis c’est toi que nous
venons voir avec le bébé, tu ne vas pas refuser
cela à ton père ?
– Non bien sûr ! Mais laisse moi en parler à
Tony, vous venez chez lui aussi !
– Ecoute ma fille, rappelle-moi ce soir car si
on vient je dois prendre les billets d’avion
rapidement !
– Ok je te rappele dans peu de temps, je
t’embrasse. »

Nadia raccroche. Elle est partagée entre une
grande joie de revoir ses parents mais aussi une
grande inquiétude vis à vis de Tony. Comment
va-t-il prendre la chose ? Comment cela se
passera-t-il entre ses parents et son mari si
jamais il acceptait leur venue ?
Elle doit vite en parler. Elle descend, après
avoir pris au passage Bradd dans son berceau,
voir Tony qui nettoie la piscine. Le jeune
homme pose son balai lorsqu’il la voit arriver. Il
est en extase devant l’image de sa femme
portant son fils et ne s’en lasse pas. Il
s’approche d’elle et l’enlace :
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« Tu sais que tu es le plus beau spectacle qui
puisse exister sur cette terre ?
– Tony, tu es adorable mais tu exagères !
– Non, c’est même encore mieux ! Mais ces
abrutis qui créent les dictionnaires n’ont pas
encore inventé un mot qui traduise ta beauté, je
n’y peux rien ! »
Tony est de bonne humeur, Nadia a peur de
gâcher ce moment mais elle doit lui parler :
« Je viens d’avoir mon père au téléphone !
– Ha et alors ? » Tony attend la suite, un peu
inquiet !
« Hé bien tu ne vas pas le croire, mais ils
veulent venir nous voir !
– Tu plaisantes ou quoi ?
– Non je t’assure je dois rappeler mon père
plus tard pour lui confirmer.
– Lui confirmer quoi ?
– Eh bien s’il peut venir ou non ?
– Et pourquoi il ne pourrait pas venir ?
– Je voulais t’en parler et connaître ton avis !
– Nadia, ce sont tes parents et si tu es
heureuse qu’ils viennent alors moi je serai
content pour toi, je trouve bien qu’ils veuillent
venir, c’est qu’ils évoluent à ton égard. .
– Oui mais franchement j’ai peur de
l’ambiance une fois qu’ils seront ici, et surtout
de leur attitude envers toi.
– Ce n’est pas grave, je suis grand, et je saurai
me tenir, s’ils me gonflent j’irai prendre l’air.
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– Oui mais tu ne les connais pas ! Surtout
mon père ! Il risque de te dire des choses
désagréables et cela, je ne le voudrais pas !
– Nadia, ce n’est pas grave. Je trouve bien le
fait qu’ils viennent, ils verront Bradd et tu seras
contente de les recevoir, le reste n’a pas
d’importance !
– Tu es certain de penser ce que tu dis
– Oui, appelle ton père et dis leur de venir,
voilà c’est pas compliqué. »

Nadia rappelle quelques heures plus tard son
père et ils s’accordent pour fixer leur visite à
début avril, aux prochaines vacances du père,
soit dans un mois environ.

Deux semaines après son ouverture, le Club
fonctionne déjà bien et les clients affluent en
grand nombre. ! La bouche à oreille fonctionne
bien. Le planning des cours est déjà très chargé
avec un nombre de participants important à
chaque fois. Tony se voit dans l’obligation
d’embaucher rapidement, un nouveau
professeur de sport et quelqu’un pour
l’intendance afin que tout fonctionne dans les
meilleures conditions. C’est ainsi qu’arrive Fred.
C’est un professeur de boxe et un « surfiste
compétiteur ». Cela permet de proposer encore
une autre discipline très appréciée. Il est logé au
Club lui aussi, et fait preuve d’une grande
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disponibilité ce qui sert bien au quotidien.
L’équipe est dynamique et chacun apporte des
idées enrichissantes à l’élaboration de
programmes sportifs attractifs pouvant plaire à
un très large public : des adolescents (pour les
cours de surf) aux femmes d’un certain âge
(pour la gymnastique aquatique). La clientèle est
très hétéroclite. Tony croule sous le travail !
L’argent rentre dans les caisses, mais la gestion
n’est pas son fort ! C’est Thomas qui, à chacun
de ses passages hebdomadaires, fait le bilan des
comptes. Il n’en revient pas de la fulgurante
prospérité de l’affaire ! Ils mettent vite en place
un système d’abonnement annuel relativement
onéreux. Cela ne contribue pas à faire baisser le
nombre de participants comme Tony le
craignait, mais au contraire, la formule est
appréciée ! Thomas est en admiration devant le
travail que fait Tony. Il faut dire que ce dernier
est un « perfectionniste » dans tout ce qu’il
entreprend. Les cours sont étudiés et montés
scrupuleusement avec la musique adéquate, les
horaires sont toujours respectés. Le Club est
d’une propreté à faire rêver n’importe quelle
ménagère ! En outre tous les travaux entrepris
apportent un peu de chaleur à ce « grand hall
neutre » qu’était au départ la salle de sport !
Enfin pour ajouter une cerise sur le gâteau, c’est
le seul Club sportif qui ouvre de 6 h du matin à
23 h 00 non stop, samedi toute la journée et
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dimanche matin inclus. Les clients apprécient et
vont en faire une telle publicité que déjà quatre
semaines après son ouverture, la presse locale
fera un article sur ce nouveau concept, attirant
ainsi encore plus de monde !

