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I ’était un baiser d’adieu. Elle ne le savait  C pas. Comment pouvait-elle le savoir puisqu’en réalité, elle n’avait jamais rien su de lui? Elle ignorait tout de celui qui, pourtant, était devenu presque un Dieu pour elle, depuis un soir d’avril. En général, une rencontre peut être source de bonheur pour toute une vie. Une telle rencontre, tous rêvent de la faire. Par contre, elle peut devenir aussi source de misère, soit pour un temps, une partie de la vie ou encore pour toute une vie. Ce type de rencontre, personne ne la souhaite.
Ce soir-là, un lundi de mars 2005, le soleil venait à peine de céder la place aux étoiles qui perçaient déjà l’immense tissu noir enveloppant la terre pendant la nuit. La brise du soir soufflait sur ceux qui avaient décidé de relaxer dehors par ce temps de chaleur que connaît Dassan, la capitale de la République du Minawé. Laurent et Maxime, deux des trois cofondateurs du journal LeMédiateur,s’étaient enfermés pour analyser et faire la 7
synthèse des derniers articles de leur hebdomadaire paraissant tous les mardis. Une pièce exiguë, située à l’entrée de l’édifice, servait de salle de rédaction. Laurent y louait également un studio, car le quartier Saint-Ignace, au nord-ouest de Dassan, offrait de nombreux avantages et une accessibilité à tous les services de cette métropole. Le Médiateur avait été créé quatre ans plus tôt par ces copains issus du département de la communication de la seule université du pays. Ce jour-là, les collaborateurs avaient déjà rendu leurs articles. Comme chaque veille de parution, les cofondateurs s’acharnaient à régler les derniers détails pour parfaire chacune des pages. Cette fois, il y avait beaucoup d’articles pour certaines rubriques. Les annonces publicitaires abondaient, comparativement à la dernière année la même période. Les discussions furent interrompues par deux coups à la porte. C’était Myriam, la jeune réceptionniste de l’immeuble. – Quelqu’un désire parler à Laurent.
Les journalistes avaient éteint leur téléphone cellulaire pour mieux se concentrer et terminer le travail sans interruption. Cet appel venait déjouer leur plan. Myriam, qui ne faisait que son travail, avait déjà affirmé à l’interlocuteur que Laurent était présent. Celui-ci ne pouvait donc pas s’esquiver. Mais qui connaît ce numéro qu’on n’utilise qu’en cas d’extrême urgence? Normalement, on me rejoint directement sur mon cellulaire! pensa-t-il.
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±Eh bien, ça semble urgent, nota Myriam. ±Est-ce un homme ou une femme? demanda-t-il nerveusement. ±C’est la voix d’un homme. Il a l’air pressé. Il n’a pas voulu donner son nom. ±Ah bon!
En précédant la jeune femme, Laurent se précipita vers le téléphone situé à droite de l’entrée de l’immeuble où une porte s’ouvrait sur une des rares grandes rues du quartier. En principe, seulement quelques personnes de son entourage, bien sélectionnées, connaissaient ce numéro de téléphone. Alors, si quelqu’un l’avait composé, c’est qu’il méritait d’être entendu sans tarder. Il saisit le combiné. ±Laurent à l’appareil, bonjour… Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase que son interlocuteur l’interrompit. Au ton de la voix, l’inconnu n’eut pas besoin de s’identifier. Un seul mot suffit pour que Laurent sache qui était au bout du fil. ±Oui, Laurent. Nous avons de sérieux problèmes. ±Qu’y a-t-il? ±La police vient d’arrêter… ±Qui? ±Jean Bakou, le… ±Le directeur de la publicationLeMessager de la cité! Mais pourquoi cette fois?
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