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La Rose jaune et la rose bleue

De
422 pages
Un braquage marseillais cache un heureux événement; une fillette britannique sera prisonnière d’un destin tragique sur une île du Venezuela; un couple d’amants norvégiens sur le point de se marier doit affronter la mort; l’épouse d’un riche homme d’affaires se déguise en mendiante; Montpellier essuie les bombardements de mai 1944; un président africain cloîtré dans son palais pendant un coup d’État attend son heure… Des tranches de vie d’ici et d’ailleurs, des destins d’hier et d’aujourd’hui: Jean-Raoul Fournier revisite le temps et l’espace au travers de nouvelles intimistes, au plus près de ses personnages. Flirtant avec les genres et les styles, oscillant entre le récit, le théâtre et la chronique, "La Rose jaune et la rose bleue" offre un panorama sans cesse renouvelé de la vie, entre fictions et souvenirs, fantaisie et gravité.
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La Rose jaune et la rose bleue
Du même auteur
nouvelles, éd. Publibook, 2010.
nouvelles, Le Nègre Éditeur, 2011.
Jean-Raoul Fournier La Rose jaune et la rose bleue et autres nouvelles
Publibook
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IDDN.FR.010.0117193.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2012
À Michel Moisan, lami parfait
Bibiche (La scène se passe à lintérieur du bureau cossu du pré-sident dune société financière de Marseille. Ce bureau donne sur le vieux port de la ville et lon peut voir, de la grande fenêtre, une myriade de petits bateaux de plaisance de diverses couleurs se balancer mollement dans le port.)  Lève les bras et les mains et ne dis rien !  Mais je proteste ! Cest un abus de pouvoir ! Je ne vous connais pas. Et pourquoi devrais-je me taire, je suis le président de ma société financière tout de même ! Que me voulez-vous, voyons ?  Moi ? Je veux ton fric et rien que ça, tas compris Bibiche ?  Je ne mappelle pas Bibiche et je nai pas dargent. Je veux dire sur moi ou dans mon bureau. Je ne vous don-nerai rien et sortez de mon bureau immédiatement. Je ne discute pas avec les bandits, même ceux de Marseille. Cest un ordre, sinon jappelle la police !  Oh ! Doucement Bibiche, doucement. Garde ton calme, ne sois pas nerveux comme ça, cest mauvais pour ton cur. Premio, les ordres, cest moi qui les donne parce que cest moi qui tiens la sulfateuse. Tu ne la vois peut-être pas, mais elle est là sous mon imperméable et je tire bien, tu sais ! Secundo, largent, cest pas mon affaire, cest la tienne. Jallais oublier le terzio : si demain, à la même heure, cest-à-dire cinq heures de laprès-midi, tu me remets pas le fric, tu es liquidé.  Liquidé ?
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 Oui, ne fais pas lidiot, président, liquidé tu sais très bien ce que ça veut dire ! Mort, mitraillé, passé à la mouli-nette, arrosé de pruneaux et pas ceux dAgen, tu comprends maintenant, tu piges ?  Non, je ne comprends pas et puis je vous interdis de me tutoyer. Je suis le président de cette société financière et vous nêtes quun jeune, non, pardon, un vieux voyou. Je ne discute pas avec les voyous. Et maintenant partez !  Bibiche, je sens que ça va mal tourner, ça va mal se finir cette petite entrevue que je nai pas voulue méchante ni orageuse, mais enfin puisque tu mobliges à employer les grands moyens, tant pis pour toi Bibiche, cest toi qui lauras voulu.  Quest-ce que vous allez faire ?  Ce que je vais faire ? Tu veux vraiment le savoir ? Je vais appeler Julot (cest mon associé) qui attend der-rière ta porte avec dans son sac de jolie toile rose un superbe bidon dessence. Je vais verser lessence dans ton bureau et jeter une allumette sur lessence. Tu verras Bibi-che, le beau feu dartifice que ça va faire ! Dans quelques minutes ton bureau et tout ton bel immeuble seront en fu-mée, partis, évanouis, envolés, voilà ce que je vais faire si tu ne fais pas ce que je dis. Tu as pigé maintenant, Bibi-che ? Tu aimes les feux de joie ? Mais celui-là, je te préviens, ce sera plutôt un feu de tristesse.  Combien vous voulez pour demain ? Cinq, dix mille francs ? Je vous préviens que je ne vous donnerai pas da-vantage.  Dis, Bibiche, pour qui tu me prends ? Pour le doyen de lArmée du Salut ? Pour la Mère supérieure de lAssociation des petites surs de Marie ? Pour le repré-sentant des compagnons dEmmaüs ? Je mappelle Chipou le frisé, (je me suis toujours demandé pourquoi on m a surnommé le frisé car je suis presque chauve, mais bon, cest comme ça) oui, je suis le gangster le plus réputé et le plus dangereux de Marseille. Té, parmi les collègues il y
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