Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Lire un extrait Achetez pour : 7,45 €

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Publications similaires

2
Titre
La première pelletée de terre
3
Titre Pascal Lesur
La première pelletée de terre Récits d’outre-tombe et d’ailleurs
Nouvelle(s)
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9160-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748191608 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9161-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748191615 (livre numérique)
6
La première pelletée de terre
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci. Ch. Baudelaire
Nouvelles Fleurs du Mal, VII
7
La première pelletée de terre
LA PREMIÈRE PELLETÉE DE TERRE
Lucien ne répondit pas au « Bonsoir » timide de la femme de ménage. Au contraire, il expira longuement comme pour dire « Mince, encore vous ! » Cette intrusion à heure fixe avait le don de l’exaspérer. Il se promit de changer le contrat avec l’entreprise de nettoyage. Enfin l’employée sortit, poussant sa grosse poubelle. Presque en même temps, le téléphone sonna. Lucien, réfractaire aux appels intempestifs, se contracta d’instinct. Le numéro qui s’affichait sur le cadran ne lui évoquait rien du tout. Il saisit le combiné et recula sa chaise. « M. Méry ? – L’interlocuteur semblait lointain ; sa voix était celle d’un vieillard compatissant. – Lui-même. Qui le demande ? – Oh ! Bonsoir, M. Méry. Je suis M. Féjard, un voisin de votre maman. Nous ne nous connaissons pas, je crois. – Non, en effet. Que voulez-vous ?
9
La première pelletée de terre
Féjard le voisin marqua une pause. Il donnait l’impression de ne pas savoir par où commencer. – J’ai une mauvaise nouvelle, M. Méry. Lucien avait déjà compris. Cela lui fit tout de même un petit pincement au cœur. – Il est arrivé quelque chose à ma mère ? – Hélas, oui. Je suis désolé. C’est le médecin qui m’a donné votre numéro. Il n’avait pas le temps de vous appeler lui-même, alors… – Elle est morte ? – Eh bien, oui, normalement, enfin, non, excusez-moi, ce n’est pas ce que je voulais dire, elle est morte, oui, mais le médecin… – Roussinot ? C’est toujours lui son médecin ? – Oui, c’est toujours lui… Féjard avait dit cela comme s’il s’agissait d’une erreur notoire. Lucien griffonnait machinalement sur un bloc de papier : une maison, avec de la fumée qui sortait par la cheminée. – Votre maman était très malade. Vous êtes sûrement au courant… » En tant que voisin, le père Féjard ne pouvait guère ignorer que Lucien n’avait pas rendu visite à sa mère depuis presque deux ans ; et sa dernière apparition avait duré à peine une après-midi. Lucien se préparait déjà à lui
10