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Daniel Clozel-Baysset
LA SÉQUENCE DES NOCES
 
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur :
http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0116019.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
Pour ma mère et mon père
« Le souvenir commence avec la cicatrice. » Alain, Propos sur léducation (1932)
1 Tu insistes. Tu nes pas de celles qui se satisfont des répon-ses vagues qui sont demi-réponses ou évitements prudents. Tu reformules ta question. Tu attends et brusquement ton regard sur moi est terrible, appuyé, presque gênant. Je veux pour te répondre la voix la plus ferme et la plus douce. « Cest vraiment ce que je veux faire. » Voilà. La réplique est simple. Tout est simple en réalité. Tu peux tétonner. Tu peux être agacée. Les-tu ? Pourquoi ? Tu ne dois pas lêtre. Me crois-tu fou ? Tu me crois fou. Détrompe-toi. Même si souvent je donne limpression de lêtre un peu, parfois beau-coup, je ne le suis pas. Enfin, pas vraiment, ni totalement ni comme lentendent les gens de lart en médecine. Je le suis, mais à petites touches, à ma convenance, lorsque la fugace folie sem-ble être la solution unique, la manuvre opportune pour une échappée belle et splendide du peloton. Fou ? Jaimerais. Je voudrais lêtre. Je sais cette instabilité mentale pratique, aisée au point que je me laisse aller parfois. Et je chavire. Et je glisse en moi. Limpression est douce. Mais toujours, je réagis à linstant dêtre dans la folie vraie, totale, confortable, qui exalte et enivre, per-met daccéder à toutes les réalités, à toutes leurs possibles dérives, mais qui fait peur aussi.
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LA SÉQUENCE DES NOCES
Donc, le choix des moyens est multiple pour accéder à cette folie. But ultime. Fin. Fin belle et somptueuse comme le bou-quet au terme dun feu dartifice. La folie enfin. « As-tu bien réfléchi ?  Oui. » Oui, je te le concède, la tentation est forte. Il suffit de ne plus combattre. Il suffit de se faire sans résistance. Il suffit de se laisser couler. Et je veux croire quune fois dans la folie, on peut choisir le quotidien pour quil soit différent, moins rigide, moins douloureux, plus malléable, plus souple, plus en accord à nos attentes, à nos humeurs et rêveries. Mais, vois-tu, je ne puis mempêcher davoir peur delle et cette folie de grand choix mest encore impossible, même si elle ma attiré parfois, ma tenté souvent et quelle me tente encore. Tu insistes : « Vraiment, cest ce que tu veux faire ? » Donc, je le pressens, tu vas être embarrassée. Tu les. Et, soudain éperdue, tu regardes autour de toi, à la recherche de tout, de rien, dune aide peut-être ? Puis, revenue à moi, tu mobserves longtemps, en coin, mais ne tenhardis pas à me demander de plus amples informations. Toi, à côté delle que ma réponse déconcerte, toi le petit frère, le bienveillant de naissance, toi, tu me dévisages, ébahi, comme si je viens de dire une incongruité. Malgré tout, au bout de la réflexion, tu souris des yeux pour montrer que tu com-prends et que tu pardonnes. Toujours, tu as eu pour moi de grandes complaisances. Me crois-tu vieux ? La vieillesse pourrait bien expliquer en partie ce besoin de promenade dans le souvenir. Vieux, au point de ne plus avoir dexistence propre, sinon celle que procure le pratique et creux retour sur soi ? Réconfort puéril, nest-ce pas ?
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