La première

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Marielle vit ses dernières heures, entourée de ceux qui l’ont aimée. Ils se souviennent…

Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 121
EAN13 : 9782304005264
Nombre de pages : 161
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Titre
La première
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Titre Joan Ott
La première
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00526-4 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304005264 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00527-1 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304005271 (livre numérique)
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PREFACE
Paris, décembre 1979 Le téléphone sonne. Marielle répond. Elle entre dans ma chambre, le regard glacé : – C’est ton père, il veut me parler. Je veux que tu écoutes la conversation. Prends l’écouteur. – Jean-Philippe va avoir quinze ans, je pense que nous devrions dîner ensemble, tous les trois, ça lui ferait plaisir. – Pierre, tu sais bien que c’est impossible. – Sois raisonnable, faisons ça pour lui, il n’a pas de souvenir de ses parents ensemble. C’est pour marquer le coup, pour ses quinze ans. – Non. J’ai mis quinze ans à lui pardonner. Ou plus exactement, à comprendre. Je savais que mon père allait l’appeler. C’était vrai, je n’avais pas de souvenir de mes parents ensemble. Même pas une photo. Il y avait bien quelques albums de mariage, de famille, mais ma grand-mère avait
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découpé tous les clichés où il y avait mon père. J’ai encore ces patchworks de formes géométriques irrégulières, d’où mon géniteur, comme il se nommait lui-même, avait irrémédiablement disparu… Alors j’y tenais, à ce dîner pour mes quinze ans. C’est mon père qui en avait eu l’idée. Un peu machiavélique, comme toujours, même si c’était pour me faire plaisir. Les avoir là, tous les deux, juste pour moi, comme une famille normale… Mais non, ma mère ne voulait pas. Pendant les quinze années suivantes nos rapports ont été empoisonnés par ce refus, qu’elle n’a jamais expliqué. A l’entrée de l’adolescence, ça marque la relation entre un fils unique et sa mère seule… Pierre avait le beau rôle : « Tu vois, elle est égoïste, elle n’est même pas capable de faire ça pour toi… » Il a surfé sur cette vague pendant des années. C’était avant. C’était encore Marielle et pas encore Mimi. C’était avant Bertrand, Anne-Marie, Zélia, Isabelle, Jane, Odette, Guy, Bernadette, Thérèse, Fernand, André… et surtout avant l’analyse. Quinze ans plus tard, j’ai compris. J’ai compris la personnalité de mon père, et j’ai compris pourquoi elle avait refusé. Elle ne
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