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La primitive

De
227 pages
Justine est une jeune fille au physique insipide et sans talent véritable. À peine sortie d’une opération traumatisante, elle apprend qu’elle vient d’hériter d’une maison en pleine campagne. Alors qu’elle pense y trouver un refuge, elle découvre que la maison est douée de sensibilité. Commence alors une étrange histoire d’amour et de manipulation. Dans ce premier roman, Marie Riffaterre allie sa maîtrise du roman fantastique à un style délicat, empreint d’une sensibilité toute féminine.
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Titre
La Primitive
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Titre Marie Riffaterre
La Primitive
Roman fantastique
Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01364-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304013641 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01365-8 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304013658 (livre numérique)
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Titre
A ma fille Justine- Sarah, « Je pourrais aussi aisément me séparer de moi-même Que de mon âme qui repose dans ton coeur; Là est la demeure de mon amour: si je m'en éloigne, Comme celui qui voyage, j'y reviens toujours. »  Shakespeare
Éditions Le Manuscrit
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1 La reconnaissance 21 .
LA RECONNAISSANCE
Tout emmitouflée à l’intérieur d’elle-même, elle affrontait la rude montée qui s’ouvrait devant elle. Le vent lui bouchait la respiration et freinait son ascension mais rien ne pouvait arrêter son avance vers ce qui devait l’attendre en haut de ce petit sentier et qu’elle apercevrait bientôt… Fraîcheur et silence… Elle ferma les yeux et entendit le crissement de ses pas. L’impression de casque sur la tête sembla relâcher légèrement son étreinte : l’air frais la soutenait et l’enrobait délicieusement de fraîcheur apaisante. Le silence était presque total et sa respiration faisait un bruit d’enfer. Une rafale plus forte que les autres profitant de sa bouche ouverte s’y engouffra. Elle la suça comme on suce un bonbon : cet air lui appartenait maintenant et elle le trouva infiniment gouleyant. Certes, plus jamais de sensation olfactive, mais ce torrent d’air qu’elle ne pouvait humer, elle l’avalait de
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La primitive
toute la capacité de ses narines qui se gonflaient comme deux petites voiles. La fraîcheur frôlait les parois, s’infiltrait, s’enroulait et devenait fragrance imaginaire. Cette dernière provenait de là-bas, de ce bois qui longeait le pré rond aux herbes déjà mâchées par le froid. Alors, la mémoire prit le relais et surgirent humus, terre grasse, feuilles mortes et humides, mousse imbibée et… une senteur trompeuse sortit de tous ces éléments. Depuis son opération, par deux fois seulement elle avait cru sentir des prémices d’odeurs. Tout d’abord, celle d’une rose sur laquelle elle s’était penchée instinctivement et puis celle d’une lingette imprégnée d’un produit pour bébé et la senteur de poudre pour petites fesses potelées avait jailli l’espace d’un rien… Effet si foudroyant et si fugace qu’elle en avait eu les larmes aux yeux de bonheur et de frustration. Son neurochirurgien ne lui avait laissé pourtant aucun espoir : la tumeur avait détruit tout le système olfactif. Malgré tout, elle s’était habituée, elle qui aimait tellement les odeurs et avait décidé qu‘elle saurait se contenter de quelques fausses sensations olfactives le temps d’une vie : elles seraient fugitives donc précieuses ! De ressentir cette sensation en ce lieu, au début d’un nouveau départ, loin de l’enfer vécu dernièrement, fit fleurir un éclat de joie primitif, sauvage mais bien réel et elle sourit aux flocons
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