La relève

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Le destin est aussi impénétrable qu’inflexible. Mystérieusement tombé du ciel, le narrateur amnésique fait la découverte d’une planète-océan qu’il nomme Goutte. Un passeur le mène sans plus d’explication à l’un des deux seuls phares de la planète, dont il devient malgré lui le gardien jusqu’à la prochaine relève. Aidé d’un vieux navigateur solitaire, le prisonnier du phare tente de retrouver la mémoire pour se révolter contre l’absurdité de son sort. Dans la lignée du cinéma d’Andreï Tarkovski, Nicolas Beytrison convoque les forces naturelles pour mettre en scène des personnages manipulés, pris au piège d’une causalité qu’ils ne parviennent pas à briser.
Publié le : dimanche 19 juin 2011
Lecture(s) : 77
EAN13 : 9782304033861
Nombre de pages : 180
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Titre
La relève
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Titre Nicolas Beytrison
La relève
Roman
5 Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit, 2010 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-03386-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304033861 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03387-8 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304033878 (livre numérique)
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ENFIN LA RELEVE
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A mes fils
ENFIN LA RELEVE
CHAPITRE1
Un rideau de bulles se forme tout autour de moi tandis que je remonte enfin du plus profond de l’eau claire. Me voici en pleine mer… une mer calme, plate et tranquille, sans la moindre vague… Aucun nuage au-dessus de moi, pas un goéland ou un albatros, rien… Bizarrement, je ne suis pas inquiet ; c’est d’ailleurs étrange : d’habitude je déteste l’eau. Je barbote dans l’eau qui est juste à la bonne température, sans aucun effort, comme si j’étais porté… Je ne vois rien… Comment suis-je donc arrivé là ? Je ne me souviens de rien… Où étais-je il y a encore deux minutes, avant mon plongeon ? On dirait bien que je suis tombé du ciel… Mais où est l’avion ? Il n’a tout de même pas eu le temps de déjà disparaître… Ou un bateau ? Mais non, ce serait la même chose… Je ne vois que l’Océan…
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La relève
J’essaie de comprendre qui je peux être (car je n’en sais rien) en regardant mes vêtements. Malgré qu’elles soient gorgées d’eau, je parviens à observer quelques parties de mon habillement : une chemise blanche, un pantalon de ville bleu marine, des chaussettes noires et des mocassins en cuir vernis… Non loin de moi, je vois mon veston dériver. J’essaie de le rattraper, histoire de voir s’il contiendrait une quelconque trace de mon existence d’avant mais, au fur et à mesure que je nage vers lui, j’ai l’impression qu’il s’éloigne, comme s’il refusait de se révéler… Je lutte encore un peu mais, n’étant visiblement pas un bon nageur, je m’épuise vite et je laisse l’eau envahir complètement la veste, bleu marine elle aussi, et je la vois qui coule en laissant échapper quelques bulles d’air, comme un petit geyser de quelques centimètres à la surface, puis plus rien… Je me calme en brassant doucement des jambes et des bras… Tant pis pour mon identité, de toute façon, je vais mourir… Que sais-je de moi ? Je sais que je n’aime pas l’eau (et c’est là pratiquement la seule chose dont je me souviens) et que je n’aime pas nager… Pourtant, je ne me fatigue pas, sauf si, comme tout à l’heure, je me mets à nager vigoureusement…
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