La Prade d'Avalon - Le secret de la coupe en Oléron

De
Publié par

Il y a plus de deux mille ans, en la magique Oléron.

Sur une île perdue dans l’île, dans le paradis mythique d’Avalon, Morgan et Guenièvre cherchent à déchiffrer le sens caché des signes de la coupe, à en révéler le secret. Mais le Pouvoir, avec ses cohortes de bourreaux et de fanatiques, est à leur poursuite et ne reculera devant aucune infamie pour s’approprier cette connaissance qui, selon la légende, permet de dominer et d’asservir.

Malgré la protection de leurs étranges alliés, le mystérieux peuple des Gardiens, et leur science de la nature et de l’esprit, pour Guenièvre et Morgan, le combat est inégal.


Aujourd'hui, sur l'île d'Oléron, au lieudit La Prade.

Cette quête aboutit, le secret nous est dévoilé. Cette découverte bouleverse déjà…


Publié le : mardi 1 janvier 2008
Lecture(s) : 37
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782960082609
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
1. ATTENTEGuenièvre, assise sur la pierre polie, déposée des siècles auparavant par les hommes du village des Gar-diens, attend. Morgan, la dernière de la lignée des grandes prêtresses, est entrée en relation avec elle. Morgan per-cera le mystère, le secret de la coupe, et en sera la dépo-sitaire pendant près de deux millénaires. Elle se trouve déjà à lentrée de la grande Lande et arrive. Son regard ségare au-delà de la mer intérieure et aperçoit Ré, lîle cadette. La mer, emportée par la lune, vient se prélasser contre la dune. Cette eau limpide sest encore réchauffée en couvrant les limons bleu foncé dé-posés par la Seudre. Leur couleur vient dabsorber le soleil pendant la moitié dun jour. Le chant des rires et les voix claires de la commu-nauté dont elle est la guide lui parviennent en sourdine. Les vingt prêtresses, apprenties et enfants de la commu-nauté jouent dans leau. Certaines samusent à rebondir sur les vagues, et le reflet argenté de leurs corps dorés se confond avec celui des mulets dans les derniers rayons du jour. Deidre et Aliénor, un peu à lécart avec des sourires complices, se couvrent mutuellement dargile en de fur-tives caresses. Elles commencent à percevoir leur nou-veau corps de femme et de nouvelles sources de plaisir.
15
Derrière elles, les marais salants qui les isolent du reste de lîle, se sont de nouveau gorgés deau. Comme deux fois par jour depuis des millénaires, la terre a joué à se refuser, a essayé de résister, puis enfin épuisée, sest laissée envahir. Une légère brume, issue de ce combat, plane sur la terre repue et cache le pré dAvalon du regard des hommes. Guenièvre a vu quAvalon, dernier sanctuaire de sa civilisation, ne vivrait plus que quelques dizaines dan-nées. Les Romains qui ont envahi lîle, emmènent à pré-sent avec eux ceux qui veulent imposer leur Dieu. Au nom de ce dernier, ils sérigent en maîtres. Elle a vu le temple quils bâtissent. Avec larrogance des sots, pour montrer quils dominent les flots, ils ont construit à Pé-roche, face à la grande mer, à lopposé dAvalon. Déjà deux fois, locéan lors des grandes nuits du solstice a tout détruit. Ni les morts, ni largent englouti ne les ont arrêtés. Ils ne veulent pas composer mais dominer. En suivant dans le temps lesprit de ses surs, en re-cherchant dans le futur la trace des dons reçus, elle a vu les disciples du Dieu unique, aujourdhui mielleux, de-venir fous. Avec la rage des frustrés qui se refusent tout plaisir et les dénient aux autres, avec la jalousie des igno-rants pour ce quils ne comprennent pas, ils tortureront ses surs pour arracher leur savoir. Ils fouilleront leurs entrailles avec des fers rougis au feu, leur briseront les membres. Contents davoir prouvé quils étaient les plus forts et frustrés de ne pas avoir compris, ils sabreu-veront de leurs souffrances et samuseront à prolonger leur agonie. Pour régner durant cent générations, ils vont dis-socier le corps et lesprit, séparer lhomme et la femme, asservir homme, femme et enfant, transformer les êtres fiers en esclaves, réserver le plaisir pour lau-delà. Ils chasseront les dons pour les anéantir. Ils accom-pliront tout cela si bien que la femme se complaira dans
16
son rôle de servante et que lhomme donnera sa vie, non par bravoure pour sélever, mais pour satisfaire les viles ambitions de ses maîtres. Les guerres ne seront plus me-nées par raison, mais seront continuées pour justifier leurs commencements. La brise qui annonce la fin du jour tire Guenièvre de sa rêverie. Elle étire son grand corps délié. Il y a plus de cinquante printemps quelle est née, et seuls ses seins un peu lourds trahissent son âge. Son corps irradie tellement laccomplissement que lair tout autour vibre et lentoure dune aura un peu floue. Deidre et Aliénor à présent se caressent avec plus dinsistance en usant du prétexte dôter cette boue te-nace. Aliénor, en sagenouillant dans leau, laperçoit et lui sourit, un sourire plaisir, complice. La caresse de lair peut-être, et son corps frémit. Le souvenir du dernier jour des fêtes de Beltene au solstice dété la traverse. Elle sent la caresse rugueuse de ses mains sur ses seins, se souvient de cette moitié de nuit quil fallut pour quenfin repu, il sapaise. Il nétait quun corps, son vi-sage comme le sien était resté caché par la nuit et la cendre.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi