La promesse nomade

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Tu tiens toujours à vivre haut et sur ton front, tes rides deviennent tes lettres lumineuses. Ton orgueil se tient debout, droit. Tu aimes la droiture, le chemin qui effectue l'ouverture vers le pardon. Tu es resté soucieux, Soldat Sergent Saïd. L'itinéraire du combattant a une raison de refaire surface. Tu rentres dans la salle de bain pour accomplir le rite des ablutions. La propreté est un signe de ton élégance, miroir où se réfléchit ta croyance, acte prenant toujours relais sans être affaibli sur la trame neutre du pardon. Le chant de la prière s'approprie le silence de la nuit. J'écoute le geste qui t'apporte le bonheur et sur ton visage, j'imagine une paix au coeur de la vie.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 41
EAN13 : 9782748106824
Nombre de pages : 201
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La promesse nomade
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748106830 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748106822 (pour le livre imprimé)
Abdellah Hanaï
La promesse nomade
NOUVELLE
Préface
Dans les trois nouvelles qui composentLa promesse nomade, l’écriture naît de l’oralité, qu’elle s’adresse à la femme aimée disparue dans « T’en souvientil, De nise », qu’elle transcrive la parole du père illettré dans « Soldat Sergent Saïd » ou qu’elle se transforme en dia logue dans « La symphonie des marteaux ». L’écriture révèle tout à la fois le besoin d’introspection des trois narrateurs et leur désir de se relier à l’autre, de péné trer dans la conscience de l’autre. DansLa promesse no made, l’introspection du narrateur est adressée, destinée à l’autre dans une tentative de communication désespé rée qui transgresse même les limites de la vie humaine dans « T’en souvientil, Denise », où le conteur va jusqu’à violenter la mort pour s’efforcer de franchir le mur de silence que lui oppose le personnage féminin dans son invincible obstination. L’écriture trouve son origine dans les nondits de l’autre. Le fils de « Soldat Sergent Saïd » construit avec ses propres mots la parole du père dans une tâche de reconstitution de son imagi naire. Le « tu » se substitue au « je » lorsque la mé moire de Soldat Sergent Saïd est transmise par le narra teur telle que celuici l’invente pour qu’elle perdure à jamais. Le récit, barrage contre l’oubli, se construit au fil d’une mémoire nomade, miroir en mouvement de l’image révolue de l’être. L’écriture invente le passé de puis le présent, le rendant fictif, c’estàdire plus vrai. La parole illuminatrice s’élève pour « abolir le temps »
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contre la vieillesse et la mort, pour immortaliser l’être à l’apogée de sa beauté épanouie. C’est le désir d’accomplissement de soi dans la re lation à l’autre qui engage les trois narrateurs deLa Pro messe nomadedans une exigeante quête de sens et de vérité. Dévorés par le désir de savoir, leur curiosité est insa tiable, de même que leur rébellion, car ils refusent de se soumettre aux normes, manifestant dès l’enfance une remarquable lucidité critique. La réflexion sur l’his toire est essentielle dans « Soldat Sergent Saïd », où le fils narrateur réécrit la guerre d’Indochine telle qu’il imagine que son père l’a vécue, en faisant table rase de l’histoire officielle pour mettre à nu la vérité historique individuelle. Seule importe l’histoire intime, l’expé rience personnelle de la guerre, vécue comme une bles sure inguérissable liant pour toujours le père et le fils. La quête des narrateurs deLa Promesse nomadeles mène au delà des confins de la mort, qu’ils interrogent sans trêve de l’intérieur. Le conteur de la première nouvelle s’infiltre dans la mort de Denise pour tenter de péné trer son mystère. Le journaliste de « La symphonie des marteaux » se plonge au cœur de la guerre pour y re garder la mort en face sans parvenir à en comprendre le sens, se heurtant à un mur infranchissable. Dans les trois nouvelles, la relation à l’autre est tendue, dou loureuse, exigeante. La cruauté déchire la communi cation, rejetant les personnages dans une solitude qui débouche sur la folie et la mort dans « La symphonie des marteaux », où la douce présence animale est le dernier lien qui relie encore l’homme à la vie au sein du microcosme étouffant d’un Montgador à l’agonie. L’écriture apparaît comme l’unique voie de réalisation, de connaissance de soi et de l’autre, car elle dépasse les frontières étroites de la réalité tangible pour accéder à la dimension essentielle de l’être qui est sa dimension imaginaire. Ce qui donne àLa promesse nomadeson in contestable originalité, c’est que la compréhension du monde passe par le conte, à l’intérieur duquel fiction et
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vérité ne sont pas des termes antinomiques car la fiction y est vraie dans son irréalité même. Dans une parfaite réversibilité, la vie devient conte et le conte devient vie, ce qui lui confère sa liberté et son infinité. Les méta phores sont les clés qui permettent au conteur de dé chiffrer l’univers et de l’intérioriser, de le rêver. Par fois, la frontière se fait floue entre narrateur et person nage, jusqu’au brouillage, et le lecteur se demande alors si le conteur n’est pas conté, s’il n’est pas un être imagi naire. Denise ellemême n’estelle pas le fruit de l’ima gination du conteur ? Les personnages que le narrateur romancier de « La symphonie des marteaux » fréquente au Montgador ne sontils pas des créations de l’écrivain, des êtres de mots, qui, pourtant, acquièrent une indé niable réalité humaine lorsqu’ils sont évoqués dans leur intimité ? L’écriture se met aussi au service du rêve, la plus belle des promesses nomades, voyage imaginaire dans l’espace et le temps qui abolit toutes les frontières et donne corps à tous les impossibles. Le rêve peut être source de déception et de frustration lorsque le narra teur se rend compte que celuici est invalide alors qu’il a bouleversé sa vie entière pour le réaliser. Par fidé lité à son rêve, le berger nomade de « T’en souvientil, Denise » quitte le désert pour partir à la recherche du magnifique amour d’une nuit inoubliable, tandis que le journaliste écrivain de « La symphonie des marteaux » abandonne sa profession, qui ne lui apporte que des doutes, pour incarner dans la matière son rêve d’en fant. En dépit de tout, la fracture entre rêve et réalité reste béante, source d’une vive souffrance qui assaille l’homme revenu de ses illusions enfantines. Lorsque le rêve s’effrite, l’être s’émiette et se retrouve en situation d’échec. Les narrateurs tentent alors de procéder à un renouvellement de leur être, auquel seule l’écriture, ré vélation et dévoilement, peut leur permettre d’accéder. L’écriture, à la fois porteuse de désirs inassouvis et té moignage vital, est néanmoins sans cesse remise en cause
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dans sa fonction même car le narrateur, et au delà de lui l’écrivain, s’interroge sans trêve sur son sens et sa por tée, invitant le lecteur à en faire de même.
Béatrice MENARD Maître de Conférences à l’Université de Paris X Nanterre
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