Début avril, les parents de Nadia débarquent
à l’aéroport de Los Angeles. Ils viennent sans
leurs enfants car le voyage est trop cher pour
quatre personnes. Tony et Nadia sont là pour
les accueillir. Arrivés dans le hall de l’aéroport,
ils embrassent leur fille et disent un timide
bonjour, du bout des lèvres, à Tony. Ils
s’extasient un moment devant le bébé mais le
père de Nadia a cette petite phrase qui va jeter
le premier « froid » de ce séjour :
« Il est beau mais bien trop blond pour
pouvoir être de notre famille. »
Réflexion des plus idiotes qui puissent exister
et, qui de plus, fait mal !
Nadia est complètement anéantie par cette
réaction, car elle la sait dirigée contre Tony !
Mais elle ne dit rien, commencer par un
affrontement avec son père serait gâcher à coup
sûr le séjour immédiatement ! Elle ravale son
chagrin, regarde Tony qui reste stoïque, comme
s’il n’avait pas entendu ! Elle s’empresse
d’engager la conversation sur des sujets plus
anodins et durant tout le trajet du retour, elle
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parle de tout et de rien, pour qu’aucune autre
réflexion ne vienne se rajouter !

Le père, Roger, est impressionné par le
bâtiment lorsque Tony gare la voiture devant,
mais il se garde bien de dire quoi que ce soit !
Tony et Nadia leur ont laissé leur chambre car
le reste de l’étage est encore en travaux. Ils font
leur possible pour rendre ce séjour agréable. Ils
prennent du temps pour rester avec leurs
invités le plus possible et Tony propose même
un circuit de visites des environs dans les jours
à venir ! Le père semble apprécier tout cela mais
ne veut donner aucun signe d’assentiment
pouvant laisser penser qu’il apprécie quelque
chose venant de Tony, celui par qui le mal est
entré dans la famille. Durant les premiers jours,
les parents s’adressent uniquement à Nadia,
ignorant la présence de Tony. Cependant, ils
vont profiter de leur hospitalité mais jamais ils
n’esquissent un sourire à l’encontre du jeune
homme et ne manifestent leur reconnaissance.
Les jours passent, Tony en prend son parti, il
veut que Nadia passe de bons moments avec
ses parents. Leur attitude à son égard n’est pas
très grave. Il redoutait plutôt des colères
éventuelles du père envers sa fille. A ce moment
là, il serait intervenu et même fermement, il ne
supporte pas l’idée qu’on puisse faire du mal à
Nadia. Mais cette situation de mépris à son
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égard ne lui pèse pas trop. Tony est habitué à
un entourage hostile il n’est pas du style à
vouloir être reconnu ou admiré, surtout par des
personnes, qui, finalement, ne lui tiennent pas
particulièrement à cœur.
Mais au bout du quatrième jour, le père de
Nadia commence à montrer sa désapprobation
sur de multiples choses qui ne sont pas à son
idée. Il en conclut qu’elles sont mauvaises pour
sa fille. Cela va des horaires de lever et coucher
du couple, en passant par les repas pris à des
heures non régulières, ou encore la tenue
vestimentaire de Nadia, qui a osé mettre un
short et dénuder ses jambes !
Et enfin, ce qui couvait arriva. Un jour au
cours du repas de midi, il revient sur la « fugue
de Nadia »
« Vous savez quand même tous les deux,
qu’à cause de vous on a eu des problèmes avec
les assistantes sociales ? Est-ce que tu es
consciente de cela Nadia.
– Oui papa, je suis désolée, mais maintenant
ça va mieux non ?
– Non ça ne va pas mieux ! J’ai honte de ce
que tu as fais ! Tu as déshonoré notre famille !
– Papa s’il te plaît, je me suis déjà excusée et
je suis mariée et j’ai un enfant !
– Bien sûr ! Tu t’es mariée pour réparer ta
faute !
– Non parce qu’on s’aime et que… »
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Mais son père commence à s’énerver et ne
laisse plus parler Nadia, il continue sur sa
lancée.
« Je ne veux pas entendre ces sornettes, tu
t’es laissée entraîner par Tony qui a profité de
toi et a abusé de toi. Vous m’avez forcé la main
en me faisant du chantage de ne plus revoir ma
fille, vous êtes quelqu’un de malhonnête Tony
et vous paierez très cher tout le mal que vous
faites à notre famille ! ! ! ! » Le ton est menaçant
et Tony est devenu blême, mais il répond aussi
sec :
« Si j’ai fait du mal à votre famille, j’en suis
désolé, mais regardez-vous dans une glace et si
vous pouvez dire que vous n’en avez pas fait
plus que moi, alors là je veux bien vous croire,
mais je ne pense pas qu’avec votre attitude de
dictateur vous soyez un saint ! »
Et Tony se lève et part prendre l’air. Il est
très énervé et ne veut pas entrer dans le jeu de
son beau-père. Nadia est paralysée par ce qui se
passe. Elle a été toute sa vie terrorisée par son
père, et là, encore une fois elle ne peut réagir,
elle a tellement peur de ce qui risque d’arriver
quand son père s’énerve. Elle préfère ne rien
dire, elle sait que si son père ne s’en prend pas à
elle-même pour calmer sa colère, sa mère risque
d’en faire les frais, et elle ne veut pas de cela ici.
Elle tente de calmer le jeu en ajoutant
maladroitement :
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« Papa, je m’excuse et Tony aussi. On ne
voulait pas faire de mal, on a pas réfléchit aux
conséquences. Mais tu vois tout est dans l’ordre
maintenant ! »
Le père est hors de lui et il rajoute cette
phrase qui marquera l’avenir de sa fille :
« Rien n’est rentré dans l’ordre, tu nous as
mis devant le fait accompli, et tu es une moins
que rien pour nous et tous les gosses que tu
pourras avoir avec ce mal élevé de voyou ne
seront que de la racaille, tu as apporté le
malheur chez nous, tu le paieras très cher
Nadia, Dieu te punira ! »

