La promesse d'un été (Harlequin Jade)

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La promesse d'un été, Susan Wiggs

Comme chaque année, Kate Livingston arrive à Port Angeles pour passer tout l'été dans la belle maison de famille bâtie au bord d'un lac de montagne. Loin de Seattle, dans ce cadre idyllique, elle aura enfin le temps de se consacrer à Aaron, son fils, un enfant solitaire à la maturité surprenante, un petit garçon différent des autres et qui a besoin de tout son amour. Le temps aussi de réfléchir à une nouvelle orientation professionnelle, après une carrière de journaliste brutalement interrompue.

Le sort en décide autrement lorsque, à son arrivée, elle fait la connaissance de son nouveau voisin, JD Harris. Un homme séduisant dont elle ignore tout. Car cet inconnu cache un lourd secret. Célèbre malgré lui, JD est un homme traqué par les médias. Sa biographie a été un best-seller aux Etats-Unis et un film est en préparation sur sa vie. Mais JD est revenu sur les lieux de son enfance pour échapper à la tapageuse publicité qui l'entoure et réaliser enfin son rêve. Jusqu'à ce que la réalité le rattrape... et ne menace la passion qui s'est nouée entre Kate et lui.

Publié le : dimanche 1 juin 2008
Lecture(s) : 30
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280270229
Nombre de pages : 400
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PREMIÈRE PARTIE
1

Washington, D.C.Veille de Noël

Une ambulance se gara devant le pavillon numéro un. Sans doute venait-elle de conduire un patient en radiologie ou un malade vers l’aile qui abritait les opérations chirurgicales. Le pare-brise du véhicule s’ornait des différentes vignettes qui lui permettaient de franchir les contrôles de sécurité sans perdre de temps. Les membres de l’équipe médicale portaient l’uniforme habituel : pantalon bleu marine et parka orange, avec les badges d’identification réglementaires accrochés au revers des poches. Le patient était allongé sur une civière ; son corps était recouvert d’une couverture légère et son visage à demi dissimulé par un masque à oxygène.

Depuis une passerelle vitrée d’où il pouvait voir le parc de Rock Creek et l’avenue Georgia, le sergent Jordan Donovan Harris, auxiliaire médical des Forces spéciales, observait l’ambulance et son équipe avec un regard plein d’ennui. Dans le parc, les arbres dénudés élevaient leurs silhouettes sombres qui se découpaient sur la neige immaculée comme des dessins à l’encre sur du papier blanc. La circulation s’intensifiait le long des rues qui menaient aux bâtiments coiffés de dômes ou de flèches de la capitale des Etats-Unis. Une légère couche de poudreuse donnait aux bâtiments en brique du centre médical militaire Walter-Reed un aspect figé, hors du temps, qui faisait penser à un décor de carte de Noël. Seuls les va-et-vient incessants des patients et des équipes médicales indiquaient que le centre prodiguait des soins au plus haut niveau.

Jordan savait que son apparente solitude n’était qu’une illusion. L’œil d’une caméra était obligatoirement braqué sur lui. En fait, le centre abritait plus de caméras de surveillance que le casino de Las Vegas. Cela lui importait peu, du reste, car il n’avait rien à cacher.

Il accueillait ces moments d’ennui avec un certain soulagement. S’il n’avait rien à faire, c’est que tout allait bien. Cela signifiait qu’au cours des cinq dernières minutes personne n’avait vu son univers s’effondrer à cause d’un stupide accident de voiture, d’une chute, d’une fièvre galopante, d’une dispute avec un amant fou furieux armé d’un fusil… Pour l’instant, Jordan n’avait personne à sauver. Et pour quelqu’un comme lui, dont le travail consistait à sauver des vies à longueur de journée, cela revenait à ne rien avoir à faire.

Il se balança d’un pied sur l’autre en grimaçant légèrement. Ses chaussures neuves étaient trop serrées. Les membres du personnel portaient tous leur plus bel uniforme, aujourd’hui, car le Président était venu visiter les soldats malades et encourager les bien portants. Evidemment, tout le monde ne pourrait pas apercevoir le Président, qui était aussi le commandant en chef des armées. Sa tournée avait été soigneusement orchestrée par son équipe, et les agents des services secrets qui l’entouraient, ainsi que ses gardes du corps habituels, formeraient une barrière infranchissable le séparant du reste des humains.

Voilà pourquoi le sergent Harris eut l’air stupéfait en apercevant un ballet de costumes sombres ornés de médailles dorées en train de se déployer à la sortie de l’ascenseur principal, situé juste sous la mezzanine. C’était étrange… L’itinéraire habituel des visites officielles se limitait généralement à l’unité 57, celle qui abritait des vétérans blessés au combat. Aujourd’hui, apparemment, la tournée du Président allait passer aussi par une autre unité, qui venait d’être entièrement restaurée grâce aux dons d’un généreux mécène.

Le groupe en costume sombre longea une sorte d’allée aux murs immaculés. Instinctivement, le sergent Harris se raidit, prêt à passer à l’action. Pourtant, il n’avait aucune raison particulière de réagir ainsi. Ce n’était que le résultat d’une vieille habitude.

Depuis son observatoire vitré, il tenta d’entrevoir la silhouette du maître du monde, mais en vain. Il ne vit que le premier cercle de son entourage, ainsi que le second cercle, formé par les journalistes et les photographes, le tout mené tambour battant par un sergent major. Un instant plus tard, une femme d’un certain âge vint les accueillir, un large sourire sur ses lèvres carmin. Son champ d’action semblait se situer sur le chemin suivi par le Président, et elle brûlait d’envie de lui montrer ses compétences.

Harris la connaissait. Darnelle Jefferson travaillait dans le centre depuis un bon quart de siècle, et elle aimait le clamer sur les toits. En la regardant, il était impossible de deviner ce que tous les employés du centre savaient : Darnelle était une enquiquineuse-née. Elle ne cessait de harceler le personnel, et elle accumulait les paperasses afin de justifier son poste. Pourtant, elle semblait charmante et efficace dans sa robe rouge ornée du petit ruban jaune quasi obligatoire. Son sourire devint carrément éblouissant quand le Président fit un geste inouï : il s’avança vers elle, se détachant ainsi de son entourage. Aussitôt, les photographes s’en donnèrent à cœur joie.

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