La Séquence des noces

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Début du siècle dernier, de part et d’autre de la Méditerranée. Puis quelque temps avant la Seconde Guerre. Une jeune femme et un jeune homme se rencontrent. À travers eux, deux familles se découvrent, deux mondes se rapprochent, deux histoires fusionnent, faites d’épisodes multiples et variés. Le destin… Le destin va pouvoir commencer son jeu particulier. Daniel Clozel-Baysset fait revivre ces êtres avec attention et tendresse dans des pages qui sont autant de bonheurs de lecture. Mais si ses mots racontent aussi justement, c'est parce que cette jeune femme est sa mère, que ce jeune homme est son père et que cette famille, c'est la sienne. L'écriture, claire et précise, se fait souvenir doux et amer. L'enfant raconte et ses mots deviennent ceux du romancier qui transcrit l’histoire et la transmet.
Publié le : jeudi 1 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748362596
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EAN13 : 9782748362596
Nombre de pages : 186
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Du même auteur 
Le carnet dans les blés, roman, 2008 La maison de laube, roman, 2009 Les deux enfants de la rivière, roman, 2010 Trois petites pièces pour une fête à Ferney, théâtre, 2008
Daniel Clozel-Baysset
LA SÉQUENCE DES NOCES
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0116019.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
Pour ma mère et mon père
« Le souvenir commence avec la cicatrice. » Alain, Propos sur léducation (1932)
1 Tu insistes. Tu nes pas de celles qui se satisfont des répon-ses vagues qui sont demi-réponses ou évitements prudents. Tu reformules ta question. Tu attends et brusquement ton regard sur moi est terrible, appuyé, presque gênant. Je veux pour te répondre la voix la plus ferme et la plus douce. « Cest vraiment ce que je veux faire. » Voilà. La réplique est simple. Tout est simple en réalité. Tu peux tétonner. Tu peux être agacée. Les-tu ? Pourquoi ? Tu ne dois pas lêtre. Me crois-tu fou ? Tu me crois fou. Détrompe-toi. Même si souvent je donne limpression de lêtre un peu, parfois beau-coup, je ne le suis pas. Enfin, pas vraiment, ni totalement ni comme lentendent les gens de lart en médecine. Je le suis, mais à petites touches, à ma convenance, lorsque la fugace folie sem-ble être la solution unique, la manuvre opportune pour une échappée belle et splendide du peloton. Fou ? Jaimerais. Je voudrais lêtre. Je sais cette instabilité mentale pratique, aisée au point que je me laisse aller parfois. Et je chavire. Et je glisse en moi. Limpression est douce. Mais toujours, je réagis à linstant dêtre dans la folie vraie, totale, confortable, qui exalte et enivre, per-met daccéder à toutes les réalités, à toutes leurs possibles dérives, mais qui fait peur aussi.
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Donc, le choix des moyens est multiple pour accéder à cette folie. But ultime. Fin. Fin belle et somptueuse comme le bou-quet au terme dun feu dartifice. La folie enfin. « As-tu bien réfléchi ?  Oui. » Oui, je te le concède, la tentation est forte. Il suffit de ne plus combattre. Il suffit de se faire sans résistance. Il suffit de se laisser couler. Et je veux croire quune fois dans la folie, on peut choisir le quotidien pour quil soit différent, moins rigide, moins douloureux, plus malléable, plus souple, plus en accord à nos attentes, à nos humeurs et rêveries. Mais, vois-tu, je ne puis mempêcher davoir peur delle et cette folie de grand choix mest encore impossible, même si elle ma attiré parfois, ma tenté souvent et quelle me tente encore. Tu insistes : « Vraiment, cest ce que tu veux faire ? » Donc, je le pressens, tu vas être embarrassée. Tu les. Et, soudain éperdue, tu regardes autour de toi, à la recherche de tout, de rien, dune aide peut-être ? Puis, revenue à moi, tu mobserves longtemps, en coin, mais ne tenhardis pas à me demander de plus amples informations. Toi, à côté delle que ma réponse déconcerte, toi le petit frère, le bienveillant de naissance, toi, tu me dévisages, ébahi, comme si je viens de dire une incongruité. Malgré tout, au bout de la réflexion, tu souris des yeux pour montrer que tu com-prends et que tu pardonnes. Toujours, tu as eu pour moi de grandes complaisances. Me crois-tu vieux ? La vieillesse pourrait bien expliquer en partie ce besoin de promenade dans le souvenir. Vieux, au point de ne plus avoir dexistence propre, sinon celle que procure le pratique et creux retour sur soi ? Réconfort puéril, nest-ce pas ?
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