La mèche de guerre des Mac Donald

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1688. Le Hollandais William d'Orange envahit l'Angleterre et force le roi catholique James Stuart à l'exil. Hostiles au papiste, les Anglais couronnent le Hollandais. Mais en Ecosse, les clans prennent les armes pour rendre le trône aux Stuart. Jeunes mariés, Iain Mac Donald, le fils du 12ème chef de Glencoe, et la belle Eiblin d’Achtriochtan rejoignent la révolution. Ensemble, ils sont prêts à tous les sacrifices pour sauver leur clan et leur territoire. Partisans, rebelles et hors-la-loi, Eiblin et Iain sont les porte-parole de la révolution jacobite au XVIIème siècle. A partir de faits réels, La mèche de guerre du clan Mac Donald réinvente l’histoire de ce couple de légende.
Publié le : vendredi 17 juin 2011
Lecture(s) : 135
EAN13 : 9782304034967
Nombre de pages : 274
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La mèche de guerre des Mac Donald
La mèche de guerre des Mac Donald
La mèche de guerre des Mac Donald
Nathalie Dougal
La mèche de guerre des Mac Donald La révolution jacobite
Éditions Le Manuscrit Paris
La mèche de guerre des Mac Donald
© Illustration de couverture : Christian De Metter. © Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-2010 ISBN : 978-2-304-03496-7 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304034967 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03497-4 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304034974 (livre numérique)
Nathalie Dougal
LES NOCES DEFRAOCHDepuis que Iain l’avait demandée en mariage, Eiblin vivait un rêve. Le bonheur l’avait rendue si légère qu’elle n’avait pas remarqué l’énervement, les disputes et l’agitation autour d’elle. Elle avait à peine regardé son père qui comptait ses têtes de bétail et le trousseau que lui confectionnaient les femmes d’Achtriochtan. Tout juste si elle s’était aperçue que Deirdre, la mère de Iain, lui avait fait essayer une robe trop large pour elle. Pendant quatre mois, Eiblin n’avait pensé qu’à ses escapades avec Iain. Il y avait eu de la neige, de la pluie et des tempêtes, mais dans son plaisir et sa joie, elle n’y avait pas ressenti de froid. Comme le vent, l’hiver était passé. Le printemps était arrivé, avec cette date merveilleuse du 15 avril 1689. Comme d’hier, Eiblin se souvenait du soir où Iain lui avait demandé sa main. C’était à la mi-décembre. Avec son père et ses frères, elle avait passé la journée à chasser le cerf. Iain s’était joint à eux. Et en fin d’après-midi, ils avaient couché une bête dans la lande de Rannoch.
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Émoustillés par leur prise, sur les chevaux épuisés, suivis des chiens gris qui fumaient, ils étaient rentrés à Achtriochtan. Ils s’étaient installés dans le séjour de son père, autour de la table. Un feu de cheminée brûlait. Il y avait eu de la bière, des galettes d’avoine et du whisky. Et progressivement, leur esprit s’était échauffé. 1 Ils avaient parlé du Hollandais William d’Orange qui s’intronisait roi de Grande-Bretagne. Ils avaient pesté et décrié. Eiblin leur avait rappelé que malgré le traité d’Union, les royaumes d’Ecosse et d’Angleterre demeuraient indépendants, et que William ne pouvait être roi d’Ecosse s’il refusait d’y être couronné. Iain s’était tourné vers elle avec son regard de loch. Puis, il s’était esclaffé : – C’est une femme comme toi qu’il me faudrait ! Le cœur d’Eiblin s’était emballé. Elle avait rougi, mais elle avait répondu comme à une plaisanterie : – Si c’est une demande en mariage, je l’accepte ! Son père et ses frères avaient éclaté de rire. L’idée d’un mariage leur avait paru aussi insensée qu’impossible. Iain avait deux fois l’âge d’Eiblin. Il pouvait être courageux, brillant et bel homme, il ne serait pas un bon mari. Les
1 Egalement connu sous le nom de Guillaume d’Orange.
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femmes qui le connaissaient chuchotaient même qu’il était maudit. Toutefois, Iain avait renchéri en proposant une cérémonie pour la mi-avril. C’était une semaine avant le seizième anniversaire d’Eiblin, 2 quinze jours avant Beltane . Eiblin avait trouvé la date parfaite. Ils avaient craché dans leur main et se l’étaient serrés. Et aussi brusquement qu’il avait éclaté, le rire de son père et de ses frères s’était tari. Ils avaient regardé Eiblin avec un air stupéfait, mais ils n’avaient rien dit pour s’opposer. Iain était le fils aîné de leur chef, et ils avaient élevé Eiblin dans l’intelligence et la liberté. Si elle avait décidé d’épouser Iain, ils ne pouvaient pas l’en empêcher. Eiblin avait passé la nuit à Carnoch. Dans la chambre qu’elle n’avait pas quittée même pour déjeuner, Deirdre et Isobel la sœur de Iain, s’affairaient. Elles tournaient autour d’elle comme deux butineuses, et Eiblin, qui n’avait jamais eu besoin de l’assistance de femmes pour s’habiller se sentait saoulée. A trente ans d’écart, Deirdre et Isobel avaient un même visage criblé de tâches de rousseur, un regard vert pâle et une belle chevelure de feu. Dans l’effort, elles rosissaient comme si c’était elles qui se mariaient. Depuis des heures, elles s’acharnaient
er 2 1 mai. Fête celtique, célébrant le début de l’été.
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à donner à Eiblin un air raffiné. Elles l’avaient vêtue d’une robe ocre-vert, bâtie dans le meilleur des tartans. Elles avaient discipliné ses cheveux bruns en de savants entrelacs de tresses et de rubans. Dans un silence ému, elles s’écartaient parfois pour la contempler. Soudain, Deirdre s’exclama : – Ta mère, qui est au Ciel, doit être si fière ! Tu lui ressembles tellement ! Tremblante d’émotion, Deirdre examina encore le visage d’Eiblin. Isobel et elle étaient parvenues à lui ôter son air trop audacieux. Ses traits se révélaient d’une grande finesse, avec des pommettes hautes, un nez droit, des yeux d’amande verte et une bouche généreuse. – On dirait une Campbell qui va à la messe, plaisanta Isobel ! Eiblin éclata de rire : – Dieu m’en préserve ! Elle tourna sur elle-même en écartant ses jupes bâties sans économies, regarda son corsage fermé sur le devant par une douzaine de boutons d’argent. Elle pensa à son père qui lui reprochait souvent son manque de coquetterie. Aujourd’hui, il aurait du mal à la reconnaître. Dans un élan ému, elle se tourna vers Deirdre et Isobel. « Vous êtes deux bonnes fées ! » – On a juste aidé la nature, lui sourit Deirdre. Je suis si contente que tu épouses mon fils !
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