La Rieuse

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Örian mène une vie silencieuse et retirée dans un village de pêcheurs au Nord de la Suède. L’arrivée de Marie, une française excentrique, secoue sa vie et celle de la petite communauté par son rire et ses attitudes provocantes. La jeune femme croit trouver en lui le guide qui la fera aimer de tous, mais le fascination d’Örian pour Marie ne peut se suffire d’une simple amitié. Pensant se jouer de cette relation ambiguë, Marie réveille l’hostilité des villageois et connaît le sort réservé aux étrangères à Klarviken…
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 57
EAN13 : 9782748165784
Nombre de pages : 313
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La Rieuse
Monique Moullé-Zetterstrom
La Rieuse
ROMAN
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2006 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 08 90 71 10 18 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-6579-9 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-6578-0 (livre imprimé)
MO N I Q U EMO U L L É-ZE T T E R S T R O M
I. MER DE GLACEMa vie était comme la mer de Klarviken en hiver… Imagine la mer l’hiver… quand elle est blanche, lisse et couverte de milliards d’étoiles de glace. Le monde semble arrêté pour toujours beau et pur. Pas un bruit, pas un mouvement. Les rochers blancs, la mer blanche, le ciel blanc. Et le blanc c’est le calme, c’est la mort. Pourtant on sait que la vie est là. Sous la glace les poissons continuent de tourner, de virer, de chercher leur nourriture et de fuir les prédateurs. La houle se fait sentir même si prisonnière, ses mouvements sont contenus, mais les jours de vent, on sent une vibration sur la glace, et parfois une grande respiration soulève légèrement la masse blanche. En surface, pour ceux qui ne connaissent pas la mer de Klarviken, tout est mort. Ma vie à Klarviken, c’était ça. Le silence blanc, l’immobilité blanche, le froid blanc. Dans ma tête et mon cœur il n’y avait que du blanc. Depuis de nombreuses années, je ne voyais plus que l’hiver. Klarviken. La nature à peine marquée par la 1 présence des hommes. Quelquesbåthus, une chapelle 1. Båthus : hangar à bateau bâti sur pilotis, qui sert aussi de maison
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1 et quelquesstugaréparties le long d’une baie découpée. Une population qui s’étiole et qui ne peut plus vivre exclusivement de la pêche. L’hiver s’insinue chaque jour un peu plus. Je suis né à Klarviken et quand j’étais gosse, c’était l’été et le soleil qui rythmaient ma vie. J’ai eu une courte vie d’aventures. J’ai vu d’autres mers, de celles qui ne changent jamais quelle que soit la saison, et d’autres femmes, de celles qui changent à chaque minute selon le regard qui les touche. Loin là où l’hiver n’existe pas. J’ai choisi de revenir ici et, peu à peu, au fil des années, l’hiver s’est insinué partout, prenant tout doucement ma vie et mes passions sous une couche de glace qui cachait bien d’autres secrets que les miens. Le temps a passé. J’ai rencontré Maria, nous sommes 2 devenussambonous avons eu deux enfants. J’ai et travaillé longtemps à mon compte, une petite entreprise de charpentier qui me permettait de garder ma liberté. Cependant, depuis le début des années quatre-vingt-dix, je naviguais entre les périodes de chômage et d’emplois inutiles proposés par la caisse de chômage. Mais j’avais toujours la mer et la forêt. C’était la vraie vie qui comptait pour moi. Je complétais les fins de mois 34 difficiles par la pêche, saumons,sik , abhore… et l’hiver par la chasse à l’élan. La forêt me donnait aussi
d’été aux pêcheurs. 1. Stuga : petite maisonnette, souvent rouge, sans confort, dans laquelle beaucoup de suédois passent leurs vacances, à la mer où la campagne. 2. Sambo : concubins. Expression courante, non péjorative, car les couples non mariés sont très nombreux en Suède. 3. Sik :poisson à chair blanche de la taille des truites. 4. Abhore : perche de mer.
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