La Pianiste

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« Sonia Zytenfeld, rescapée d'un camp de la mort, s'est installée en France après la guerre. Ayant suivi des cours au conservatoire de musique, c’était une excellente pianiste. Elle a rencontré ma mère quand j’étais petit, et toutes les deux sont devenues de très bonnes amies.
La pianiste a, par la suite, eu deux filles, qu’elle a vues grandir et travailler. Je les ais connues et fréquentées pendant des années... »


Publié le : mercredi 30 septembre 2015
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EAN13 : 9782332836403
Nombre de pages : 98
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ISBN numérique : 978-2-332-83638-0
© Edilivre, 2015
Lors de cette journée radieuse de mai 1951 Sonia était en train de jouer un morceau de Claude Debussy au piano. Elle était la femme la plus heureuse de la terre. Pour elle le piano c’était sa raison de vivre. Elle a toujours adoré jouer du piano. C’était une femme de religion juive, immigrée venue de sa Pologne natale pour commencer une nouvelle vie en France. Croyait-elle que ce serait mieux ailleurs qu’en Pologne ? Cela n’a pas d’importance. L’important est qu’elle a pu fuir un pays antisémite, son pays natal ou elle n’avait plus personne, plus de famille, plus d’amis. Elle était une rescapée d’Auschwitz ou elle a connu l’horreur du camp de la mort et ou on a tué toute sa famille. Ainsi elle haïssait les allemands. Elle avait rêvé de vivre en France après la guerre et elle s’est installée à Paris. Dans une autre vie elle était une jeune fille qui vivait heureuse avec ses parents et étudiait au conservatoire de musique. Ainsi elle est devenue une excellente pianiste. Au camp de la mort elle était privée de nourriture. Libérée dès que la guerre était finie elle a pris le train pour la France et arrivée dans une France accueillante elle a vite trouvé du travail. Mais à cause des privations qu’elle a endurées à Auschwitz, elle était affamée et amaigrie, pourtant elle avait à manger. Dès son arrivée en France elle avait beau manger beaucoup elle avait toujours faim, elle n’était jamais rassasiée. Elle avait même volé de la nourriture. Ainsi son patron l’a virée. Elle a grossi tellement elle a mangé. Rassasiée elle a enfin pu manger normalement. Tout ça c’était déjà du passé. Sonia était une charmante femme aux cheveux châtain foncés. Elle était seule au monde à part qu’elle vivait avec sa mère. C’était tout ce qu’il lui restait de sa famille. La mère de Sonia on l’appelait Baba. Sonia vivait avec elle dans un deux-pièces et gagnait très peu. Heureusement elle pouvait donner des leçons de piano et de temps en temps des concerts. Cela lui rapportait un peu d’argent juste de quoi vivre et nourrir sa mère vieillissante. De temps à autre elle était invitée à donner un concert de piano. Qui aurait cru qu’elle aurait trouvé le prince charmant ? Un soir elle donna un concret à la salle Pleyel. Toute seule sur la scène assise devant son piano à queue elle joua des œuvres de compositeurs divers et elle fut applaudie par son public. Le lendemain elle était assise à la terrasse d’un café près de chez elle. Un serveur vint vers elle. – Monsieur, je voudrais un café décaféiné, s’il vous plait. Lui dit-elle. – Oui, madame, je vous apporte ça tout de suite. Elle aurait pu commander un café normal mais elle voulait du café sans caféine parce que c’était une femme très nerveuse à cause de tout ce qu’elle avait passé pendant la guerre. Le serveur lui apporta son café. Elle était en train de boire son café à son aise quand elle vit venir un monsieur vers elle. Ce dernier avait vainement cherché une place ou s’asseoir et la seule chaise libre était devant Sonia. – Bonjour madame, est-ce que je peux m’asseoir ici s’il vous plait ? Lui dit-il. – Oui monsieur. Le monsieur s’assit devant elle. – Madame c’est vous qui avez joué du piano hier soir à la salle Pleyel ? Demanda-t-il. – Oui, pourquoi ? – J’ai écouté votre concert de piano là-bas hier soir. Félicitations. Vous avez bien joué. J’ai bien aimé ce concert. – Cela me fait plaisir. Le monsieur fit sa commande.