Bien sûr, pour un observateur extérieur, cette
phrase prononcée sur le coup d’une grande
colère peut paraître anodine, mais elle tiendra
une grande place dans les années à venir, dans
la vie de Nadia.
Le reste de la journée chacun reste de son
côté. Nadia rejoint Tony et les parents s’isolent
dans leur chambre. Nadia a peur pour sa mère,
mais Tony la rassure en lui disant que s’ils
entendent quelque chose, il n’hésitera pas à
intervenir. Après tout il est chez lui et n’accepte
pas de violence sous son toit. Nadia est
effondrée, elle prend son fils dans ses bras.
C’est un bébé magnifique, on dirait un ange.
Elle ne comprend pas que ses parents ne soient
pas capables de l’aimer, de surmonter leur à
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priori, et surtout elle en souffre. Elle se sent
déchirée entre cette famille qu’elle aime malgré
tout, et tout son amour pour Tony et son fils.
Elle aurait tant voulu que tout se passe en
bonne harmonie, mais visiblement ce n’est pas
pour tout de suite. Tony essaie de la rassurer et
lui dire qu’il faut du temps, que les choses
s’arrangeront.
Le lendemain matin, il n’a’pas envie que cette
nouvelle journée se déroule comme la
précédente. Il se paie le culot d’aller frapper à la
porte des parents de Nadia :
« Bonjour c’est Tony, il faut que je vous
parle. »
Ils entrouvrent la porte, comme s’ils avaient
peur qu’il leur fasse du mal ! Tony enchaîne :
« Voilà il vous reste quarante huit heures à
passer ici, Il y a deux solutions, ou chacun reste
dans sa chambre et dans ce cas là on se donne
rendez-vous dimanche matin pour partir à
l’aéroport. Mais c’est peut être un peu
dommage d’avoir payé le prix que vous avez
payé, et faire tous ces kilomètres pour rester
enfermés. La deuxième solution est que vous
descendiez déjeuner avec nous et on passe
l’accord qu’il ne sera fait plus aucune réflexion
agressive sur quoi que ce soit, et on essaie de
terminer le séjour comme des gens civilisés.
Nous allons déjeuner dans une demi-heure,
nous vous attendrons, si vous ne venez pas, on
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aura compris, je vous monterai vos déjeuners
dans votre chambre. »
Et Tony ne leur laisse même pas le temps de
répondre, il est déjà parti à la cuisine.
Les parents de Nadia descendent une demi-
heure plus tard, et les deux derniers jours vont
se passer dans une ambiance tendue mais sans
esclandre.
Durant tout le séjour la maman de Nadia ne
dit pas grand-chose et montre une hostilité
certaine à l’égard de Tony. En fait peut être
s’agit-il d’une peur ? Nadia a ce drôle de
conversation avec elle, alors qu’elles se
retrouvent toutes les deux en tête-à-tête. Sa
mère la regarde et lui pose tout de go cette
question :
« Et est-ce qu’il ne te frappe pas trop ? »
Nadia s’empresse de répondre :
« Non maman, bien sûr que non, Tony n’est
pas violent, ça ne lui viendrait pas à l’esprit !
– Oui mais il est pervers, tu es trop jeune
pour lui, dés que tu auras cinq ans de plus il
trouvera une gamine pour te remplacer.
– Maman je crois que tu ne le connais pas !
J’aimerais que tu fasses un effort, c’est le père
de mon fils et mon mari et je l’aime.
– Ton fils sera toujours un bâtard, tu le sais ?
– Mais pourquoi, parce que Tony n’est pas
pied-noir ?
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– Entre autre, et parce que c’est un voyou et
que ton père est contre cette union.
– Mais mon fils est bien le mien et celui de
mon mari, pourquoi bâtard ?
– Parce que ; pas de la famille.
– C’est dommage maman que tu dises cela,
j’espère que tu ne le penses pas, parce que
Bradd est ton petit-fils et la chair de ma chair,
j’espère que tu changeras d’avis.
– Non, et puis ce n’est pas une façon de
vivre comme cela ! Avec sans arrêt des
étrangers chez vous !
– C’est provisoire maman, et ils sont gentils,
on s’entend bien ! Je ne vois pas où est le mal ?
– Moi je le vois. »
Et cela avait mis fin à cette conversation.
Nadia avait bien compris que tout n’était qu’un
fossé entre ses parents et sa nouvelle famille.
Elle n’avait pas voulu penser qu’il y aurait
autant d’incompréhension et surtout de
mauvaise foi de la part de sa mère et son père.
Cependant elle essaie de rester sereine bien qu’à
présent il lui tarde qu’ils s’en aillent car
l’atmosphère devient étouffante et elle ne
supporte plus que Tony subisse tout cela. Il ne
le mérite pas ! Et elle, est trop lâche pour y
mettre un terme. Même si la trêve des deux
derniers jours permet de détendre un peu
l’atmosphère, elle n’en reste pas moins malsaine
et peu vivable.
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Quand ils les raccompagnent le dimanche
suivant à l’aéroport et que l’avion décolle, ils
poussent tous les deux un soupir de
soulagement.
Nadia se blottit dans les bras de Tony. Elle
voudrait effacer tout ce qui vient de se passer.
Elle en est tellement désolée ! Mais elle avait
tellement envie de voir ses parents aussi, elle
pense qu’elle a été égoïste et ne sait comment se
faire pardonner. Elle dit juste cette phrase à
Tony :
« Je m’excuse pour eux, ils sont butés et je ne
veux plus qu’on en parle, ils sont partis et je suis
heureuse d’être avec toi. »
Tony l’a prend dans ses bras, lui aussi,
soulagé de ne plus sentir le regard incendiaire
du père sur lui chaque fois qu’il touche Nadia
en public.
« Ok, on en parle plus, ce n’est pas grave. Je
n’ai pas de famille moi, peut être qu’elle aurait
été pire, va savoir ! » Ils en rigolent mais
certaines paroles prononcées ont été difficiles et
ne vont pas s’oublier comme cela ! Ils regardent
tous les deux leur fils qui dort dans le landau, et
se disent que l’essentiel est qu’il soit là et le reste
n’a pas d’importance.