– Madame vous avez un accent étranger. Vous n’êtes pas française. – Non. Je suis polonaise. – Et pourquoi étés-vous venue en France ? – Parce que je suis juive et que je ne veux plus vivre en Pologne parce que les polonais sont antisémites. – Je comprends. Moi aussi je suis juif. – Oh Je suis heureuse de rencontrer un juif. – Et moi je suis heureux d’avoir une juive devant moi. Sonia et le monsieur se parlèrent en yiddish. – Madame comment vous appelez-vous ? – Vous etes curieux. Vous voulez tout savoir. Je m’appelle Sonia. – Et moi je suis Roma Zytenfeld. – Sonia avez-vous rencontré un homme ici en France ? – Non, et vous avez-vous rencontré une femme ? – Pas encore. Sonia plaisait beaucoup à Roma Zytenfeld et elle le trouvait sympathique. Lui il la trouvait très sympathique. Il voulait l’épouser. Dans l’appartement ou Sonia vivait les pièces étaient petites. Elle avait très peu d’argent. Elle vivait dans un quartier populaire. Roma l’invitait souvent chez lui. Il n’était pas riche mais il e gagnait bien sa vie. Il avait un appartement très correct dans le 12 arrondissement au 1 rue Pleyel. Il venait de s’installer dans cet appartement. Quand il l’invitait elle prenait le métro pour aller chez lui. Dès qu’elle sortait du métro elle était dans un boulevard et quittant ce boulevard elle arriva à une petite rue. C’était la rue Pleyel. C’était là quelle entra dans un immeuble ancien et monta l’escalier jusqu’au premier étage. Elle sonna et Roma lui ouvrit la porte. Sonia était encore jeune et belle. Sa mère était entre deux ages et avait déjà les cheveux gris. Elle n’était pas encore vieille. Elle pouvait encore marcher sans canne et faire plein de choses mais elle n’avait plus la fougue de la jeunesse. Sonia devait la nourrir et elle devait donc aller travailler. Sa mère ne pouvait plus travailler. Un soir Sonia était assise à table en face de sa mère pour manger quand sa mère lui parla. Cette dernière lui disait : je voudrais tant que tu te maries. – Ça viendra. Et très bientôt. – Comment est-il cet homme ? – très gentil. Tu le verras. Il s’appelle Roma. Roma Zytenfeld. – Ou habite-t-il ? e Dans le 12 arrondissement. Pas très loin de la gare de Lyon. Sonia était avec Roma à deux pas de chez lui quand elle fit connaissance avec les parents de ce dernier. La mère de Roma les invita à s’asseoir au salon et leur offrit du thé et des gâteaux aux pavots, gâteau très prisé chez les juifs. – Maman tu sais que Sonia joue du piano ? Lui dit Roma. – Non je ne le savais pas. – Et elle joue très bien le piano. Elle donne des concerts. – Tu l’as vue jouer du piano ? – Oui j’ai assisté à un de ses concerts de piano à la salle Pleyel. – Elle a l’air d’etre très gentille Sonia. Est-ce que tu l’aimes vraiment ? Sincèrement. Oui. Elle est une très bonne fille. Elle a une mère qui vieillit et elle s’en occupe bien. Elle n’a plus qu’elle comme famille. Elle a été internée dans un camp de concentration pendant la guerre et on a tué toute sa famille. En Pologne elle a fait des études au conservatoire de musique et elle est devenue une excellente pianiste. J’ai rarement vu quelqu’un aussi bien jouer du piano. Peut-être qu’un jour elle sera une pianiste internationale. Qui sait ? Un dimanche Roma et Sonia se promenèrent main dans la main au bois de Vincennes. Il
faisait beau ce jour-là et la température était agréable. Ils traversèrent la pelouse de Reuilly et marchèrent au bord du lac de Vincennes Devant eux étaient visibles le centre bouddhiste de Paris avec sa grande coupole appelée stupa et devant, sur une petite île artificielle un petit bâtiment de style grec antique avec des colonnes. Deux mondes différends qui se côtoient, le monde occidental et le monde extrême-oriental et exotique. Sonia regarda ce bâtiment néo-grec et le temple bouddhiste. – Tu vois ce bâtiment en face du bâtiment sur l’île avec les colonnes. Lui dit son mari. C’est le temple bouddhiste de Paris. – La France est tolérante. Elle accepte les bouddhistes les juifs et les autres religions. Roma prit Sonia dans ses bras. – Sonia, je t’aime. Je veux t’épouser. Lui dit-il. Le mariage de Sonia et de Roma eut lieu à la synagogue. Ce fut un mariage relativement simple comme tous les mariages de l’époque En présence du rabbin Sonia et Roma se sont unis sous un dais comme tous les juifs quand ils se marient. Ils cassèrent un objet de verre