La vie continue au Santa Maria’s Beach Club,
c’est le nom que Tony vient de donner à son
Club. Au mois de juin, la plupart des travaux
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sont terminés. La salle de sport est magnifique,
et l’étage d’habitation abrite six chambres et
trois salles de bain. Tony a fait construire une
immense cuisine, il a un projet futur de
restauration.
Thomas est toujours présent ponctuellement
et une réelle amitié s’est liée entre lui et le
couple. Ils lui sont reconnaissants de ce qu’il a
fait pour eux, ils savent que sans son
intervention, ils seraient sûrement dans une
galère et leur fils avec eux.
L’inauguration officielle a lieu, le 30 juin,
avec les clients, le personnel bien sûr mais aussi
quelques voisins avec qui ils ont fait
connaissance depuis leur arrivée.
Tony et Nadia sont un peu submergés par le
travail, mais ils se disent qu’ils ont réussi à s’en
sortir, et Tony aime ce qu’il fait. Nadia s’occupe
de l’accueil, du téléphone, donne un coup de
main au bar et veille à ce que les vestiaires,
douches et autres lieux soient maintenus en bon
état de propreté.
Tony donne ses cours tout au long de la
journée, gère les planning et dirige son Club du
mieux possible. Bradd est toujours avec eux.
S’ils sont tous les deux en bas, le bébé est à côté
dans son transat, il s’éveille à la vie et devient la
mascotte du Club. Son père adore le tenir dans
ses bras. Il a besoin de sentir la chaleur de ce
petit corps contre lui, et dés que cela est
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possible, il le place dans le porte-bébé sur son
ventre. Ce qui fait qu’à trois mois, Bradd ne
s’endort que sur le ventre de son papa, qui, loin
de s’en offusquer, est ravi. Nadia ne se lasse pas
de les voir tous les deux, et se dit que si le mot
bonheur avait une image, ce serait celle-ci !

Le soir de l’inauguration, elle attend que
Tony monte la rejoindre dans la chambre et
quand Bradd s’est endormi, elle lui dit :
« On a passé une bonne journée !
– C’est sûr. » Tony est content, tout marche
bien pour l’instant. Cela l’empêche de trop
penser à sa sœur, et il commence à trouver la
vie belle.
« J’ai une nouvelle de plus à t’annoncer, nous
avons une autre inauguration à faire !
– Ha oui et laquelle ?
– Je crois que Bradd va avoir un frère ou une
sœur !
– Nadia ! Mais c’est génial, tu es certaine ?
– Heu oui, en fait je n’ai pas fait de test mais
je le sens et de toute façon je n’ai pas eu de
règles depuis l’accouchement.
– C’est vrai ! C’est génial, mais ça va te
fatiguer ?
– Non ça va je vais bien, et je n’ai pas de
nausées, c’est bizarre par rapport à Bradd !
– C’est trop cool. »
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Tony prend sa femme dans ses bras. Quelle
est belle, et quel cadeau elle lui fait ! Ils
regardent Bradd qui dort. Nadia sourit à Tony,
elle sait tout l’amour qu’il ressent pour son fils
et est contente de lui donner un autre enfant.
L’expression est significative, elle va lui en faire
don, un don d’elle-même ! Elle se dit que c’est
ce qu’il y a de plus beau au monde, et est ravie
de sa nouvelle grossesse.

Elle repousse la visite chez le médecin à plus
tard, il n’y a pas urgence ! Tout se passe bien.
Depuis le départ de ses parents, elle les a
rappelés deux fois. Leurs rapports sont distants
et polis. Elle a eu l’occasion de parler à Franck,
il lui manque vraiment ! Son petit frère !
Combien de fois l’a-t-elle bercé ? Consolé et
joué avec lui ?
Yohann aussi lui manque, mais il ne veut pas
lui adresser la parole. Il lui en veut d’être partie
et de les avoir abandonnés comme il dit. Nadia
est un peu peinée par sa réaction, mais se dit
qu’il est jeune et comprendra plus tard.

Tony est toujours en relation avec Valérie.
Celle-ci relève son courrier, puisqu’il n’a pas
effectué de changement d’adresse auprès des
services concernés. Elle y a trouvé à plusieurs
reprises des lettres qui soulèvent des problèmes,
qui nécessitent la présence de Tony en France.
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