caché dans un tissu en l’écrasant avec le pied, une tradition juive symbolisant l’enterrement de la vie de jeune fille et de jeune garçon. La mère de Sonia et toute la famille de Roma étaient présents au mariage de Sonia et de Roma. Le rabbin bénissait les jeunes mariés et on fit la fête. Un musicien jouait du violon et on dansa. Sonia continua de donner des leçons de piano et des concerts de temps en temps. Elle ne vivait plus dans son deux-pièces. Elle l’a quitté sans regrets et sa mère est allée vivre dans un autre appartement pour vivre dans de meilleures conditions. Depuis son mariage Sonia vivait e avec son mari dans le 12 arrondissement dans un appartement avec des vitraux aux fenêtres. Son piano a été transféré à sa nouvelle adresse. Ainsi elle continua de jouer du piano. Elle et son mari firent l’amour et elle est tombée enceinte. Et un jour elle a annoncé a sa mère la bonne nouvelle. – Tu vas bientôt être grand-mère. Lui dit-elle. Baba était aux anges. Elle se réjouissait de pouvoir un jour avoir des petits-enfants. Sonia a porté l’enfant pendant neuf mois comme toutes les mères et un jour à la maternité elle a donné naissance à une petite fille. Elle et son mari étaient les gens les plus heureux de la terre. Le petit bébé qui venait de naître avait des cheveux foncés. Sonia et son mari se sont mis d’accord pour lui choisir Colette comme prénom. Fatiguée par l’accouchement la jeune mère se reposa. Quand elle avait repris des forces Baba sa mère avait déjà vu le bébé. Sonia montra son bébé aussi aux parents de Roma. Baba prenait la petite dans les bras. Tout le monde prenait Colette dans les bras et la dorlotait Le bébé a grandi. Les cheveux de la petite ont poussé. La petite Colette avait les cheveux noirs. Quand elle a appris à marcher Sonia était à nouveau enceinte. Après s’être rétréci pendant la guerre la famille s’agrandissait tout doucement. Colette avait appris à parler. Le second bébé de Sonia avait les cheveux bien plus clairs que ceux de Colette. C’était aussi une petite fille. Sonia et son mari ont décidé de lui donner un vieux prénom. Et un prénom rare. Ainsi ils se sont mis d’accord pour l’appeler Félicie. La petite Félicie avait les cheveux châtain clairs. Roma prenait les deux petites filles en photo. Pour qu’il les prenne en photo Sonia les prenait dans les bras. Les photos étaient en noir et blanc parce qu’à l’époque il n’y avait pas la photo en couleurs comme maintenant. Mais on aimait bien les photos telles qu’elles l’étaient. Et Baba prenait la petite Félicie dans les bras et la dorlotait. Sonia était une bonne mère et elle aimait beaucoup ses enfants. Elle priait en yiddish pour ses enfants. Elle voulait que le dieu d’Israël les protège. Félicie a grandi et ses cheveux ont poussé. Colette a joué avec Félicie. Sonia se sentait au paradis. Du monde de la haine elle est passée à celui de l’amour. Roma avait un bon métier ce qui lui a permis d’apporter un peu d’argent à sa femme. Ainsi Sonia pouvait s’acheter une belle robe elle qui avait envie de s’en acheter une. Mais l’expérience lui a appris que l’argent ne tombe pas du ciel et elle faisait attention à ce qu’elle dépensait. Un jour on lui a parlé d’un magasin de prêt-à-porter au 60 rue de Richelieu près de la bourse de Paris. Alors elle a pris le métro. Elle est
descendu à la station Richelieu Drouot puis elle a marché dans la rue de Richelieu. C’était par un début de chaude journée de juillet 1957. Elle traversa la rue du 4 septembre et vit à sa gauche le palais Brongniart, la bourse de Paris près du magasin ou elle allait. Elle marcha encore un tout petit peu puis elle arriva à l’entrée d’une entreprise de vêtements, un bâtiment ancien. A coté de la porte d’entrée il y avait une plaque sur laquelle il était écrit : SIBENE. C’était le nom de l’entreprise. Passé la porte d’entrée Sonia traversa une cour. Il y avait un ouvrier qui apportait des rouleaux de tissus avec un petit chariot. Après avoir traversé la cour Sonia entra dans un bâtiment ou il y avait des machines qui tournaient et des vêtements pendus à des cintres dans des rangées de vêtements. Des employées étaient assises en train de travailler. Sonia s’adressa à une de ces employées. – Je crois que je me suis trompée. Dit-elle. Ici ce n’est pas un magasin. Pourtant on m’a parlé d’un magasin...
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